Économie

Karusi/Affaire méga SSD fermé : la Brarudi bientôt poursuivie en justice

07/08/2019 Hervé Mugisha Commentaires fermés sur Karusi/Affaire méga SSD fermé : la Brarudi bientôt poursuivie en justice
Karusi/Affaire méga SSD fermé : la Brarudi bientôt poursuivie en justice
D’après la propriétaire, les bouteilles cassées se comptent par centaine.

Fermé le 20 décembre 2018 sur injonction du gouverneur de la province, le méga SSD n’a pas encore rouvert. Pour assurer la distribution de ses produits à Karusi, la Brarudi a donné le droit à d’autres distributeurs. La propriétaire compte porter plainte.

« Une violation flagrante  du contrat. Tant que la Brarudi  n’a pas encore résilié le contrat qui nous lie, de droit, hormis  la commune Gihogazi, la tâche de distribuer les boissons Brarudi  dans la province Karusi me revient », proteste la  propriétaire du méga SSD. Mine évasive,  quelque peu fébrile des yeux. Théodosie  Cishahayo n’est plus la même. D’habitude joviale, depuis peu,  la propriétaire dudit méga  SSD  dissimule  à peine son incompréhension. « Des fois, je  pense  tout laisser tomber, mais, une voix de l’intérieur  me dit  de m’accrocher et d’aller jusqu’au bout », raconte-t-elle non sans peine. Face à la situation qui perdure, sans autre recours, elle confie s’être résolue à intenter  un procès contre la Brarudi. « Je ne peux  rester assis  sans rien faire. Autant que la justice tranche ».

Avec un  contrat d’exploitation du méga SSD de trois ans, au lieu d’œuvrer pour la  rétablir dans ses droits, elle s’étonne que la Brarudi se soit empressée à lui trouver des remplaçants.

D’après Me Fabien Segatwa, son avocat, une violation flagrante du contrat en vigueur. « A aucun moment la Brarudi ne lui a signifié d’un quelconque manquement pour qu’elle la retire  le droit de vendre ses  produits à Karusi ».

Théodosie Cishahayo : « Quand tu te vois dépouillée, la peur ne peut pas manquer »

Pour  lui, une preuve que derrière ce  délit, il y a même avec une volonté explicite de nuire à sa cliente. «A plus d’une fois,  Mme Cishahayo  a demandé qu’elle récupère ses bouteilles et casiers ou que ses véhicules de transport lui soit restitués. Mais, chaque  fois, le délégué commercial  de la Brarudi  à Karusi  a torpillé  l’opération ».

Depuis, Mme Cishahayo craint qu’à cause des intempéries, elle ne trouve ses bouteilles cassées.

Peur du lendemain…

Mme Cishahayo ne cache que la peur du lendemain, des fois, effleure son esprit. « Quand tu te vois dépouillée, en tant que mère, l’on commence à penser si la scolarité de tes enfants n’est pas comprise.» Pour « précaution », elle révèle qu’elle a dû fermer  le bar qu’elle tenait à son domicile.

Du côté  de la Brarudi, la sérénité totale. « La priorité est la satisfaction de nos clients. Dans le cas échéant, nous travaillons  d’arrache-pied pour qu’une issue favorable soit  trouvée », assure Rémy Ndayishimiye, en charge de la communication.

Pour la propriétaire du méga SSD, des berceuses à tue-journée inutiles « Dans l’entretemps, mes  bouteilles cassées se comptent  par centaine et le taux d’intérêt  de mon  crédit bancaire ne cesse  pas de croître suite au retard de paiement …. »

D’habitude bruyant, le centre urbain de Karusi cède peu à peu à la platitude. Les petits bars des alentours souvent bondés les après-midi sont quasi déserts. La cause: si ce ne sont pas le prix des boissons qui montent  en flèche, ce sont les boissons qui manquent.

Des conséquences incommensurables

Dans l’après-midi de ce lundi 22 juillet, les quelques personnes rencontrées tous sont unanimes. « A notre péril, la situation doit changer », clament en chœur non sans humour. Ils affirment qu’il est désormais impossible de distinguer un mini  bar simple et celui d’un standing VIP.

« Si dans des endroits pareils,  le prix de la Primus est  de 1700BIF, celui d’un Amstel 2500BIF, quelle est la différence avec les autres bars fréquentés par les ‘’intellectuels’’ ? »

Pour les grossistes, c’est une situation  intenable, difficile à expliquer. Contraints désormais de s’approvisionner soit à Gitega ou à  Muyinga, ils ne cachent pas qu’à cause du prix du transport élevé, ce sont  les consommateurs qui en font les frais. « C’est contre nous si non l’on travaillerait à perte », indique Consolate, vendeuse de boissons dans un dépôt.

Pour elle, la Brarudi doit  vite trouver une solution. « Parce qu’il est inconcevable qu’un casier d’Amstel s’achètent à  24500BIF, alors que du temps où le méga SSD était fonctionnel, il s’achetait à 19500BIF ».

Contactée  pour savoir à quand la levée de la mesure, Mme Calinie Mbarushimana, gouverneur de Karusi, sans vouloir faire trop de commentaires,  indique que les produits Brarudi sont disponibles. Il n’ ya pas à s’alarmer, selon elle.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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