Samedi 20 juillet 2024

Politique

« Pas question d’inviter au dialogue les ennemis de la démocratie ! »

18/02/2017 8
ecrits
Quelques manifestants venus battre le pavé.

Des organisations de la société civile qui se disent « éprises de paix et du développement » ont organisé, ce samedi 18 février, une « marche-manifestation pour la paix ». Objectif : recommander au gouvernement de s’opposer à l’invitation au dialogue à Arusha de « ceux qui ont organisé l’insurrection de 2015 » et « planifié le coup d’Etat en date du 13 mai 2015 ».

Des manifestants en grand nombre, taxi-vélos, taxi-motos et chauffeurs de tuk-tuk pour la plupart, sont partis de la Nonciature vers 9h jusqu’à la Place de l’Indépendance aux environs de 10h30, après la lecture – en kirundi exclusivement – de la déclaration de ces OSC par Gilbert Bécaud Njangwa.

Elles exhortent le gouvernement à « rejeter les résultats des pourparlers auxquels ces ennemis de la démocratie ont été invités. »

En outre, ces organisations ont demandé au gouvernement de « ne pas accepter l’immunité pour ces ennemis de la démocratie. » Derrière la demande d’immunité, expliquent-elles, se cache le plan de l’envoi des policiers mercenaires étrangers de l’Onu.

Pour Joseph Manirafasha, président du Mouvement d’Action pour le Développement (NAD), une telle manifestation vise à « décourager les politiciens qui cherchent à détourner l’attention de la population qui devrait plutôt se préoccuper des efforts pour le développement. »

Ces organisations de la société civile ont, par ailleurs, demandé au gouvernement de ne pas accepter « la greffe à son excellence W.B. Mkapa des médiateurs mercenaires Jamal Benomar et Ibrahima Fall. »

Signalons que 12 OSC ont pris part à cette marche-manifestation. Ses initiateurs : Gilbert Bécaud Njangwa, président d’ONELOP-Burundi, et François-Xavier Ndaruzaniye, président de la Ligue Izere Ntiwihebure.

Forum des lecteurs d'Iwacu

8 réactions
  1. Toussaint Nkurunziza

    Avertissement a la redaction, bloquer les revelations de Dieu entrainera sa malediction totale sur vous

  2. SENYAMWIZA JEAN CLAUDE

    Manœuvres dilatoires de plus pour véhiculer des mensonges et se maintenir encore au pouvoir sans rien y faire par ailleurs. Ce pays, dirigé par une faction violente, incompétente et corrompue est vraiment tombé de très haut.

  3. Jereve

    Il faut tirer cette conclusion que la politique de la rue n’a apporté aucune solution à la crise actuelle. D’abord les contestataires de 3ème mandat, on a réussi à les vider de la rue, la situation ne s’est pas améliorée pour autant. Ensuite, on a inondé et inonde encore la rue de manifestants pro-gouvernement. Il faut se rendre à l’évidence que cela n’a aucun effet, l’image du pays reste trouble dans la majorité de l’opinion. Quand allons-nous donc arrêter de perdre du temps ?

  4. kabingo dora

    Le gouvernement en place à Bujumbura a eu maintenant l’habitude d’organiser , presque chaque weekend , en réunissant les vélo taxi , mot taxi etc , le temps d’un discours incendiaire de je ne sais quel cacique du pouvoir. Mais je pense que le gouvernement s’y prend de manière incroyablement maladroite , ce n’est pas la population de Bujumbura qu’il faut impressionner mais la communauté internationale . Je lui suggère une meilleure stratégie :
    – ouvrir les radios fermées , elles seront ainsi les canaux de transmission de la volonté du pouvoir
    – ouvrir des tv privées qui ont auront une meilleure crédibilité à l’étranger et vont raconter les « bonnes nouvelles « du gouvernement.
    – Mr Nkurunziza devrait sortir plus souvent , se rendre en Europe et aux USA pour expliquer sa politique et à l’occasion rencontrer la diaspora tutsi qui selon lui , lui en veut .
    – rencontrer les réfugiés des pays voisins et en particulier du Rwanda et de l’Ouganda
    Si non ca ne vaut pas la peine d’envoyer dans la rue les petits vélos taxi dans les rues de Bujumbura .

    • majambere

      Cher Dora kabingo
      Je ne sais pas si vous connaissez vraiment la situation politique au Burundi car si vous saviez ce qui se joue dans l’une des rmeilleures républiques bananières du monde , vous ne direz pas à ce gouvernement d’ouvrir les média llibres et indépendants . Voici ce que Mr Nkurunziza veut : il pense toujours par erreur que son ennemi est le tutsi . Et pourtant les faits montrent le contaire , ses principaux rivaus sont hutu : Mr Minani , mr Nyangoma , Mr Ngendakumana, Domitien Ndayizeye etc . Le seul tutsi du groupe d’opposant politique Mr Busokoza ne veut pas de pouvoir il agit au nom des siens. Mais en fait les meilleurs rivaux de Nkurunziza se retrouvent dans son propre parti , ils manipulent tout depuis l’intérieur du parti . Et s’il n y prend pas garde ils auront sa peau , littéralement et littérairement. Les adversaires de Nkurunziza au sein de son propre parti sont entrian de le pousser dans les cordes , ils sont prêts de la victoire , vous le verrez bientot. Mais ce sera une victoire à la pyrhus , une victoire obtenue avec beaucoup de souffrance . Vous verrez tout cela . Hélas . Car ca coutera très cher en vies humaines.

    • roger crettol

      Intéressantes propositions, Mme Dora. Je suis sûr que le gouvernement va les étudier, et qu’on consulte en haut lieu les catalogues de véhicules civils blindés susceptibles d’abriter les déplacements de Son Excellence le Président de Sa République.

      A votre catalogue de mesures d’apaisement manque la réinstallation des diverses ONG récemment radiées …

  5. roger crettol

    Encore une fois, le pouvoir a convoqué la rue pour qu’elle lui donne raison, ou pour faire se dresser un semblant d’adhésion populaire aux positions de ce Bujumbura officiel.

    Si le pouvoir était sûr de son bon droit et de sa position, aurait-il vraiment besoin d’organiser ces simagrées ? Le fait est que le gouvernement se refuse à recontrer une opposition qui représente une fraction non négligeable de la population.

    Ce pouvoir s’imagine drapé dans sa dignité – moi, je vois surtout la peur de faire face aux reproches et aux exigences de cette opposition. Pas la dignité, mais l’indigence.

    Quant aux reproches de violence faits à l’opposition – Zazie est de l’avis que pour les victimes concernées, toutes les violences se valent, hélas, et que les violences du clan gouvernemental ne sont pas plus saines que celles des « criminels » qui ne sont pas aux ordres du pouvoir.

    Sans parler des causes de la crise qui a engendré toutes ces violences… Heureusement, là, les responsabilités sont rejetées hors du Burundi, ce qui devrait finalement rendre moins difficile une réconciliation des frères ennemis. Saluons donc cette contribution – involontaire – de l’Occident diabolisé.

    JerryCan, faute de pouvoir honnêtement sourire.

  6. Que les Tatien, Ngayimpenda, Bamvuginyumvira et consorts ouvrent les yeux et voient qu’ils se les crèvent (paradoxe, mais pas de choix). Il n’y aura jamais de négociation ou dialogue, appelez-le comme vous voulez. Peut-être que vous aurez un autre quartier appelé Arusha mais vous n’aurez pas aidé le peuple Burundais qui n’attend rien par ailleurs. En peu de mots, si vous aviez de l’espoir de négocier, écoutez bien Njangwa, c’est un grand émissaire du plus haut sommet. Si vous croyiez que vous étiez en mesure de continuer en tenant le peuple dans l’ignorannce totale, Njangwa et ses compagnons viennent de brûler le dernier buisson dans lequel vous vouliez opérer. Comme quoi, « Rye bike muryame kare » puisque Nditije doit bien se moquer de vous!

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