Samedi 03 décembre 2022

Les billets d'Antoine Kaburahe

Fribourg, la dernière danse

22/08/2018 Commentaires fermés sur Fribourg, la dernière danse
Fribourg, la dernière danse
Après le spectacle , les trois derniers tambourinaires se "volatiliseront " à leur tour

Une vingtaine d’artistes burundais invités pour participer à la 44ème édition des Rencontres de folklore internationales de Fribourg se sont « volatilisés », pour reprendre les mots d’un média suisse.

Je ne ferai aucun commentaire sur cette « disparition », car fuir son pays est un choix personnel, difficile et, quoiqu’on en dise, toujours douloureux. Tous les exilés savent que personne ne quitte de gaité de cœur sa patrie. Et puis pour eux, ce n’est pas l’Eldorado qui s’ouvre, mais un chemin de croix qui commence dans cette Europe de plus en plus fermée. Mais sûrement qu’ils ont mis sur la balance ce qu’ils quittent et ce qu’ils risquent en tentant cette nouvelle vie qu’ils espèrent plus prometteuse. Un sentiment humain du reste. J’ai lu quelque part que l’on part «  quand on n’a plus de raison de rester ».

Partout où ils s’exhibent, les tambourinaires du Burundi font vibrer les salles. Ils arrivent majestueux, ondulant, en jouant avec leurs gros tambours posés en équilibre sur la tête. Alors, les sols et les cœurs vibrent. Chaque danseur qui s’avance au milieu du cercle a son propre rythme, son « umurisho », et renouvelle le jeu. C’est toujours magique.

Sur une vidéo postée sur les réseaux sociaux, à Fribourg, en lieu et place de toute une troupe vibrante, j’ai vu trois pauvres tambourinaires tenter de faire vibrer le public.

Certes, on peut dire que ceux-là ont honoré leur engagement, mais les tambours du Burundi ne se jouent pas à trois. C’est une prestation collective. C’ était triste à pleurer. Une image pathétique du Burundi.

D’après le journal suisse, La Liberté, après le spectacle, les trois tambourinaires, comme le reste de la troupe, se sont eux aussi « volatilisés ». En fait, c’était leur dernière danse. Avant l’inconnu. Salut les artistes…

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Vaciller mais avancer

Pour un journaliste, savoir que son travail est accessible à ses auditeurs, ses lecteurs ou téléspectateurs est très important. Pendant plus de cinq ans, on nous lisait comme par effraction. Pour rappel, depuis le 10 octobre 2017, les lecteurs d’Iwacu (…)

Online Users

Total 1 313 users online