Dimanche 20 juin 2021

Environnement

Environnement – Sindayihebura : « Il faut tout simplement délocaliser les gens de Gatumba »

15/05/2021 4
Environnement – Sindayihebura : « Il faut tout simplement délocaliser les gens de Gatumba »
Professeur Bernard Sindayihebura, géographe

Depuis ce mercredi 12 mai, des crues de la Rusizi se sont accélérées. Beaucoup d’habitants se trouvent aujourd’hui sans abris. Le Professeur Bernard Sindayihebura, géographe, appelle aux actions concrètes. Rencontre.

Gatumba est de nouveau sous l’eau. Pourquoi ?

Cette situation est liée à la crue ou à la hausse du niveau du lac Tanganyika qui s’observe depuis 2018. C’est là que le lac a dépassé son niveau normal c’est-à-dire 775 m. Et aujourd’hui, je viens de mesurer, le lac se trouve à 776 m 58 cm c’est-à-dire à 1,58 m de plus.

Au niveau de la Rusizi, une grande partie de la plaine est sous l’eau. Parce qu’effectivement, l’eau de la Rusizi ne parvient pas à se jeter dans le lac Tanganyika.

En grande partie, c’est lié à cette période de crue qui s’observe depuis 2018. Nous sommes pendant la période de hausse. Et à mon avis, le cycle va se terminer cette année, pour après diminuer. Cette crue correspond à celle observée entre 61 et 64.

Que faire ?

Les gens de Gatumba en train de vider les lieux à cause des inondations

C’est un problème qui est très délicat. Je pense que le gouvernement est là. La Plateforme nationale pour la prévention et gestion des risques de catastrophes est là. Je pense qu’ils ont commencé à prendre en main cette question. Il faut tout simplement délocaliser cette population. Parce qu’il n’y a aucune autre solution.

Mais, les victimes proposent la construction des digues. Votre commentaire

Oui. C’est la solution à court terme. Tant que cette rivière ne sera pas endiguée ou canalisée, tous ces gens seront toujours vulnérables. Le site de Gatumba est toutes les années sous l’eau suite aux débordements de la Rusizi.

N’y auraient-ils des causes externes du Burundi ?

Exactement. Par exemple, dernièrement avec la reprise des travaux sur la Kiliba, en RDC, la petite Rusizi a été bouchée. Et une grande partie maintenant déversée par la même rivière qui porte son nom Kiliba, se jette dans la grande Rusizi.

C’est ça aussi qui est en partie, à l’origine des inondations. Donc, il y a des travaux qu’il faudra envisager au niveau de la petite Rusizi de curage pour essayer d’acheminer une autre quantité excédentaire dans le lac.

Donc, les solutions sont transfrontalières ?

Oui. Il y a ce qu’on appelle des études d’impact environnemental et social. Lorsqu’il y a des projets de ce genre, c’est ce qu’on appelle une étude transfrontalière. Donc, tous les pays bénéficiaires et qui ont des problèmes devraient se rencontrer pour trouver des solutions aussi ensembles. Mais, ici, pour la rivière Rusizi, si on ne l’endigue pas, les gens de Gatumba n’auront jamais la paix.

Propos recueillis par Rénovat Ndabashinze

Forum des lecteurs d'Iwacu

4 réactions
  1. Pce

    Il faudrait vers les experts néerlandais qui sont passés maître dans l’art de la gestion de l’eau et le terme est bien choisi. La construction des digues est une simpliste car la zone de l’imbo connaît aujourd’hui une montée des eaux , demain on pourrait parler de sécheresse, la question n’est pas aussi simple . Mais je vous préviens ça va coûter cher. Mais vaut mieux y penser maintenant que demain

    • Magara

      Pendant ce temps, ce qui presse pour l’Union européenne au Burundi, c’est accorder des aides à la presse!

    • Benit

      Je pense que tu as raison, le gouvernement devait tourner vers les experts neerlandais qui ont une tres grande experience dans la gestion des eaux.

    • Stan Siyomana

      @Pce
      1. Vous écrivez:
      “Il faudrait vers les experts néerlandais qui sont passés maître dans l’art de la gestion de l’eau…”
      2. Mon commentaire
      Le Burundi , la RD Congo, la Tanzanie et la Zambie ont déjà créé l’Autorité du Lac Tanganyika (ALT).
      “Le projet Lake Tanganyika Water Management (LATAWAMA), financé à hauteur de 6,9 millions d’euros par l’Union européenne, et mis en œuvre par ENABEL, l’Agence Belge de Développement, et l’Autorité du Lac Tanganyika (ALT), appuie les efforts déjà existants et consentis en matière de préservation des eaux du Lac Tanganyika et de ses affluents…”
      https://latawama.org/2021/05/10/projet-latawama-une-initiative-regionale-pour-la-preservation-des-eaux-du-lac-tanganyika/
      Comme le problème du Lac Tanganyika est énorme et régional, peut-être que le gouvernement du Burundi ne sera pas entendu s’il prend ses propres initiatives auprès des néerlandais et autres bailleurs de fonds (qui interviennent déjà dans le cadre of LATAWAMA par exemple).

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