Selon Anicet Niyonkuru, étymologiquement, « kuvobavoba » veut dire « s’amortir quand on subit une pression; comme le fait un ressort ». Le président du CDP explique encore le choix de ce mot : « Si on essaie de mettre le terme dans notre contexte, « kuvobavoba » signifie ne pas céder définitivement à la pression ou à l’oppression tout court ». Il faut, d’après lui, quand vous êtes sous pression « se détendre tel un ressort ».Bref, ne pas se résigner.
Niyonkuru fustige la résignation qu’il observe chez ses compatriotes.« Le peuple burundais cède de plus en plus à la résignation. Rien qu’à travers la réponse « turashima »( nous rendons grâce) qui est sur toutes les bouches. Même quelqu’un qui n’ a pas mangé depuis trous jours, quand on lui demande comment il va, il répond , « turashima », s’insurge le leader du CDP. Lui et ses militants disent « refuser cette philosophie de la résignation ».Pour M. Niyonkuru « vobavoba » traduit donc la résilience, la volonté de dépasser le « fatalisme ambiant ».
Même si le terme fait « jaser », notamment sur les réseaux sociaux, lui dit qu’il est « très satisfait du slogan ». Il n’a pas tout à fait tort. Tous les communicants et autres publicitaires vous diront que si un slogan fait parler de lui, c’est déjà un bon point. « Les hommes savent pourquoi »*. En Belgique,la population connait bien ce slogan…
*C’est le slogan simple et efficace d’une marque de bière belge