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Interview/ Ignace Ntawembarira : « Ceux qui donnent l’aumône aux mendiants freinent l’engagement de l’Etat »

25/07/2019 Clarisse Shaka Commentaires fermés sur Interview/ Ignace Ntawembarira : « Ceux qui donnent l’aumône aux mendiants freinent l’engagement de l’Etat »
Interview/  Ignace Ntawembarira : « Ceux qui donnent l’aumône aux mendiants freinent l’engagement de l’Etat »
Ignace Ntawembarira, directeur de l’enfant et de la famille au ministère des droits de l’Homme.

Depuis 2017, le gouvernement s’est engagé à réinsérer les enfants de la rue dans leurs familles. Rafles sur rafles… pourtant, ces mendiants regagnent les rues. Le point avec le directeur de l’enfant et de la famille au ministère des droits de l’Homme.

Quel est l’état des lieux de la réinsertion des enfants en situation de rue ?

Depuis le début de cette politique, en 2017, plus de 3300 enfants et plus de 1100 adultes, au niveau national, ont été réinsérés dans leurs familles.

C’est une tâche qui n’est pas facile et qui demande un temps assez long. Nous continuons jusqu’aujourd’hui. Mais nous sommes satisfaits du pas déjà franchi.

Ces enfants finissent par regagner les rues. N’y aurait-il pas manque de mesures d’accompagnement ?

Le chiffre de ceux qui retournent dans la rue est insignifiant. Si d’aventure, sur 50 enfants réinsérés, 5 regagnent la rue, ce n’est pas alarmant.

La réinsertion est accompagnée par certaines mesures : les centres de développement familial et communautaire (CDFC) font le suivi de ces enfants dans leurs familles. Et tous les trois mois, le ministère assiste en vivres les familles d’accueil de ces enfants.

De surcroît, le gouvernement a instauré, depuis mai 2018, la journée nationale de solidarité locale, célébrée chaque dernier samedi du mois de juillet. Elle consiste à collecter, sur toutes les collines du pays, argent, vivres et non vivres pour les distribuer aux vulnérables, y compris ces mendiants réinsérés.

Pourquoi le ministre des droits de l’Homme a interdit l’aumône donnée aux mendiants?

Cette mesure s’inscrit dans le cadre de cette politique de réinsertion. Donner un billet ou la nourriture à un mendiant, c’est l’encourager à revenir sur le même lieu, le lendemain. Car il sait qu’il va avoir quelque chose. Ce n’est pas mauvais, certes, d’avoir un cœur charitable. Mais il faut penser aux conséquences.

Toute personne qui veut les aider devra apporter cet argent ou tout autre bien chez les administratifs locaux. Ces derniers se chargeront de les distribuer aux vulnérables.

Etes-vous rassurés que cet argent parviendra à ces enfants ?

C’est le rôle des administratifs. Un administrateur a, entre autres, pour mission de protéger et garantir le bien des enfants. Sinon, il existe des associations et organisations qui contrôlent la gestion de ces biens collectés.

Comment se passe l’opération de réinsertion ?

Avec l’aide des assistants sociaux et la police, nous rassemblons ces enfants au centre d’encadrement « Enfants soleil » au quartier Jabe. Ils sont ensuite identifiés : milieu et famille d’origine, motifs de départ, etc. Une fois identifiés, ils sont transportés vers leurs provinces d’origine. Les CDFC et les administratifs les achemineront dans leurs familles.

Des défis ?

Le grand défi reste le fait que les gens n’ont pas encore compris que cette tâche de réinsertion n’incombe pas seulement au gouvernement, mais à tout le monde. Ces associations qui nourrissent les enfants en situation de rue ou leur donnent des billets freinent notre engagement.
Propos recueillis par Clarisse Shaka

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