Samedi 10 décembre 2022

Opinions

Opinion* – « Cessez le chantage, gouvernez ! »

29/01/2022 22

Par Gérard Birantamije*

La dernière sortie du président Ndayishimiye sur la grève des enseignants m’a laissé pantois si bien que j’ai été tenté de dire, dépité : « Qu’est-ce que les Burundais ont fait au Bon Dieu ? ».

Bref rappel

Le ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur ordonne que tous les enseignants de l’Ecole fondamentale doivent ‘subir’ un test de niveau. La plateforme COSESONA (Coalition des Syndicats des Enseignants pour la Solidarité Nationale) s’insurge contre ce test qu’elle trouve injuste et une forme de culpabilisation de l’enseignant. Une fuite en avant face aux droits des travailleurs. Le syndicat lance un préavis de grève. C’est permis par la Constitution. Finalement, sous la médiation de la Commission Nationale de Dialogue social (CNDS), le ministre suspend la mesure, et les enseignants suspendent le préavis de grève. Puis de manière « quasi subliminale » vient la REVELATION du président de la République lors de la prière du CNDD-FDD. Je parle d’une révélation (Kwerekwa en kirundi) puis qu’elle apparaît dans un cadre de pratique religieuse. Pour ceux qui ne suivent pas l’actualité sur le Burundi, le dernier jeudi de chaque mois, le parti au pouvoir, le CNDD-FDD organise une prière œcuménique d’action de grâce où participent obligatoirement tous les cadres de l’administration publique et tous les mandataires politiques. Au cours de cette prière, le chef de l’Etat prend le podium et donne son prêche. Etayant son argumentaire par des passages de la Bible, il revient souvent sur les faits qui émaillent l’actualité politique, sociale et économique du pays. Il donne son opinion. Parfois, il ne lésine pas sur les mots pour nous révéler ce qui se raconte en coulisses sur son système de gouvernance. Bref, les Burundais en profitent. Les informations sont de première main.

Sa dernière révélation est toutefois à questionner à bien des égards. Parce que tout simplement la parole du chef est plus que performative. Dans une situation pareille, il aurait dû méditer comme le disent les Ecrits de la Bible qu’il aime invoquer ou convoquer. La parole du chef de l’Etat, n’est pas qu’une parole simple. Ce n’est pas celle d’un quidam sur un comptoir de cabaret pour amuser la galerie. La parole du chef, si elle n’est pas un programme, elle est censée l’être ou doit-elle au moins apparaitre comme tel. C’est une politique publique. Elle doit influer sur la recherche des meilleurs possibles par rapport à la question qui se pose. Ici, il s’agit d’un sujet important, qui pose la problématique de l’éducation nationale, de la qualité de l’offre d’enseignement et des enseignants, mais aussi des interactions entre tous les partenaires de l’éducation, la valeur ajoutée d’un programme comme celui de l’Ecole fondamentale, etc. Cependant, contre toute attente, ses propos sont loin de tracer des sillons d’une bonne réflexion politique en matière d’éducation nationale.

Enseigner n’est pas une obligation ? Oui, naturellement !  

Individuellement, chaque enseignant peut embrasser toute autre profession de son choix. Il peut même aller élever les porcs ou le poulet comme l’a dit sur un ton un brin condescendant, le Président. Oui, Il n’y a pas de sot métier. La dialectique rundi le dit bien « Nta mwuga udakiza, kiretse uw’ukuroga = Il n’y a point de métier qui n’élève sauf celui d’ensorceler (ma traduction littérale ».

Mais revenons-en au contenu de ce passage « Erega kwigisha si obligation. Ushatse wobiheba nuyu musi. Ninde uwakubwiye ko kwigisha ari ku nguvu ? Ushatse nubu bihebe urabe ko hari uwugukwirikirana. Ugende kwiyororera ingurube, kwiyororera inkoko. Ntanumwe agukwirikirana. Rero uwuzoshaka arareka » (Eh bien, enseigner n’est pas une obligation. Tu peux abandonner même aujourd’hui si tu veux s. Qui t’a demandé d’enseigner par force ? Si tu veux, abandonner , tu ne verras personne te poursuivre. Vas-y élever des porcs, des poulets. Personne ne va te poursuivre. Ainsi, quiconque le veut, qu’il arrête » (Ma traduction littérale).

Voilà la parole présidentielle qui s’adresse aux milliers d’enseignants qui revendiquent un droit. Le chef de l’Etat semble oublier que l’Etat a le devoir d’éduquer ses filles et fils, que l’avenir entier de la nation dépend aussi de la qualité d’éducation des générations montantes. Au lieu de les encourager, il leur suggère, s’ils ne veulent pas accepter leur situation, à abandonner ce métier. Ces enseignants ont été formés avec l’argent du contribuable et des amis du Burundi. Ils n’abandonneront pas tous et tant mieux. Mais j’ai peur que tous aient été frappés, meurtris par ce discours du ‘Premier d’entre les Burundais’ qui devait être leur rempart, leur recours.
Ces enseignants ont été formés et engagés pour assumer une mission fondamentale : éduquer, enseigner et assurer la relève intergénérationnelle. La nation en a besoin pour se développer. Sur le plan de performativité du discours politique, le chef de l’Etat démobilise les enseignants, et en filigrane tous ces jeunes burundais formés, pleins de talents et d’engagements à embrasser la carrière enseignante. Ce n’est pas cela le rôle du chef de l’Etat pas plus d’ailleurs d’un citoyen qui aime son pays.

Si tu fais la grève, les patrons vont te gifler

« Wewe uri umukozi wabo. Kuvuga rero ngo ngirira iki wanse sinkwigishiriza umwana. Niwewe nyene. Bazoguha amakofi nanka kuguhenda » (toi tu es leur ouvrier. Tu ne peux pas dire fait pour moi ceci sinon je n’enseignerai plus vos enfants. Je te jure, ils vont te gifler » (ma traduction littérale).
Personne n’en doute. L’Etat, ce sont tous les Burundais. Mais faut-il le savoir, l’Etat n’est pas la somme des parties. Sa conception dépasse une simple sommation des Burundais. Certes, les citoyens paient les impôts et les taxes à base desquels sont rémunérés les fonctionnaires au service des objectifs de l’Etat, de l’intérêt général. Il ne s’agit pas d’un citoyen lambda qui paie l’enseignant directement comme un homme/jour pour exiger des comptes illico comme le chef de l’Etat semble l’insinuer. L’Etat n’est pas encore privatisé à ce degré. Ces patrons, s’il faut les appeler ainsi, sont représentés par l’Etat. Ils sont partie intégrante de ce tout, de cette volonté générale qu’incarne l’Etat. Et pour demander des comptes, ces patrons doivent passer par les mécanismes institutionnels et institutionnalisés par l’Etat. Il n’y a pas de raccourcis possibles.

A ce niveau un tel discours n’est pas loin d’un appel au lynchage public. Je mesure mes mots. Le président en tant qu’institution à la tête de l’Etat doit plutôt rappeler les lois qui nous gouvernent, ici en l’occurrence le Code du travail qui régit le droit à la grève ou au lock-out. Dire que les patrons (Abenegihugu) vont frapper les enseignants (Abakozi babo i. e leurs ouvriers) qui revendiquent un droit reconnu par le patron, même si les prémisses ne recoupent l’assentiment de toutes les parties, c’est aussi faire l’apologie de la violence dans la gestion des affaires publiques. C’est ce que le Président ne doit jamais faire. Car la parole d’une autorité a une valeur performative. Ce discours, du fait de la position de la personne qui l’énonce, risque d’avoir un effet domino. Dans chaque sphère de l’action publique, il y a des ‘patrons et des ouvriers’. Leurs relations risquent d’être conçues dans l’unique prisme de la violence qu’il institue dans le fonctionnement. C’est nouveau et ahurissant. Et, puis, le premier devoir d’un Président n’est – ce pas d’assurer la paix sociale ?

Si tu t’absentes et que je te remplace, vas-y prendre les armes !

« Niwasiba nkagusubiriza uraca ugenda ufate inkoho duce tugwana, abenegihugu bose turabe ko uzobanesha. Wewe wonesha imiliyoni 12? Abarimu muri bangahe murubu Burundi kuburyo mwonesha imiliyoni 12, mwase kuzigishiriza abana? » (Si tu t’absentes et que je te remplace, vas-y prendre les armes comme ça nous allons nous (com) battre. Nous allons voir si tu vas vaincre tous les citoyens (Burundais). Est-ce que toi tu peux vaincre 12 millions, à qui tu refuses d’enseigner leurs enfants ? » (ma traduction littérale)
Supposons que ce passage soit vraiment de l’hyperbole. Sinon, il y a feu dans la demeure Burundi. Démettre un fonctionnaire fautif, enseignant gréviste ou pas est un acte légal et légitime qui relève du droit ou des usages administratifs, mais encore faut-il que la faute commise soit prouvée au terme d’une procédure administrative ou judiciaire équitable. Sinon, nul n’est au-dessus de la loi. Au Burundi une loi spécifique qui protège les fonctionnaires existe, et est éventuellement appliquée.

Cependant il y a lieu de se poser des questions. Ce discours public en cache-t-il un autre ? Pourquoi se projeter déjà dans une rébellion contre l’Etat alors qu’il s’agit d’une revendication pacifiquement exprimée ?  Y a-t-il un mouvement de rébellion dont les enseignants seraient la vitrine ? Il y a bien de questions. Seul le président peut apporter des éclaircissements. Ce discours est atypique dans un Etat de droit. Le Burundi a certes vécu des années sombres où les gens en armes ont été pris pour des hommes probes, de dignes fils du pays, mais je pensais que les Burundais avaient dit adieu aux armes et à la violence comme mode de gestion des conflits.

Au fond, ce discours cache mal les ratés des processus de consolidation de la paix sociale et révèle la face cachée des traumatismes endurés et ensevelis dans le subconscient. Avec ce discours, il y a lieu de penser que nous sommes gouvernés par des personnes traumatisées qui font de l’Etat un champ de batailles rangées. Ici les enseignants contre l’Etat, là les l’Etat contre les transporteurs, les consommateurs, les étudiants et l’Etat, là encore toute la population contre l’Etat, etc. Ces traumas en veille dans toutes les sphères de l’action de l’Etat font que certains dirigeants peinent à quitter cette terrible réponse aux problèmes : la force. La force est à utiliser en derniers recours, quand toutes les solutions ont été épuisées. Soulignons aussi que l’ancien Président Ntibantunganya avait désamorcé la crise. Par ce discours, le président risque de rallumer la mèche.

Dans trois mois nous allons former des enseignants au sein de cette jeunesse au chômage

« Emwe ntawiga kuba umwarimu bitwara amezi atatu. Tuvuze tuti wewe uzokwigisha mu wa kabiri, tuzoca tukwigisha ivyo mu wakabiri gusa. Turabe ko mu mezi atatu utaba ubizi ugaca uja kwigisha abana » (Personne ne peut se former au métier d’enseignant plus de trois mois. Si nous disons, toi tu vas enseigner en deuxième année, nous allons te former pour enseigner en deuxième année seulement. Nous allons voir si dans trois mois tu ne seras pas bien rodé pour enseigner les enfants ». (ma traduction littérale).

Des personnes ont acclamé ces propos. Et c’est triste. Je peux parier que parmi ces personnes qui l’acclamaient, très peu croyaient dans ce que disait le Président. Former un enseignant c’est long, difficile. C’est même une sorte de dénigrement de faire de l’enseignement un métier si facile à apprendre. C’est une banalisation terrible. Car la première richesse d’une nation ce sont ses enseignants.

Mais l’on ne saurait savoir si c’est du contenu du passage ou de la magie du verbe pour transformer ces jeunes en quête du travail en un enseignant hyper-compétent capable d’assurer la relève de ces autres en passe d’être renvoyé pour avoir revendiqué leurs droits. Le contenu de ce passage est hallucinant.

Je suis personnellement sidéré par de pareils propos, surtout lorsqu’ils sont tenus par le chef de l’Etat. Son discours rebat toutes les cartes de ce que nous avons appris en pédagogie de l’enseignement. Il remet les pendules à zéro quant aux différents curricula formulés par le ministère de l’Éducation nationale ; il dénie l’importance des mécanismes de renforcement des capacités à la base de ce discours (recyclages des enseignants, les séminaires de pédagogie, les émissions pédagogiques de la Radio Nderagakura, etc.). Au fond, il montre le peu d’égard à ceux qui ont consacré leur vie à nous enseigner depuis l’école primaire. Si dans trois mois on peut former un enseignant, pourquoi ne pas l’avoir envisagé pour ces classes aux effectifs pléthoriques rapportées depuis la politique de gratuité des études primaires ? Pourquoi continuer à financer les écoles pédagogiques et normales sur deux ans et quatre ans respectivement ? Pourquoi financer l’Institut de Pédagogie appliquée (3 à 5 ans) et l’Ecole Normale Supérieure (3 à 5 ans) ? Trois mois pour faire de quelqu’un un enseignant, c’est simplement magique. Je ne nie pas la magie du verbe, j’ai des doutes.

Cessez le chantage, gouvernez !

Enseigner c’est un art, ça s’apprend à l’école et au travail. Enseigner c’est un code qui demande un éthos du métier. Enseigner ça demande du courage, de l’engagement et d’une surdose de responsabilité. Les enseignants ce sont des agents du changement, de l’évolution sociétale. Ils ne sont pas des vagabonds qui trouvent les énergies positives dans les biceps. Platon disait que si vous voulez éviter la guerre dans votre pays engager dans l’armée les sexagénaires. Moi je dirais, donnez du respect aux enseignants, vous aurez une société apaisée. Les Burundais vous regardent. Ils ne veulent pas être dévêtus. Là, vous avez raison. Pour y arriver, cessez le chantage. Gouvernez !

*Gérard Birantamije est chercheur en sciences politiques à l’Université Libre de Bruxelles.

*Les articles de la rubrique opinion n’engagent que leurs auteurs.

Forum des lecteurs d'Iwacu

22 réactions
  1. Bellum

    @Mvuyekure
    Ce ne sont pas des diplômés compétitifs que je vois dans la région mais des centaines de jeunes burundais qui errent dans la ville de Nairobi, de 5 h du matin à 23 heures, deux grosses thermos de thé d’une main et un saut de mandazi (beignets) de l’autre. Ils se réveillent aux aurores pour préparer the thé et descendre en ville vendre aux gardiens de nuit qui rentrent à 6 h et aux gardiens de jour qui arrivent. Puis ils font le tour des chantiers à 10 h pour reconstituer les forces des ouvriers épuisés . Ils repasseront à 16 h pour recharger les batteries des affamés en fin de journée. A midi, ils vendent aux gagne-petit qui ne peuvent pas se payer un repas. A la tombée de la nuit, ils referont le tour de la ville pour désaltérer les conducteurs de boda boda (taxis-motos), les gardiens de nuit. La tasse de thé est vendue à 10 shillings kenyans. Le beignet à 10 shillings (7 pour le patron boulanger rwandais et 3 pour la rémunération du vendeur ambulant). Seul le thé leur appartient à 100 pour 100%. D’autres écument la ville à vendre des cacahuètes, des œufs cuits ou des saucisses.
    Au gros des troubles de 2015 un haut dirigeant de passage à Nairobi s’est félicité que les autres soient devenus des réfugiés eux aussi. Comme l’a dit Faustin Ndikumana patron du PARCEM aux Palais de Kigobe lors la grande conférence nationale : la cohésion sociale est le bien le plus précieux et la condition sine qua non de tout programme de développement. Il faudrait tout faire pour qu’il n’y ait pas de réfugiés dans l’intérêt supérieur de la paix car les réfugiés sont l’un des facteurs majeurs des guerres africaines. Or la paix n’a pas de prix. Il faut la paix, sinon par humanité, mais pour des raisons banalement économiques.

    • Yan

      @Bellum
      Pour une fois que vous exprimez autre chose que vos sentiments suprémacistes je suis d’accord avec votre commentaire. Une gestion d’un pays qui n’arrive pas à sa cohésion sociale (c’est ce que le pays connaît depuis son indépendance) est un échec!

  2. Gito

    Peut on se vanter d’avoir beaucoup de chômeurs?
    Peut on chasser quelqu’un parce qu’il a exercé un droit reconnu par la constitution?
    Pardon, j’oubliais dans quelle République b…ière nous sommes.
    La constitution exige que les dignitaires déclarent leurs biens avant d’entrer en fonction.
    Mais aucun dignitaire de Leta Nkozi ne l’a fait depuis 2005.
    Donc on suit les prescrits de la constitution quand cela arrange Ibihangange

  3. Jereve

    C’est un cas où avoir beaucoup de personnes au chômage devient un avantage. Vous voulez faire grève? Eh bien allez-y et vous serez renvoyé, car on a assez de chômeurs pour remplacer les grévistes. C’est une menace à peine voilée dont la visée est en général de dissuader les fonctionnaires qui auraient des velléités de faire grève en dernier recours pour revendiquer leurs droits. Et encore une attaque frontale à la Constitution qui donne ce droit.

  4. Mvuyekure

    Dans tout cela, quel est le niveau de nos diplômés dans la région puis au-delà de cette même région ? En effet, la concurrence étant rude aujourd’hui, quel est le niveau de celles et ceux qui vont nous représenter dans les négociations ou qui vont s’investir dans les affaires avec l’objectif de sortir notre pays du sous-équipement ?

  5. Bellum

    En entendant la violente sortie de Neva, j’ai immédiatement pensé, comme Francis Gihugu, aux présidents Buyoya et Bagaza. Des monstres froids de dignité, de rigueur et d’autorité. Jamais ils ne s’abaissaient suivant l’adage ancestral : Umukuru ntaba umwana. Une autorité doit toujours rester grave dans ses propos. Leurs discours n’étaient jamais improvisés. Tout était méticuleusement écrit. Autres temps, autres dirigeants. On peut les détester mais il faut reconnaître que c’étaient de véritables hommes d’État.
    Autre observation : Face à la gabegie érigée en mode de gouvernement et à la faillite institutionnelle et économique ambiante, je continue à affirmer que les élections de 2020 n’ont pas été justes, ce fut une catastrophe dont nous ne nous remettrons jamais comme l’assassinat de Rwagasore et Ndadaye. Nous sommes partis pour 45 ans sans lumière au bout du tunnel : Nkurunziza 15 ans, Neva 15 ans et le suivant 15 ans.

  6. Gacece

    « Cessez le chantage, gouvernez ! »
    Sauf que des fois, le chantage fonctionne et apporte son lot de résultats! Vous voulez qu’il gouverne? Imaginez que le président n’ait rien dit, qu’il ait attendu au tournant que ce syndicat déclenche sa grève, et que tous les grévistes soient limogés/remplacés par les nombreux chômeurs. Et il en a le pouvoir!

    Il faut le reconnaître : une miltitude de chômeurs ont des diplômes et des compétences supérieurs à ceux des enseignants actuels. Cela m’étonnerait alors qu’un enseignant actuel, qui appréhende de perdre son poste au profit d’un chômeur, accepte de participer à cette grève en connaissance de cause.

    Désolé mais dans ce cas-ci, le chantage est un outil de gouvernance!… Heureusement que votre texte est un d’opinion. Un homme averti en vaut deux… ou plus!

  7. Gito

    A monsieur Ruzoviyo et Journal Iwacu,
    Je me excuse (I do apologize ), ma remarque était une réponse à notre ami « Nshimirimana « .
    Gito

  8. arsène

    « Parce que tout simplement la parole du chef est plus que performative. »
    Ceci est vrai sous d’autres cieux. (Mal)heureusement, celle de notre cher président ne l’est pas.

    Dans son commentaire, BarekeBavuge rappelle ici la promesse donnée lors de la visite du barrage de Mpanda.

    Le 23 août 2020, le président a appelé les membres du gouvernement et les hauts cadres de l’État à déclarer leur patrimoine. «Ils avaient deux semaines et naturellement, ce délai le concernait en premier.

    Le jour de son investiture, il a promis aux retraités une rente équivalente à leur dernier salaire ainsi qu’un accès gratuit aux soins de santé.

    La liste serait longue.

    • Prof. Jacques

      N’allez pas vite en bésogne.Le problème majeur,c’est que le Burundi n’a pas de moyens pour le moment pour plaîre à tous ses fonctionnaires.Vyose bisaba amahera kandi ayo nayo ntayahari kuko ama priorités ni menshi mu gihugu.

  9. Ruzoviyo

    Personnellement, je ne soutiens pas la violence quelle que soit sa forme ou sa source.

    En même temps, c’est un constat, chaque fois que le Burundi entre dans une phase d’accalmie, on dirait qu’il y a des gens qui ne souhaitent jamais voir une telle situation. Les grèves au Burundi ont été toujours des signes avant couleur des troubles sociaux. Il faut arrêter cette manière de faire. Il est temps de construire, de travailler et d’avancer comme les autres pays. S’il y a un malaise social, il faut dialoguer.

    Vous voulez qu’on retourne à la période où l’enseignement était en panne à causes des grèves au quotidien? Je comprends la réaction du Président même si je ne soutiens pas la forme utilisée. Il n’ y a aucun responsable d’un pays qui pourrait accepter que le pays soit en panne à cause des grèves. Il est grand temps de changer de mentalité mes chers compatriotes.

    • Gito

      Cher Ruzoviyo,
      Vous faites des amalgames pour justifier l’injustifiable.
      Qu’a t il à faire le 3ème mandat?
      Que vient faire là dedans cette société civile monocolore?
      C’est à peine si vous ne parlez pas d’Abakoloni et du Rwanda.
      Les causes profondes du niveau calaniteux de l’enseignement se trouvent ailleurs.
      Oui depuis le reigne du Cndd, l’enseignement a périclité et touché des fonds.
      Mais ce n’est pas seulement l’enseignement.
      Nous sommes devenus le pays le plus pauvre et le plus corrompu depuis 2005.
      Bibazwa abatwara.
      Regardez et comparez les scandales :Mpanda, Bancobu, Regideso, Onatel, etc… qui défraient la veronique et vous aurez trouvé la cause .

      • Yan

        « Nous sommes devenus le pays le plus pauvre et le plus corrompu depuis 2005. »
        Dire qu’avant 2005 le pays était riche et pas du tout corrompu est tout simplement une abomination, pour les pauvres et les moins pistonnés de cette période et de la suivante (c’est mon cas).

  10. Nshimirimana

    Cher Gérard,
    Sur un plan strictement intellectuel – ou plutôt académique-, vous avez entièrement raison. En terme de gouvernance s’agissant d’un pays comme le Burundi, un autre regard s’impose! Je vais m’expliquer.
    De l’école, puisque ce dont vous parlez….
    Rappelons-nous que l’école burundaise a été toujours une école de l’élite ( l’accès se faisant par concours), une école non inclusive ( excluant une partie de la population). Sur ce dernier point, le lecteur pourra ne pas partager mon avis mais les faits sont têtues. L’accès a cette école n’était pas toujours facilitée aux jeunes gens de l’ethnie hutu, aux jeunes gens des milieux défavorisés, aux batwa etc…
    La libéralisation de l’école et plus particulièrement dès l’entrée sur la scène politique du cndd-fdd ( le mal aimé sur la scène internationale, le va-nu pied comme on aimait l’entendre, cette classe des illettrés selon les commentaires d’une certaine classe sociale burundaise) n’a fait que perturber davantage l’équilibre au sein de cette école à travers l’accès, cette fois-ci ouvert à tous les fils et filles du pays et rappelons-le, cette accélération a été rendue possible par la gratuité des frais, la multiplication des écoles etc… Il fallait alors improviser pour répondre à l’afflux massif et inconsidérée des enfants aux portes de cette école! Pour la classe des intellectuels à laquelle vous appartenez cher Gerard et les autres – moi y compris-, ce fut la catastrophe . Pour Monsieur et Madame tout le monde, ce fut une révolution avec un mérite: l’accès à la connaissance, si modeste soit-elle!
    Du discours du président….
    Ce discours ne peut se comprendre qu’à travers cette dernière mérite de la libéralisation de l’école: la révolution au sein de l’école! Ce discours est aussi un « interface » entre deux réalités: un pays qui se cherche des repères et la mondialisation des « besoins/aspirations » de faire comme les autres alors que le compte n’y est pas!
    Quelle est la place des syndicats dans un contexte socio-économique et politique du Burundi? Il s’agit du suivisme de ce qui se fait ailleurs et chez cet « ailleurs », les hommes et les femmes trainent derrière eux des années et des années d’une culture politique, leur culture! Au Burundi, les actions des syndicats – et de manière générale celle de la société civile-, ne peuvent que perturber un système politique qui est encore en quête de ses repères. Et surtout – maisla vérité est parfois dur à accepter-, la société civile, n’est ni plus ni moins qu’une opposition politique savamment construite à la veille de l’entrée en scène des nouveaux maitres du pays! En terme cru, elle est plus le relais de l’ancien système de part sa composition sociale. L’histoire retiendra les événements de 2015 où le pays a failli sombré dans l’anarchie à cause justement de l’action de la dite société civile face à des collectivités qui n’avaient pas forcément une culture suffisante pour appréhender les tenants et les aboutissants des actions en cour autour de la fameuse « halte au 3ème mandat »…
    Dans une société où l’employeur principal est l’état et face à un chômage des jeunes qui frisent des records, avoir un emploi n’est plus une mérite mais un privilège, une bénédiction . Brandir les outils d’ailleurs, le droit à la grève en particulier, c’est se moquer de ces hommes et femmes, diplômes en poches, s’attèlent aux petits boulots pour survivre! « Nta mwuga udakiza » mais parfois, on aspire à autre chose, meilleure. Dans ce contexte, Neva n’est pas loin de dire la vérité à travers son discours, vous le citez et je vous cite « Niwasiba nkagusubiriza uraca ugenda ufate inkoho duce tugwana, abenegihugu bose turabe ko uzobanesha. Wewe wonesha imiliyoni 12? Abarimu muri bangahe murubu Burundi kuburyo mwonesha imiliyoni 12, mwase kuzigishiriza abana? » (Si tu t’absentes et que je te remplace, vas-y prendre les armes comme ça nous allons nous (com) battre. Nous allons voir si tu vas vaincre tous les citoyens (Burundais). Est-ce que toi tu peux vaincre 12 millions, à qui tu refuses d’enseigner leurs enfants ? » (ma traduction littérale). !
    De mon point de vue, un bon développement d’un pays, ne peut qu’être endogène! Mais comment le faire dans un contexte mondialisé, qui avance et qui n’attends pas? Voici le défi et de là, ton propos, Cher Gérard, a tout son sens

    • arsène

      « […] cette accélération a été rendue possible par la gratuité des frais, la multiplication des écoles etc… Il fallait alors improviser pour répondre à l’afflux massif et inconsidérée des enfants aux portes de cette école! »

      Votre analyse peine à convaincre. Vous parlez de gratuité des frais mais vous omettez d’ajouter que ce sont les parents qui doivent payer pour la construction des salles de cours et parfois payer le salaire des vacataires. On pourrait même aller jusqu’à dire que si vraiment il y a gratuité concernant l’accès à l’éducation de base, les parents payent davantage dans différents domaines comme la construction de stades, construction de bureaux provinciaux ou communaux, de pistes rurales, sans parler de la cotisation forcée pour la pantalonnade d’élection où même les élèves ont été contraints de payer.

      En réalité, il faut appeler les choses par leur nom, nous sommes tombés de Charybde en Scylla.

  11. Ngenzirabona

     » Quand le marteau est le seul outils à votre disposition, tout problème devient un clou ».
    Abraham Maslow ( Psychology of science,1966)

  12. Barinzigo

    Sous d’autres cieux, les conseillers en communication, ou porte parole (Ils sont grassement payés pour cela) auraient dû colmater les brèches et expliqué la sortie médiatique de Sebarundi.
    Mais nous sommes au Burundi.

  13. Francis Gihugu

    Je vous avoue que j’ai eu des vertiges pour ne pas utiliser les gros mots(pour ne pas être censuré)dans les propos du numéro un. Je ne peux pas comprendre que le Président ne réalise pas qu’on est en 2022. Oser parler de la sorte aux enseignants, c’est extrêmement grave. Soit, il n’a pas de conseillers en communication soit il a un problème de tempérament et de maîtrise de soi. On peut penser ce qu’on veut dans son cadre privé mais étant président, on ne peut pas s’exprimer de la sorte sur les médias, devant les gens. Je n’ai pas en mémoire un président qui aurait osé ça. Nous avons connu Nkurunziza mais je pense que Ndayishimiye a franchi le Rubicon. J’ai connu le Président Buyoya, alors qu’il n’était pas parvenu au pouvoir par les urnes, il était doux envers tout le monde. Même face aux rebelles de 1991, il n’a jamais osé parler de la sorte. Dans ses 11ans de règnes, je parie que personne ne peut me donner un seul discours où il aurait tenu de telles propos. La seule fois où il s’est énervé il parlait aux universitaires qui semblaient incontrôlables, il s’est adressé à eux en leur demandant: » Avez vous quelles armes pour s’insurger contre le gouvernement? ». Les seuls mots lourds, pour un président militaire et dans une époque où on pouvait tolérer la violence des mots politiques en l’absence du processus politique. Sous Bagaza, je n’ai pas également la mémoire de ces violents mots de Ndayishimiye. Seul Ndayizeye qui s’adressait aux bandits criminels a un jour osé être lourd en leur promettant un châtiment équivalent au lynchage populaire. Je n’ai pas si Micombero serait allé très loin face aux fonctionnaires ou peuple. Je ne l’ai pas connu. Mais, à 54ans, je vous avoue que je n’ai jamais connu aussi de président violent dans les mots, qui se lâche et qui s’énerve en se faisant applaudir par ses lieutenants.
    Sommes-nous vraiment dans quelque chose qui semble à la démocratie? Sommes nous en 2022? Avons nous un président qui aurait pris les armes au nom de la démocratie comme on le dit? Aider moi à me porter les réponses.

    Dernièrement, pourquoi le président lâche ses nerfs au nom du peuple? De quel peuple, de quels parents parle-t-il? Les enseignants ne sont-ils pas des parents avant d être enseignants? Ne sont ils pas des contribuables comme les autres? Pourquoi parle-t-il des enseignants Burundais comme des extraterrestres? Des mercenaires? Ce sont les véritables contribuables nationaux, patriotes et parents qui n’agissent que pour le bien de la nation.
    M. Ndayishimiye mais n-as-t-il pas vraiment un ami proche qui lui parlerait du métier? En l’occurrence le noble et dûr métier d’enseignant?
    Je pensais qu’au moins un président(peu importe comment il est élu ou nommé) prend le temps pour avoir un avis plus ou moins superficiel sur la vie des simples fonctionnaires, leur contribution, leur souffrance pour savoir au moins comment on s’adresse à la plus grande communauté des fonctionnaires du Burundais.

    Mr le président, s’il vous plaît, essayer de maîtriser votre langage surtout quand vous parlez à des citoyens nobles très respectables comme les enseignants!
    A mes chers enseignants, pore sana et restez humains, Ntimutwarwe n agashavu mwihangane uko mwahora! Ejo buzoteba buce.

    • Ngenzirabona

       » Quand on a le marteau comme seul outils, tout probleme deviant un clou. »
      Abraham Maslow, (The psychology of Science,1966

  14. Mujandi

    Former un enseignant en 3 mois?😭🤔
    Quel calendrier utilise t on?
    Tiens , il a aussi parlé de 15 jours. Et ces 15 jours durent maintenant plus de 4 mois.
    C’est un langage biblique. Comme la création qui s’est faite en 7 jours.
    C’est vrai, cela a été dit dans des séances de prière.
    Donc les référentiels sont différents.

  15. Uwakera

    Ariko ero naho yabakariye cane abigisha, ku bwanje mbona n’imvo yo gukora iyi yegereyegere idafashe. Gukora ikibazo kitagukura mu kazi (n’amanota amenywa na wewe gusa) ahubwo cofasha kumenya neza na neza aho urwaye ukaharonkerezwa ubufasha? Hari izindi mvo nyinshi mbona zifashe zari gutuma abigisha bakora greve: ubwinshi bw’abana par classe, ubukene bw’ibikoresho bikwiye kandi bigezweho, agashahara gafadika, …

    Igisata c’ubumenyi (indero) mu Burundi kirafise ibibazo bitari bike bikwiye kwicarirwa vy’ukuri kuko ubumenyi abana baheza amashure ubu biragaragara ko bwagabanutse cane. Imvo rero zibituma, mu gihe bigaragara ko harimwo n’ubushobozi buke mu bigisha bamwe na bamwe, ntacobuza ko zicarirwa zose zigatorerwa umuti atawuvuze ngo nemera ko munkosora mubanje gukosora hariya.

    Si mu gisata c’indero gusa. N’ahandi, ubumenyi biraboneka ko bwatitutse cane. Ni haba mu mvo zoba zibituma harimwo gutanga ubuzi harabwe imigambwe canke imvo za politique (hari aho nabonye mu gisoda uwurenza 70% yasubirijwe n’uri musi ya 50%), habuze iki kugira mu mugambwe uri ku butegetsi (kuko niwo ufise benshi mu baronswa ubuzi), hakoreshwe ibibazo vy’ibanze (concours interne) kugira ku buzi ubu canke buriya bubonetse ku banyamugambwe, harungikwe abarusha ubwenge abandi apana abazinanye na kanaka kubera akomeye? Kuko ndazi neza muri uwo mugambwe incabwenge ziruzuye, nibazishire imbere rero. Narengana.

  16. BarekeBavuge

    Merci Cher Professeur et aussi le Journal Iwacu,

    Nous avons tous entendu ce discours, et n’avons pas trouvé ou nous cacher.
    A quoi servent ces colloques de priere, je vous le demande.?
    Est ce que ces discours/ révélations sont vraiement préparés?
    A plusieurs égards, je pense que non.
    Il est vrai qu’une saine colère est salutaire pour un dirigeant. Surtout en face d’une injustice ou un manquement.

    Lors de la visite du barrage de Mpanda, il avait été dit qu’après 15 jours des sanctions tomberont.
    Nous attendons toujours.

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