Samedi 02 juillet 2022

Politique

Pancrace Cimpaye : «  Je rentre pour parler à la pauvreté »

06/07/2021 24
Pancrace Cimpaye : «  Je rentre pour parler à la pauvreté »

L’ancien porte-parole de la plateforme de l’opposition CNARED, membre du MSD, avant d’être remercié il y a plus d’une année, rentre au pays. Dans ses bagages BEL-BURUNDI. Une association pour développer Bubanza, sa province natale. A 24 heures de son départ, il a accepté de répondre à Iwacu.

Lundi 5 juillet, l’information lancée sur les réseaux sociaux burundais fait le buzz. « Pancrace Cimpaye retourne au Burundi ce mercredi ». L’homme est en effet une figure connue de la politique burundaise. Membre du Frodebu, ancien porte-parole du Président Ndayizeye, en 2010 il prend la route de l’ exil et rejoint le MSD avant d’être éjecté (avril 2020) .

Mardi matin, Pancrace Cimpaye a confirmé l’information à Iwacu. « Oui, mercredi 7 juillet je prends l’avion pour Bujumbura, j’ai déjà mon visa ». ll est citoyen belge. Serein, M. Cimpaye dit qu’il ne comprend pas pourquoi « le retour d’un Burundais dans son pays crée autant de bruit ». Pour lui, c’est l’inverse qui devrait choquer : qu’un citoyen soit obligé de rester en exil.

Pancrace Cimpaye explique qu’il ne rentre pas pour « faire la politique au Burundi. » Mais pour se consacrer à un projet de développement dans sa province natale de Bubanza. « Avec des amis et le soutien de plusieurs partenaires, nous avons initié BEL-BURUNDI, une association sans but lucratif de droit belge. Nous avons des projets pour promouvoir l’éducation, le tourisme, la mobilisation des investisseurs . »

Pédagogue de formation, un projet lui tient spécialement à cœur : la création d’une école d’excellence à système d’internat à Bubanza, et d’après lui, le projet est avancé . Il devient intarissable sur le sujet. « Nous allons renouer avec l’excellence, des classes de 25 élèves au maximum, une école à régime d’internat . Le cursus mènera à l’université, avec des professeurs performants, du matériel didactique, etc. Des partenaires sont prêts à soutenir notre projet, BEL-BURUNDI. » Son association, dit-il, est déjà active dans le soutien des étudiants de l’université démuni. « Nous le faisons discrètement, sans ameuter les médias ».

La page politique est tournée

Pancrace Cimpaye n’esquive aucune question. Concernant son positionnement politique, il affirme qu’il n’ est membre d’ aucun parti aujourd’hui. « J’ai fait la politique, j’ai tourné la page. » Il rappelle qu’il vient de passer « une année à enseigner la religion catholique à des élèves du secondaire ». L’ homme qui a été plusieurs années porte-parole des partis politiques de l’opposition veut désormais « parler à la pauvreté  à travers un projet de développement». Interrogé si son passage en politique lui a laissé un goût amer, il est quelque peu hésitant : «  Un goût amer, certainement, car j’ai vu le grand fossé qu’il y a entre les discours politiques et la réalité ». Il regrette aussi l’ethnisme qui gangrène « certains partis politiques. »

Néanmoins, il estime que son passage en politique a été aussi « une grande école ». Un brin philosophe, il lâche : « Pendant longtemps, en tant que porte-parole, j’ai parlé pour les politiques, je vais parler à la misère ». Pancrace Cimpaye est convaincu qu’il sera plus utile en se consacrant au « développement de la population », conclut-il.

Forum des lecteurs d'Iwacu

24 réactions
  1. Adonis

    Courage mon frere Pancrace. Que Dieu benisse le Burundi et ton projet.
    L’exil n’est pas une bonne solution meme si il y a certaines gens qui reussissent.
    Que vive le Burundi, igihugu c’amata n’ubuki.

    • Rwagasore

      « Des partenaires sont prêts à soutenir notre projet… »
      Reka tubaze neza mwene wacu Pancrace abo ba partenaires abo aribo na conditions zabo kuko turazi ko ata vyagusa bibaho.Uko niko ubukoloni n’akajagari bisubira kwinjira mu Burundi kandi vyinjijwe n’abarundi.Turasavye abajejwe umutekano kuraba neza aba financa ayo ma projets yose nico bashaka gushikako bakoresheje bene wacu nka Pancrace.Uko n’ukwikwegera ikara mu gashambara kuko ivyagusa ntibibaho.Nimba ari ideni bamuhaye nabanze kuvyerekana.Nayo amafaranga gratuit atanzwe n’abanyamahanga ivyo turazi ko biba bigana muri politique nyene go gusambura igihugu cacu ngo bagisahure nkuko bamye.Barundi muragabe ayo ma parternariats ni cheval de troie,azobahumira.

      • Stan Siyomana

        @Rwagasore
        assemblee.bi: Loi No. 1/01 du 23/01/2017 portant cadre général de la coopération entre la République du Burundi et les organisations non-gouvernementales étrangères (ONGE).

        Article 34: …Chaque Ministère bénéficiaire des interventions des ONGE devra mettre en place une cellule de suivi des activités des ONGE opérant dans son secteur.
        Cette cellule sera en relation régulière avec avec le Comité Interministériel de Suivi-évaluation des ONGE et assurera le suivi sur terrain…

  2. Hakizimana Etienne

    Ni cini y’a ulinzi

    • Yan

      Zawadi ya kazi

  3. Pablo

    Acunge neza gusa ntashikire muri Services des Renseignements il peut y avoir des question à lui poser et probablemnt qui peuvent le conduire à Mpimba

  4. Nshimirimana

    Bienvenu cher compatriote dans votre/notre pays!
    A ceux qui font des commentaires parfois désobligeants, je rappelle qu’être dans l’opposition n’est pas une carrière – et encore moins une fin en soi- mais une manière de pousser à ce que les choses changent. Si aujourd’hui M. Cimpaye estime que les causes qui l’avaient poussé hier à prendre le chemin de l’opposition n’existent plus, c’est en son honneur d’en tirer les conséquences en rentrant dans son pays et en adoptant des attitudes propres et conformes au présent: le combat contre la pauvreté. L’erreur d’un politicien serait de s’opposer pour s’opposer comme le font certains que vous connaissez.
    Je conclut en citant Girumukama dans son opinion: Créer un Burundi nouveau.. « J’invite chaque burundais à se poser les questions suivantes: suis-je fier du Burundi tel qu’il est aujoud’hui? Suis-je conscient d’avoir contribué à le créer tel qu’il est par les pensées que j’ai entretenues et est-ce j’ai conscience que cela continuera ainsi si je ne change pas ? Suis-je prêt à changer mes pensées pour les rendre conformes aux belles pensées qu’il faut entretenir pour créer un beau Burundi ? »
    Peut-être que Cimpaye inscrit sa démarche dans cette optique

  5. James

    Pancrace Cimpaye restera Pancrace Cimpaye. Il est difficile à comprendre. Il dit une chose et son contraire. C’est sûr qu’avec le peu d’argent de l’aide sociale qu’il reçoit ne lui suffit pas en Belgique, il vient chercher un petit poste, tranquillement, il va commencer à enseigner le parti CNDD-FDD après avoir enseigné la religion catholique. Quand tu regardes la qualité des politiciens d’un pays, tu peux facilement deviner le niveau de développement de ce pays.

    • Stan Siyomana

      @James
      1. Auriez-vous conduit une autre interview où Mr. Pancrase Cimpaye vous a déclaré que « le peu d’argent de l’aide sociale qu’il reçoit ne lui suffit pas en Belgique, il vient chercher un petit poste, tranquillement, il va commencer à enseigner le parti CNDD-FDD après avoir enseigné la religion catholique… »?
      2. Il vient de dire : »Pendant longtemps, en tant que porte-parole, j’ai parlé pour les politiques, je vais parler à la misère ».
      3. Et même si vous croyez qu’il s’agissait d’un cas de « transhumance politique » tout le monde ne la voit pas de la même façon:
      « Pour les uns, la transhumance politique n’a rien de répréhensible au regard des règles qui gouvernent la vie démocratique. Elle est la manifestation de la liberté reconnue à chaque citoyen, de créer un parti, d’adhérer à un parti ou de le quitter. Elle est, par ailleurs, conforme au mandat représentatif qui consacre juridiquement l’indépendance absolue de l’élu à l’égard de ses électeurs et l’irrévocabilité de son mandat, contrairement au mandat impératif qui fait peser sur l’élu l’obligation d’appliquer les instructions des électeurs ou du parti, le refus étant sanctionné éventuellement par une révocation.

      Pour les autres, la transhumance est appréhendée comme un fléau pour la démocratie en Afrique, en ce qu’elle instrumentalise les élus en quête de quelques avantages matériels et de promotion politique, affaiblit les oppositions dont les élus sont à la merci des majorités au pouvoir, fragilise les équilibres et les contrepoids nécessaires au bon fonctionnement de la démocratie, cultive et entretient l’immoralisme en politique… »
      https://www.cairn.info/revue-francaise-de-droit-constitutionnel-2008-3-page-499.htm

      • Yan

        @Stan Siyomana
        Le terme que je préfère pour désigner quelqu’un qui fait de la transhumance politique est le transfuge. Je l’assimile aussi à opportuniste. J’espère que notre ami Pancrace ne va pas cumuler tout cela, car même en association, il y a moyen d’y être opportuniste.

      • James

        Guess ..qui vient d’être nommé ambassadeur à Abuja ? Un certain Pancrace Cimpaye….Il me semble que c est clair non?

        Vérifier vos informations avant de commenter…

        • Yan

          C’est ce qu’on peut appeler « un expert dribleur ». Il drible le Frodebu, le MSD, CNARED; le dernier sera qui?

          Note du modérateur
          Vérifier avant de commenter
          Merci

          • Yan

            Sorry Modérateur, effectivement il y a Pancrace et Pancras. Il ne s’agissait pas d’erreur de frappe sur la liste des nommés.
            Encore une fois désolé

    • Yan

      @James
      S’il vient de passer une année à donner un cours de religion, il ne vivait pas de l’aide sociale dans ce cas. Je suis même sûr qu’il touchait un salaire décent s’il a pu décrocher un temps plein; le même salaire qu’un prof de math ou de langues. Par contre il peut trouver ce salaire insuffisant selon ses appétits. Mais s’il est trop gourmand en termes de revenue et qu’en même temps il prétend vouloir aider les pauvres, j’y trouverais, tout comme vous, une sacrée contradiction.

  6. KAZOVIYO Gertrude

    Je crois que le discours constructif de l’actuel Président de la République du Burundi est rassurant. Kaze mu gihugu c’amavukiro Pancrace Cimpaye.

    • KAHN BUHIRE

      Bien dit Madame,il n’a qu’à rentrer s’il le désire pourquoi perdre trop de temps sur un évenement banal non essentiel.Est ce qu’il avait fuit réellement une ménace ou il était aller chercher un abri et une pitance.Les anciens Frodebu que je croise broient du noir lui il a au-moins l’aide généreuse et les soins de santé des colons sans oublier la scolarité des enfants et des emplois garantis pour les émigrés dynamiques.

  7. James King

    N’abandi (ceux qui sont au Rwanda en Belgique, Canada et ailleurs) nibavugane na Leta Nkozi- mvyeyi ica ibareka batahe bubake igihugu!!! Vyose birashoboka!!

  8. Mpawenimana joël

    Qu’il soit bien venu dans son pays natal pour contribuer à son développement.

  9. Balame

    Si vous voulez parler à la pauvreté, parles d abord aux sources de la pauvreté.
    La premiere source dans nos républiques bananieres est la corruption.
    Bonne chance

  10. rene

    nagaruke muruhongore

  11. Barezi

    None muri MSD yavuyeyo gute?? Imigambwe irabe neza ntize iraba infiltrés !!

    • Stan Siyomana

      @Barezi
      1. Tout parti politique burundais essaie d’avoir le plus de membres possibles (que ces membres viennent d’autres partis ou pas!).
      2. Un parti politique lance son message en public et il espère que ce message sera diffusé par les médias.
      3. Dans tout parti politique ce n’est pas n’importe qui qui est autorisé à participer à des réunions stratégiques, ou à avoir la clef du coffre-fort, ou à avoir accès au compte bancaire du parti.

  12. Bundes

    Ha ha ha !!!! Les politiciens burundais baratwenza kabisa!!

  13. arsène

    « ll est citoyen belge. Serein, M. Cimpaye dit qu’il ne comprend pas pourquoi « le retour d’un Burundais dans son pays crée autant de bruit ». Pour lui, c’est l’inverse qui devrait choquer : qu’un citoyen soit obligé de rester en exil. »

    Citoyen belge, il n’est (ou n’était) pas en exil en Belgique. Un citoyen burundais ne prend pas de visa pour regagner sa patrie.

    On peut facilement comprendre que M. Cimpaye ait dû prendre un visa. Les élections étant derrière nous, il n’était pas difficile d’obtenir le visa mais alors comme citoyen belge. Généralement, ce qui est logique est retourner de l’exil lorsque les raison qui y ont conduit ont disparu. C’est peut-être le cas pour M. Cimpaye mais cela tranche avec ce qu’il racontait sur les plateaux de télé jusqu’à tout récemment.

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