Opinions

Homosexualité : un mal venu d’ailleurs ?

Vue insolite d’une rue de Bujumbura  ©J-M. N.
Vue insolite d’une rue de Bujumbura ©J-M. N.

S’il y a un sujet en Afrique qui déchaîne les passions, mis à part les questions politiques, c’est sans nul doute l’homosexualité. Confronté à ce phénomène embarrassant pour certains, effrayant ou rebutant pour d’autres, les Africains sont en définitive profondément divisés sur le sujet.

Le plus souvent l’homosexualité est jugée en fonction de valeurs religieuses ; il devient alors un comportement inspiré de Satan. Elle est aussi abordée par le truchement d’une connaissance psychologique et psychanalytique obsolète et elle est alors définie comme un comportement pervers. La chose serait encore relativement aisée à appréhender objectivement si les leaders politiques ne s’en étaient pas mêlés pour jeter encore plus de confusion en faisant voter des lois liberticides.

Pourtant, il y a un certain nombre d’idées reçues au sujet des lesbiennes et des homosexuels qui méritent d’être revisitées. Du moins pour les plus graves et les plus importantes :

L’homosexualité est une perversion satanique

Un comportement pervers est une pathologie tendant à accomplir des actes immoraux systématiquement. Les personnes qui s’engagent sur ce terrain placent l’homosexualité dans le débat religieux. Or, les questions religieuses relèvent de l’intimité, du privé. Ce qui est péché pour un musulman ou un chrétien peut ne pas être du tout un acte illégal répréhensible par la loi. Ne pas aller à la messe le dimanche pour un chrétien est un péché, mais la personne qui enfreint ce règlement religieux n’est en rien condamnable par la loi civile…

Si nous acceptons de laisser à césar ce qui est à César et à Dieu ce qui lui revient, il sera plus sage d’analyser ce qu’est l’homosexualité dans un cadre civil et laïque en se préservant de s’immiscer dans ce qui relève de l’organisation des communautés religieuses.

L’homosexualité n’existait pas en Afrique avant l’arrivée des Arabes et des Blancs

Les recherches les plus récentes attestent sans ambages l’existence du phénomène homosexuel tant chez les hommes que chez les femmes dans pratiquement toutes les sociétés traditionnelles de l’Afrique noire. Charles Guebogua écrit ceci à ce propos : « L’homosexualité dans l’histoire de l’Afrique est souvent perçue à travers divers modèles incluant tantôt les classes d’âge, tantôt les rites d’initiation, tantôt la compensation de la présence féminine ou masculine »

En réalité, c’est paradoxalement les Européens qui ont d’abord nié la présence du phénomène en Afrique parce qu’à leurs yeux des sociétés aussi primitives ne pouvaient s’adonner à des actes pervers de ce style qui nécessitent une civilisation plus sophistiquée. Les premiers missionnaires, qui ont décrit la sexualité des Noirs la dépeignaient plutôt comme plus apparentée aux animaux…

Aujourd’hui, les Africains ont pris à leur compte la négation de leur histoire héritée du colonialisme et exacerbée par les nouvelles religions importées. Du Kasaï, au Kenya, en passant chez nous au Burundi ; du Soudan à l’Afrique australe en passant par l’Afrique de l’Ouest partout l’homosexualité des hommes et des femmes est attestée dans l’ancien temps. Parmi les causes profondes de frictions entre les missionnaires anglicans et les pères blancs d’un côté et la cour du Kabaka au Buganda de la fin du XIXème réside cette question. Les jeunes convertis, désormais connus dans l’histoire comme les « martyrs du Buganda » avaient refusé leurs faveurs ((Il y avait aussi des querelles de pouvoirs entre les tenants de la nouvelle religion coloniale et l’ordre ancien en général… Lire avec intérêt le site suivant)) au Kabaka Mwanga qui les a tous fait massacrer.

L’homosexualité est une maladie ou tout au moins un fait de civilisation

L’homosexualité a toujours existé ici comme ailleurs, du reste, et le phénomène relève de l’inné plutôt que de l’acquis. Bien de parents vous diront que leur enfant a été élevé avec les autres et à peu près dans les mêmes conditions. Pourtant, l’un ou l’autre s’est révélé avec ces tendances homosexuelles dès le plus jeune âge sans que l’on puisse expliquer l’origine de ce comportement. Être homosexuel est normal, c’est comme avoir une peau claire ou foncée.

Le débat sur l’homosexualité devrait donc être repris par les citoyens et les parlements en Afrique pour être approfondi scientifiquement et sereinement afin d’éviter les dérives d’intolérance que nous constatons dans plusieurs pays.
Il s’agit de nos parents, de nos frères, de nos sœurs, de nos enfants qui ne demandent qu’à vivre librement parmi nous dans le respect de leur intégrité. Leur refuser cette considération citoyenne relève de la discrimination aussi inacceptable que le racisme.

Forum des lecteurs d'Iwacu

10 réactions
  1. Nzobona

    Fait moi rire, dans la zoophilie, peut tu me dire si les deux parties consernees sont consentante?

  2. Honest

    De ma part, je dirai que l’Africain/l’Africaine est un être de valeurs. Je ne rejette pas les homosexuels, mais que ce soit leur orientation ou pas, je les accueille comme des gens ayant des pathologies. Pour moi, ce sont des malades. Ça peut être leurs orientation sexuelles indépendante d’eux-mêmes et de leur volonté, et cela n’est pas crime. Raison pour laquelle je ne suis pas contre eux, mais je les accueille à l’instar de ceux qui ont des maladies héréditaires ou ceux qui sont nés avec une malformation physiques. Je ne déteste pas les homosexuels, mais je déteste leur pratique homosexuelle. Je crois que l’homme peut toujours s’adapter au lieu de se laisser dominer par ses fonctions sexuelles, physiques ou psychologiques: on peut toujours faire quelques choses; leur exclusion n’est pas la bonne solution, car c’est une vérité existentielle et sera toujours une réalité humaine.
    Faisons attention! Il ne faut pas copier aveuglement les socialistes français en disant que vous opter pour la liberté. Si on l’égalise le mariage ou l’union pour tous, cela veut que si quelqu’un s’unit sexuellement avec un homme ou une femme ou sa soeur ou sa mère ou son père, on doit applaudir pour encourager cela? Au nom de la liberté on peut tout se permettre? Une anomalie peut aussi être innée. Cependant elle n’est pas une excuse.
    Dans la commune de Buyenzi, un habitant (un congolais) a failli laisser sa peau car les voisins voulaient le frapper à mort parce qu’il a mangé la viande de son chien. Ensuite, il a été renvoyé dans son pays par la police car il n’a pas de papiers légaux de résidence, mais aussi parce qu’il a troublé l’ordre social en mangeant son propre chien. Alors, si manger un chien est une atteinte aux valeurs culturelles burundaises, les habitants ont le droit de réagir comme ils l’ont fait même s’ils ont exagéré. C’est pour dire que nous avons nos valeurs qui font notre identité. En voulant tout rationaliser on tombe dans le libertinage qu’on confond de la liberté. Pour moi, la rationalité et la raisonnabilité doivent aller ensemble. Je n’ai pas honte de mon identité et je ne serai jamais européen ou américain. A cause du copïsme aveugle, nous avons trop de problèmes en Afrique car nous avons perdu notre racine, notre identité, surtout nos valeurs: conséquence, on est suspendu avec un passé décousu et un futur incertain. Le séjour d’un tronc d’arbre dans l’eau ne le transforme jamais en crocodile.

  3. nibaryebatureke

    Mbe ivyo bintu ntibobigumiza iwabo twebwe bakatureka? Mpaka badusamburire nos sociétés bazimare? Quant au mariage homosexuel, ntiborondera irindi jambo mariage ikaguma ari mariage? Abo bantu bihebeye shetani n’ugukora contre nature ntiboreka abakiyoboka ivyo Imana yatunganije bakabigamburuka?

  4. Liberté

    En tout cas les pays développés comme les Etats Unis qui prennent des sanctions parce qu’un pays a voté une loi sanctionnant l’homosexualité sont à court d’arguments en matière des droits de l’homme.
    Il en est de même des parlements qui passent des semaines entières à débattre pour voter en faveur du ” mariage pour tous” , entendez le feu vert à l’homosexualité. Tout simplement c’est de la perversité et de la déchéance sociale.

    “Les premiers missionnaires, qui ont décrit la sexualité des Noirs la dépeignaient plutôt comme plus apparentée aux animaux…”
    “C’est paradoxalement les Européens qui ont d’abord nié la présence du phénomène en Afrique parce qu’à leurs yeux des sociétés aussi primitives ne pouvaient s’adonner à des actes pervers de ce style qui nécessitent une civilisation plus sophistiquée”
    du n’importe quoi!! et celle des blancs? Elle est apparentée à quoi?
    Dans tous les cas les animaux ne font pas de l’homosexualité…., est ce parce qu’ils ne sont pas civilisés comme les blancs et les noirs qui ont opté pour cette perversité???

  5. Ndarusanze Alain Didier

    je suis profondément et amèrement déçu de voir que c’est toi, homme politique et aîné, qui a une expérience tant académique, professionnelle et politique, écrire avec un tel manque de maturité littéraire, une telle pauvreté tant grammaticale qu’argumentaire. On dirait que les lettres que tu a tapé en rédigeant cet article sont des vérités universelles…. alors qu’elles sont démunies de références bibliographiques pour être considérées comme scientifiquement acceptables (je m’excuse mais c’est l’objectif que tu semble viser).

    Pour la prochaine fois, je conseillerais l’équipe de rédaction de IWACU d’évaluer profondément et avec rigueur scientifique la qualité des articles à faire paraître, surtout sur des sujets aussi sensibles dans nos société que ceux là (sous d’autres cieux, on passe par les comités de lecture (backstopping)).

    Merci

  6. Extraordinaire

    @Ngendahayo Jean-Marie
    “Ne pas aller à la messe le dimanche pour un chrétien est un péché, mais la personne qui enfreint ce règlement religieux n’est en rien condamnable par la loi civile…”

    N’importe quoi! Puisque la bible est la constitution des chrétiens, peux-tu m’indiquer là où c’est écrit que c’est un péché ? Dois-je comprendre que le reste de ton texte contient d’autres éléments d’information non vérifiés ? Sans rancune!

  7. sam

    abazungu batuzaniye bibiliya baratwigisha Imana. batuzanira yindi culture haba munyifato,munyambaro, mumvugo ivyo turabigana . kandi muriyo bibiliya homosexualite iri muvyaha bibi. ubu mugomba rero ibintu vyose abazungu batuzaniye tuzoze turavyemera ngo na ma droit de l homme . ama IVG yose ngo ni droit de la femme . kuberiki les africains bokwama bakwirikira la pensee occidentale comme si nibo biyumvira juste. jewe mvuga nti ivyobintu vya mondialisation turakwiye kuvyiyamiriza ,ivyo bintu abazungu biyumvira bonyene bagaca bagomba kuvy’imposant (du verbe imposer) isi yose. donc pour moi l homosexualite s est a bannir dans nos pays.

  8. BUTOYI

    J’aimerai poser une question à Jean Marie NGENDAHAYO. “Est-ce que pour vous par exemple la zoophilie est un comportement normal?” Je suis étonné à chaque fois d’entendre des gens relativiser sur l’homosexualité. Ça commence avec cette relativisation, demain ça sera la transsexualité ou la zoophilie qui sera considérer comme normale http://www.europe1.fr/International/L-Allemagne-interdit-la-zoophilie-1347701/.
    N’oublions pas que dans les années 80 l’homosexualité était considérée par l’OMS comme une maladie mentale????
    http://www.slate.fr/story/41351/homosexualite-maladie
    Qu’est ce qui a changé depuis??Je n’insulte personne, mais pourquoi aujourd’hui ça prend de l’ampleur et que ceux la même qui, au XXème Siècle pénalisaient l’homosexualité ont changé et veulent nous faire savoir que c’est “chose normale” comme d’ailleurs vous même vous nous le faites savoir “Être homosexuel est normal, c’est comme avoir une peau claire ou foncée.” Demain d’autres diront que la zoophilie est un comportement normal.
    @GISABO CA NTARE, c’est vrai que les problèmes que bon nombre d’africains font face ne sont pas liés à cela mais néanmoins nous ne devrions pas oublier que dans certains cas, certaines pratiques comme l’homosexualité sont à bannir; Ce qui m’étonne aujourd’hui, sous couvert de liberté,on commence à remarquer certaines gens qui vont loin avec ces comportements. OBAMA dernièrement à Dakar s’est fait le porte parole de la cause homosexuelle. Je suis contre l’assassinat de ces malheureux mais en aucun cas, ils ne devrait pas bénéficier d’aucun droit d’être homosexuel sinon celui d’être des êtres humains.

  9. GISABO CA NTARE

    Les dirigeants africains qui s’agitent autour de l’homosexualité ne sont que des populistes, menteurs et démagogues…. ! Toutes ces lois-là anti-homosexualité qu’on vote et qu’on signe en grande pompe en Ouganda et ailleurs ne sont qu’une tempête dans un verre d’eau à mon avis.
    En effet, les problèmes majeurs de l’Afrique et du Burundi ne sont pas l’homosexualité. Ces problèmes se nomment corruption, mauvaise gouvernance, violation des droits de l’Homme, pillage des deniers publics par les dirigeants qui s’accrochent indéfiniment au pouvoir et qui ne font rien pour que leurs populations puissent quitter la misère sans nom dans laquelle elles vivent depuis les indépendances de nos pays…. !!
    S’occuper de l’homosexualité comme un problème de société n’est qu’une diversion pour ne pas s’attaquer aux vrais problèmes de développement nationaux. Honte à ces dirigeants-là qui ne sont que des menteurs vis à vis des populations qu’ils sont censés représenter et développer…. !!!

  10. atos

    ndumiwe!!!!!

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