Dimanche 20 juin 2021

Editorial

« Il peut faire mieux, il peut améliorer »

04/06/2021 0

« La fermeture du Bureau de l’envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies est certes une victoire du biceps pour Gitega mais un virage raté pour le peuple burundais, » estime un analyste politique. L’événement a suscité moults réactions, ce 31 mai. Mais c’est l’aboutissement d’un vieux souhait de Gitega. La fermeture formelle et sa liquidation étaient souhaitées au 31 décembre 2020 alors que le SG de l’ONU avait décidé de le prolonger jusqu’au 31 décembre 2021.

Par Léandre Sikuyavuga

Pour Gitega, la question ne se posait plus au lendemain d’un processus électoral « réussi », cette présence du bureau onusien n’était plus nécessaire. « La priorité est aujourd’hui à la lutte contre la pauvreté et au développement socio-économique. »

Mission accomplie ? Echec onusien ? C’est, selon. Pour rappel, depuis l’assassinat du président Melchior Ndadaye et ses proches collaborateurs le 21 octobre 1993, le Burundi est en proie à une crise politique profonde. Le Secrétaire général des Nations Unies d’alors Boutros Boutros-Ghali avait envoyé pour la première fois un envoyé spécial, Ahmadou Ould Abdallah, surnommé « guerrier pour la paix au Burundi », par le journal Libération.

Depuis lors, le système des Nations Unies s’est implanté au pays sous différentes appellations avec des mandats variés. Les moments forts de la présence des Nations Unies au pays se situent à la période des négociations de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi et surtout lors de sa mise en application.
Le Bureau de l’envoyé spécial du SG de l’ONU au Burundi avait été créé en 2016 au plus fort de la crise. Sa mission était, notamment, de « mener et coordonner les efforts politiques des Nations Unies pour promouvoir la paix et le développement durable au Burundi ».

Gitega a donc pris sa décision « souveraine et irrévocable » de le fermer. L’ONU, par le biais de l’envoyé spécial de son secrétaire général pour la région des Grands lacs, Huang Xia, a pris acte et s’est exécutée. En saluant par ailleurs « le gouvernement et le peuple burundais qui ont enregistré des progrès majeurs indéniables dans la consolidation de la paix et la réconciliation nationale depuis 2015…. Même si des défis persistent encore ».

Les politiques évaluent, critiquent et qualifient. Pour certains « le Bureau a échoué dans tous les aspects de ses missions ». D’autres se veulent plus nuancés : « L’envoyé spécial a toujours eu des bâtons dans les roues via les obstacles du gouvernement.»

Pour ma part, j’estime que ce n’est pas l’heure du bilan. A l’instar d’un professeur qui laisse un commentaire positif sur la copie d’un élève, même quand il a des doutes sur ses performances : « Il peut faire mieux, il peut améliorer… » Je me permets de faire mienne l’analyse de Huang Xia : « La consolidation de la paix, le développement et la réconciliation sont des entreprises de longue haleine qui exigent de la patience et de persévérance. »

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