A l’approche du Nouvel An, la capitale politique du Burundi est le théâtre d’une crise qui ne dit pas son nom. Devant les banques commerciales et les coopératives, des files d’attente kilométriques figent le paysage urbain dès l’aube. Entre pannes de réseau suspectes, guichets clos, les clients dénoncent un sabotage organisé. Les clients ne savent pas quoi faire pour avoir leur propre argent au moment où ils en ont le plus besoin.
Dans la capitale politique du Burundi, l’embellissement des abords des routes goudronnées vire au casse-tête pour de nombreux propriétaires de parcelles. Après avoir été contraints de paver devant leurs parcelles avec des pierres ou du ciment, ils se voient désormais ordonner de tout détruire pour poser des dalles de terrasse.
Plus qu’une simple saignée, c’est une hémorragie silencieuse : qui vide les salles de classe de la province de Gitega. Attirés par des salaires plus décents à l’étranger, les enseignants du secondaire quittent en masse les salles de classes, laissant derrière eux un vide pédagogique abyssal. Les parents appellent le gouvernement à réagir.
La capitale politique est confrontée à un paradoxe socio-sanitaire criant. Des autorités, s’appuyant sur des ordonnances ministérielles, multiplient les injonctions et les amendes pour traquer les citoyens qui se soulagent dans des lieux publics. Pendant ce temps, les latrines publiques sont soit quasi-inexistantes ou d’une salubrité dangereuse et avec un coût d’utilisation prohibitif pour une majorité d’habitants.
Le quartier est le théâtre d’une insalubrité récurrente qui provoque l’indignation. Loin des standards d’une ville moderne, ses routes à peine praticables sont défigurées par des puits perdus d’où débordent des eaux usées nauséabondes. L’administration à la base met en garde contre les pollueurs.
Le quartier est notamment connu pour ses dizaines de moulins et son rôle central dans la décortication du riz paddy et du manioc. Aujourd’hui, ces activités tournent au ralenti faute de courant électrique de la Regideso. Des milliers de familles s’interrogent sur comment elles vont désormais gagner leurs pains quotidiens.
Par peur d’être exposés au payement de la taxe sur la valeur ajoutée, beaucoup de commerçants hésitent toujours à utiliser la facturation électronique. Ils préfèrent laisser les clients qui exigent ce genre de factures. Quant aux clients, ils sont souvent confrontés aux contrôles de la police et des agents de l’OBR qui confisquent leurs biens et marchandises sans facture électronique.
Sur la colline Birohe, l’extraction clandestine des graviers, des pierres concassées ou des moellons commence à être contestée. Dernièrement, deux personnes ont été tuées dans un éboulement de pierres. Les habitants se retrouvent désemparés et leurs plaintes restent sans réponse.
Depuis longtemps un pont reliait les deux quartiers et facilitait la circulation. Aujourd’hui, il a été emporté par la pluie il y’a plus de deux ans. Après son effondrement, une petite coupure s’est agrandie et s’est transformée en un ravin infranchissable des deux côtés. Les habitants vivent désormais dans l’isolement obligés de faire de longs et pénibles détours pour passer d’un quartier à l’autre.
Il y’a presque une année qu’une grande partie de cet établissement scolaire a été détruite par des pluies et vents violents. Les responsables ont demandé refuge dans d’autres établissements scolaires voisins qui eux aussi peinaient à faire asseoir convenablement leurs élèves. Jusqu’aujourd’hui, les classes sont toujours éventrées malgré la rentrée scolaire qui approche.
Face à l’absence des auto-écoles, les aspirants conducteurs de Gitega se forment sur le tas. Les jeunes en particulier apprennent à conduire en observant les autres ou en prenant des risques inconsidérés. L’absence d’une formation adéquate conduit à une méconnaissance des règles de sécurité routière et augmente le risque d’accidents.
Sur le papier, les notables collinaires sont des femmes et des hommes qui incarnent la mémoire des collines, les garants de la cohésion sociale. Mais, derrière cette image respectée se cache une réalité plus sombre : menaces, pauvreté et absence de statut juridique. Ces figures indispensables à la vie communautaire lancent un cri d’alarme.