Lundi 27 juin 2022

Société

Pluies torrentielles : Toute une famille décimée à Kanyosha

18/01/2019 Commentaires fermés sur Pluies torrentielles : Toute une famille décimée à Kanyosha
Pluies torrentielles : Toute une famille décimée à Kanyosha

Vendredi 18 janvier. La désolation est totale à Kukamabuye sur la colline Sororezo en commune Kanyosha de la province Bujumbura. Janvier Ndikumana, sa femme Lydia Niyonkuru et tous leurs 4 enfants n’ont pas survécu aux pluies diluviennes de la nuit de ce jeudi.

Dans la matinée de ce vendredi, au lieu du drame, tous ceux qui sont sur place sont plongés dans l’émoi. Mélancolie, tristesse, désespoir, abattement, etc. Des hommes et des femmes essaient de déterrer les 6 corps sans vie. Un mur de leur maison s’est écroulé sur eux.

Ils seront évacués au centre de santé Vyizigiro de Sororezo. Celui-ci se trouve dans les environs, à 100 mètres du lieu du drame. Des cris fusent de cet endroit. Des femmes, sous le choc, ont du mal à se retenir. Elles pleurent, certaines s’évanouissent. Trois d’entre elles, dont la mère de Janvier, le défunt, perdent connaissance. Elles sont dépêchées dans une salle d’hospitalisation de ce dispensaire pour réanimation.

Au centre de santé, un homme, la quarantaine, sanglote. Il essaie de retenir ses larmes, en vain. C’est un voisin de la famille décimée. Il s’assied par terre, non loin des 6 corps sans vie, alignés et couverts de pagnes.

«Le ciel vient de me tomber dessus»

Devant le centre de santé, sous un parapluie, Claude Niyonkuru, le frère de Lydia Niyonkuru, la défunte, essaie de consoler Fabrine, sa sœur. Celle-ci pleure toutes les larmes de son corps. «Le ciel vient de me tomber dessus», s’écrie Fabrine entourée par son frère et ses amis.

«Je ne trouve pas de mots pour exprimer mon ressentiment», se désole Niyonkuru, qui finit par dire : «Je suis abattu. Je ne peux pas pleurer comme mes sœurs, je suis un homme, je dois essayer plutôt de les tranquilliser. Après tout, on y peut rien».

Dans un groupe de femmes, Eric Vyamungu, petit frère du défunt, s’est perdu dans ses idées. Il ne sort de son silence que quand il est sollicité pour accorder une interview aux journalistes.

«Je réfléchis encore à cette tragédie. J’essaie de me tranquilliser. Quand nous avons appris cette mauvaise nouvelle, ce matin, nous avons été à court de mots». Eric Vyamungu parle d’une voix presque inaudible. A un moment, il marque une pause. Le temps de laisser couler quelques sanglots.

M. Vyamungu appelle les autorités à s’investir dans la protection de l’environnement : «Il faut que les ménages installés sur ce terrain du drame soit délocalisés. Il est risqué».

Ladislas Baziruwiha, conseiller administratif et social de la Commune Kanyosha, exhorte les habitants de Kanyosha à ne pas construire dans cette localité : «Elle est située sur une pente raide».

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Un projet de loi. Des questions sans réponses

Des arguments ont été avancés pour motiver un tel projet de loi portant sur la nouvelle délimitation. Entre autres la mise en œuvre de la politique nationale de décentralisation, l’harmonisation avec les organisations administratives des pays de la sous-région, une (…)

Online Users

Total 1 334 users online