Dans la capitale politique du Burundi, l’embellissement des abords des routes goudronnées vire au casse-tête pour de nombreux propriétaires de parcelles. Après avoir été contraints de paver devant leurs parcelles avec des pierres ou du ciment, ils se voient désormais ordonner de tout détruire pour poser des dalles de terrasse.
Depuis quelques semaines, l’ administrateur communal mène une campagne sur la modernisation des abords de routes asphaltées qui traversent la ville. Les propriétaires de parcelles longeant ces axes sont sommés d’aménager la partie située entre la chaussée et leurs propriétés sous peine de sanctions et de fermeture de commerces. Une politique urbaine jugée brutale et coûteuse par des habitants déjà fragilisés financièrement. Dans un premier temps, les autorités locales avaient exigé le pavage avec des pierres ou du ciment. D’après beaucoup, de nombreux habitants s’y sont pliés, parfois en s’endettant pour éviter les sanctions annoncées : amendes, fermeture temporaire ou définitive de boutiques, voire cadenas posés sur les portes des commerçants récalcitrants.
« On nous a clairement dit que si on ne pose pas de pavés, on risquait de voir notre boutique fermée.J’ai dépensé tout ce que j’avais pour acheter des pierres, du ciment, payer la main-d’œuvre », déplore un boutiquier sous anonymat.
A peine les travaux terminés pour certains, une nouvelle consigne tombe : les pavés en pierres naturelles ne suffisent plus. L’administration communale exige désormais la pose de dalles de terrasse taillées de manière uniforme, assorties de plantes ornementales censées embellir les axes principaux. Conséquence : les installations réalisées à grand frais doivent être détruites. « On nous dit maintenant d’enlever les pierres qu’on a posées avec nos propres moyens, de tout casser pour mettre des dalles de terrasse », déplore un autre propriétaire, qui tient un petit débit de boissons. Selon lui, c’est incompréhensible.
Un contexte économique déjà difficile
Dans cette ville où une grande partie de la population vit du petit commerce et de revenus informels, la plupart parlent de la succession de travaux imposés qui pèsent lourd sur les budgets familiaux. Devant un bistrot, deux agents administratifs mettent un cadenas sur la porte. Le patron, bras ballants, regarde sans un mot. « Ils viennent de fermer», souffle un voisin, propriétaire d’un petit bistrot. On lui reproche de ne pas avoir commencé à poser les dalles devant sa parcelle. « Je n’ai pas fini de rembourser l’argent que j’ai emprunté pour acheter les pierres naturelles. Maintenant, on me demande de tout enlever et de recommencer avec des dalles qui coûtent 45 000 FBu un mètre carré », confie une propriétaire d’une petite épicerie, rencontrée devant sa boutique.
Pour beaucoup, ces dépenses viennent s’ajouter à un contexte économique difficile: hausse du coût de la vie et faibles revenus. Plusieurs propriétaires affirment avoir déjà dû réduire leurs stocks de marchandises ou licencier un employé pour faire face aux premières obligations de pavage. « C’est un drame qui s’ajoute à d’autres drames. Nous avons du mal à nourrir nos familles, à payer la scolarité des enfants. Et on nous impose des travaux très coûteux, sans aucune aide », résume un commerçant.
Face à ces critiques, le chargé du Département de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme à Gitega se veut catégorique : « Il n’y aura pas de négociations ni d’exemptions. Nous avons commencé par fermer les commerces et d’autres mesures punitives vont suivre pour les récalcitrants!»






Une bonne décision. s’ils ne sont pas capables, ils peuvent vendre à ceux qui sont capables. Tjrs des racourcis inutiles. Igisagara gitegerezwa kuba igisagara, abatabishoboye babise ababishoboye.
Faudrait arrêter de penser que les choses sont aussi simple. Ils sont obligés de créer ce genre de boutique parce que le moyen qui leur semble le plus accessible pour avoir des revenus décents pour leurs familles. De plus, la plupart de ces commerçants avaient déjà installé leurs boutiques bien avant que ces mesures soient mises en places. C est l État qui y aurait dû penser à tout cela bien avant. Est ce que donner un an ou plus à ces petits commerçants auraient changé quoi? Absolument rien. Entendre ce genre de mots me fait mal au cœur.
Est-ce que ces trottoirs sont construits sur des parcelles individuelles ou sur du terrain appartenant a l’Etat burundais.
Pourquoi est-ce que l’Etat construirait une route sans trottoir en ville?
Je crois que tout ce que l’Etat pourrait exiger est la proprete des differentes parcelles.