Vendredi 27 mai 2022

Économie

Retro Economie /La relance économique, le credo du président Ndayishimiye

04/01/2022 Commentaires fermés sur Retro Economie /La relance économique, le credo du président Ndayishimiye
Retro Economie /La relance économique, le credo du président Ndayishimiye
Plusieurs mesures économiques ont été prises par le ministre de l’Intérieur.

L’année 2021 a été marquée par une tempête de décisions à caractère économique par le ministère de l’Intérieur. Elle a aussi fait objet des destitutions en masse des membres du gouvernement et dirigeants des entreprises étatiques. A côté de la flambée des prix sur les marchés, il y a eu une récurrente pénurie de certains produits.

Les prix sur les marchés de consommation ont augmenté au cours de l’année 2021. Ceux de plusieurs produits importés ont passé du simple au double. Les prix des produits comme l’huile végétale, les matériaux de construction, les pièces de rechange pour automobile ont sensiblement augmenté par rapport aux autres.

Le prix du fer à béton 10 de Turquie est passé de 23.000 BIF au mois de janvier à 48.500 BIF en ce mois de décembre. Celui des vitres de 55 mm est passé de 90.000 BIF à 185.000 BIF sur la même période. Le prix de 20l d’huile végétale de marque « Golden » est passé de 96.000 BIF au mois de janvier à 155.000 BIF aujourd’hui.

A part cette montée remarquable des prix qui a perduré toute l’année, il y a eu un manque criant de certains produits. Au cours des mois d’avril et mai 2021, il s’est observé une pénurie du sucre, laquelle se répète presque toutes les années.
Le ministère du Commerce tout comme la société sucrière du Moso n’a cessé de déclarer que la production du sucre est suffisante. Selon ces autorités, la pénurie du sucre serait due à des spéculations des vendeurs. Pour le porte-parole du ministère en charge de la Sécurité, le manque récurrent du sucre est causé par les distilleries clandestines qui en utilisent pour la fabrication des boissons prohibées. Des justifications jugées de non- fondé par Gabriel Rufyiri, président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome).

Le sucre n’est pas le seul produit à s’être raréfié sur le marché au cours de 2021. Il y a également le ciment mais également le carburant. Selon Gabriel Rufyiri, président de l’Olucome, le monopole des sociétés produisant ses produits est le point commun qui, en grande partie, est à la base de leur manque.

Ainsi, l’entreprise BUCECO n’est plus à mesure de satisfaire les besoins en ciment de la population burundaise selon Venant Ngendabanka, directeur général du commerce au sein du ministère. Mais, d’après lui, la BUCECO aurait promis de doubler la production d’ici Octobre 2022.

Quant au carburant, le ministère n’a jamais reconnu qu’il y a eu pénurie du carburant alors que Gabriel Rufyiri propose la démolition du monopole de l’entreprise Interpetrol dans l’importation du carburant.

Une tempête de mesures économiques….

Plusieurs décisions ont secoué la machine économique burundaise au cours de 2021. Il s’agit des mesures prises par un des ministères les plus actifs du gouvernement, à savoir le ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique dirigé par Gervais Ndirakobuca.

Lors d’une réunion tenue le 9 Avril avec les gouverneurs de provinces, les administrateurs communaux, les présidents des conseils communaux, les commissaires régionaux et provinciaux de police ainsi que des hauts cadres, pour évaluer les activités des mois de janvier, février et mars 2021, le ministre de l’intérieur, de la sécurité et du développement communautaire a décidé de suspendre les activités des 119 comptables communaux de tous les pays.
Alors que les percepteurs d’impôts avaient été précédemment destitués eux aussi, les deux groupes sont accusés d’avoir été des entraves à la collecte des recettes communales.

Les résultats de ce qui a été appelé « mois témoin » par le même ministère au cours du troisième mois de cette année faisaient froid au dos. Au cours de mars 2021, le gouvernement du Burundi a perçu 3,2 milliards de francs burundais, les recettes pour le même mois en 2020 étaient de 1,4 milliards de francs burundais, soit une différence de 1,8 milliards.
La mesure a été décriée par les anciens percepteurs d’impôts, ces derniers trouvaient que leur travail ne pouvait pas être jugé sur base d’un seul mois surtout que les activités de 2020 diffèrent de celles de 2021, ce qui, selon eux, pourraient justifier l’écart.

Les comptables communaux et les percepteurs d’impôts n’ont pas été les seuls à s’être vus suspendus de leur fonction. Pour ne pas prêter confusion entre les activités du mois témoin, le ministre Gervais Ndirakobuca a également suspendu la collecte des cotisations des associations de transporteurs en date du 4 mars. Il avait tenu à souligner que seuls les agents de la mairie sont habilités pour ce travail.

Le ministère en charge du développement communautaire a également arrêté les activités des commissionnaires sur tout le territoire national du Burundi. Il s’agit des intermédiaires entre vendeurs et acheteurs sur le marché, taxés de faire gonfler les prix des marchandises sur les marchés.

Le ministère de l’Intérieur a également pris des mesures et décisions sur le plan économique. Il a arrêté l’exportation de l’huile de palme au moment où le prix de ce produit ne cessait d’augmenter sur le marché. L’exportation serait à la base d’une pénurie de l’huile de palme et ses dérivés qui ne cessaient de se manifester sur le marché.

Après l’huile de palme, c’était le tour des grains et farine de maïs dont l’importation a été arrêtée. Dans un communiqué du ministère du Commerce, il était indiqué que ces produits contenaient une teneur élevée de mycotoxines alors que les commerçants eux, affirment le contraire. Le bureau burundais de normalisation qui fait des contrôles à chaque fois n’a rien trouvé d’anormal dans la farine et les grains de maïs importé.

Au cours de cette année, il a été également mis en application la loi de stabulation permanente du bétail sur tout le territoire burundais. Une loi qui a eu un impact sur le marché de la viande, du lait et sur les éleveurs qui se sont vus dans l’obligation de vendre leur cheptel au moment où le prix du lait a augmenté et celui des vaches diminué.

Une lutte contre la corruption et les malversations économiques ?

Ce qui reste du barrage de Mpanda dont le coût a été de 54 milliards.

Il avait promis depuis son début de mandat de s’attaquer à la corruption, et à la malversation économique. La traque des corrompus est dès lors dans la bouche du président Evariste Ndayishimiye et autres membres du gouvernement. Entre des mises en garde et des délais fixés pour « établir les responsabilités », il y a eu des destitutions et des remplacements de plusieurs officiels.

« Le temps de badiner est révolu, cette situation doit changer, nous sommes engagés à punir les voleurs et les corrompus », ne cesse de déclarer le président Ndayishimiye.
Après indignation des députés élus dans la circonscription de la province Cibitoke sur l’état piteux de la RN5 après sa réhabilitation, le président Evariste Ndayishimiye avait déclaré le 25 juin avoir saisi le gouverneur de cette province pour intimer la société qui a construit la RN5, qui n’a duré que 5 ans, de rectifier leurs erreurs. Il avait promis que les coupables de ces fiascos seront traduits en justice par la suite.
Le président ne s’en est pas seulement pris à la société constructrice de la RN5, il a également effectué d’autres descentes sur les barrages Mpanda et Kajeke.

Les travaux de construction du barrage hydro-électrique de Mpanda avaient débuté en 2011. Le chantier se trouve dans la zone Muyebe de la colline Musigati. Lors de sa visite au mois d’octobre, le président avait déploré une perte de 54 milliards de francs burundais décaissés pour ces travaux qui n’ont pas abouti et n’ont pas été effectués dans les délais. Ce qui devrait être le barrage étaient des maisons dont les murs étaient déjà en piteux état.
Il en est de même pour le barrage d’irrigation de Kajeke dont les travaux n’ont pas été également effectués comme il le fallait. Le barrage était censé, après sa construction, irriguer jusqu’ à 2813 hectares de champs dans les plaines de la province de Bubanza. Il avait été étudié en conseil des ministres en juillet 2019 et les travaux devraient coûter 13 milliards.

Evariste Ndayishimiye avait promis justice pour l’argent du contribuable perdu dans ces barrages. Des commissions d’enquête pour tous les deux projets ont été mises en place. Elles allaient établir les responsabilités pour que les coupables soient traduits en justice. Pour le barrage de Mpanda, il avait même fixé un délai de 2 semaines pour que la commission ait produit ses conclusions.

Des destitutions en masse au cours de 2021

Le président de la République en train de destituer Albert Maniratunga, le directeur général de l’OTRACO.

Pour plusieurs raisons, mauvaise gestion ou encore menace aux intérêts de l’Etat, le président Evariste Ndayishimiye a destitué ou remplacés plusieurs officiels.
Le premier mai 2021, alors qu’elle était en pleine célébration de la fête du travail et des travailleurs avec d’autres membres du gouvernement et en présence du président de la République, le décret portant sa destitution est tombé. Il s’agit de la ministre du Commerce, Immaculée Ndabaneze.
« Les actes de l’intéressé peuvent compromettre l’économie du pays et ternir l’image du Burundi », peut-on lire dans le décret portant destitution de la ministre Ndabaneze.

Dans ses fonctions depuis le 25 mai en remplacement à la ministre déchue, Capitoline Niyonizigiye, n’a duré que 5 mois et quelques jours à la tête du ministère du Commerce. Elle a été destituée lors du Forum national pour le développement, accusée de compromettre les aspirations et orientations du gouvernement et ternir l’image du pays.

Les deux ministres du commerce n’ont pas été les seuls à avoir été déchus de leurs fonctions. Christian Kwizera, directeur de la programmation et du budget au ministère des Finances, Emile Ndayisaba, directeur général de l’Agence routière du Burundi, le directeur du bureau provincial de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage en province Gitega. Ils sont tous accusés de compromettre l’économie du pays et ternir l’image du Burundi.
Dans cette série de limogeages, le directeur de l’Office du transport en commun (OTRACO), Albert Maniratunga, a été destitué et limogé en public devant les caméras.

Alors que le projet de redynamisation des services de contrôle techniques et d’octroi de permis de conduire devrait durer 6 mois dans les provinces de Gitega, Ngozi et Bururi, le délai n’a pas été respecté. Le président Evariste Ndayishimiye avait intimé l’ordre à la police de veiller à ce que le directeur de l’OTRACO ne remette pas les pieds dans les bureaux de l’Otraco. Il avait été traité d’escroc.

Certains de ces déchus ont été emprisonnés, puis relâchés, d’autres restent sous les verrous au moment où d’autres ont été promus dans leur fonction, d’autres sont encore libres.

Des initiatives de développement…

Pour la première fois au Burundi, un forum national pour le développement a été organisé au Burundi. Autour du président de la République, Evariste Ndayishimiye, des intellectuels burundais, des membres du gouvernement, des experts nationaux et internationaux ont donné leurs propositions, pour faire du Burundi « un pays émergent d’ici 2040 ».

Des échanges portant sur l’agriculture, l’élevage, l’exportation des produits agricoles, la bonne gouvernance du secteur public, partenariat public-privé, développement des infrastructures, l’éducation ont abouti à des recommandations, qui selon le président Ndayishimiye devraient permettre la stabilisation des secteurs de la vie économique du pays.
Plusieurs des intervenants et panélistes sont revenus sur le rôle de l’agriculture pour le développement du pays, des stratégies et des politiques pour une agriculture développée et efficace.

Dans le cadre dudit Forum, une mini-table ronde a été organisé au palais présidentiel avec les partenaires techniques, les corps diplomatiques et consulaires, les représentations des Nations unies au Burundi en présence du président Evariste Ndayishimiye et le Premier ministre Alain Guillaume Bunyoni.


Les réponses du président Evariste Ndayishimiye


Dans une émission publique animée ce mercredi 29 décembre, le président de la République a répondu aux questions des journalistes et de la population présente. Les questions relatives à l’économie nationale ont été également répondues.


Pour le président Evariste Ndayishimiye, « emprisonner quelqu’un alors qu’il n’est pas un meurtrier n’est pas une bonne solution pour moi».

Les prix ne cessent d’augmenter sur le marché, faute des devises, qu’est-ce que vous en pensez ?

Est-ce que vous connaissez un marché de devises où la BRB pourrait s’approvisionner ? Il n’existe pas. Le seul moyen pour avoir des devises est d’augmenter la production et exporter. Augmentez la production et les prix pourront diminuer. C’est honteux que la production puisse pourrir alors qu’on pourrait exporter vers la RDC ou d’autres pays.

Quid de la pénurie de certains produits sur le marché ?

Vous avez parlé de la pénurie du ciment de BUCECO, ou encore du carburant. Je pense que c’est aussi un signe de développement et de richesse. Tout le monde est en train de construire des maisons à l’intérieur du pays. Personne ne pourrait construire en pauvreté. A l’intérieur du pays, ils se déplaçaient à vélo auparavant, ils ont acheté des motos, il y a de groupes électrogènes pour l’éclairage et des machines à cultiver.

Des cadres du gouvernement ont été destitués, certains ont été punis, d’autres sont encore libres, ne serait-ce pas un deux poids deux mesures dans vos décisions ?

Il y a des gens qui souhaitent voir d’autres en prison, mais l’emprisonnement n’est pas toujours la bonne décision à prendre. Il y a des fainéants, des incompétents et des voleurs. Les fainéants sont renvoyés, les incompétents remplacés et les voleurs punis. D’abord, ils doivent surtout rembourser l’argent volé à l’Etat. Mais emprisonner quelqu’un alors qu’il n’est pas un meurtrier n’est pas une solution pour moi.

Vous avez accordé des délais pour que les enquêtes soient finies concernant les dossiers du barrage Kajeke et Mpanda, quel est l’état d’avancement aujourd’hui ?

Les commissions ont fait leurs enquêtes et elles m’ont déjà transmis le rapport. Bientôt, les responsables seront traduits en justice et l’argent du pays volé sera remis dans les caisses d l’Etat.


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