Société

Pierre-Claver Ndayicariye : «La CVR n’est pas contre le développement »

23/12/2019 Rénovat Ndabashinze Commentaires fermés sur Pierre-Claver Ndayicariye : «La CVR n’est pas contre le développement »
Pierre-Claver Ndayicariye : «La CVR n’est pas contre le développement »
Pierre-Claver Ndayicariye, président de la CVR

Du 16 au 20 décembre, la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) effectue des travaux de recherche des restes humains au site situé tout près du marché de Kamenge. Pierre-Claver Ndayicariye, président de cette commission fait le point.

Pourquoi la CVR s’est-elle déployée  à Kamenge ?

Nous avons travaillé avec la population. Nous avons consulté l’administration de Ntahangwa et les autorités de la mairie. Ils nous ont renseignés sur l’existence  probable des fosses communes à ce site.

Quelques citoyens Burundais même des étrangers, victimes de la crise de 1993 et les années qui ont suivi  y auraient été jetés.   Nous avons aussi appris que des familles y  auraient enterrés les leurs dans la précipitation.

Etait-ce un cimetière reconnu ?

Non. L’insécurité régnant en 1993, 1994,1995,… ne permettait pas qu’aux gens ayant perdu les leurs d’aller enterrer dignement leurs morts dans les cimetières légalement reconnus par l’administration.

En ce qui nous concerne, dans la procédure prévue par la loi, les ossements humains découverts sont  provisoirement conservés.

Nous faisons un rapport d’enquête et de recherche de la vérité pour informer les pouvoirs publics. Le but étant de lancer un dialogue et de préparer un enterrement en dignité plus tard.

Comment allez-vous distinguer les morts naturelles et les victimes de la crise ?

Selon les informations recueillies, sur ce site, les fosses communes se trouvent le long de la rivière Nyabagere. Il s’agit des personnes tuées dans les quartiers, descendues des bus ou véhicules, etc.

Il faut savoir qu’il y a des gens qui sont morts à cet endroit mais qui n’habitaient pas à Kamenge. Parce qu’ils étaient de passage. Il y a aussi des résidents de Kamenge qui ont été fauchés.

Est-ce une tâche facile pour distinguer ces gens ?

Dans un petit pays comme le Burundi, dans une petite ville comme Bujumbura où des gens parlent presque la même langue, la vérité est connue à 90%. Le miracle divin fait qu’on fauche 100 personnes, mais il y a toujours un rescapé qui témoigne plus tard.

Avez-vous une idée sur le nombre des personnes ’’enterrées’’ ici ? 

Le nombre de victimes, nous le découvrons au fur et à mesure que l’on découvre le nombre de crânes.Mais, le chiffre importe peu. Ce qui compte pour la population, c’est leur donner l’occasion de  pleurer  les leurs et de les enterrer dignement.

Ces travaux de recherche de restes humains à cet endroit seraient motivés par un projet d’y ériger un building. Qu’en dites-vous ?

Actuellement,  nous intervenons sur appel de l’administration ou de la population. Nous disons tout simplement à ceux qui lancent des travaux de développement que la CVR n’est pas contre les projets de développement.

Mais lorsque vous tombez sur des ossements humains, une fosse commune, il faut appeler la CVR. Nous dégageons ces restes et le chantier se poursuit. Heureusement, ce message est bien capté par les opérateurs économiques.

Des exemples ?

Les fosses communes de Mabanda, de Kivyuka, de Bugarama, … ont été découvertes parce qu’il y avait des travaux de développement communautaire.

Nous avons travaillé récemment dans la vallée de Ndurumu dans la province de Ngozi. Il y avait un projet de construction d’irrigation agricole.

Nous avons demandé à l’entreprise de suspendre les travaux pendant deux semaines. Nous nous sommes déployés et nous avons dégagé les ossements et les travaux ont continué.

Bref, nous encourageons les opérateurs économiques à travailler mais avec un respect aux morts, à nos frères et sœurs happés par différentes crise.

Ici nous tenons à être clairs et bien compris : nous interviendrons partout où nous serons appelés pour que les travaux de développement se poursuivent.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

Lire le communiqué

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