Amer constat unanime. « Si le gouvernement ne « dévisse » pas un peu, c’est notre mort annoncée », clament-ils. Preuve que la situation devient intenable, dans certains bars, à l’instar d’Ingo Bar situé sur l’avenue Muyinga dans la commune urbaine de Mukaza. En deux semaines seulement, leur chiffre d’affaires a chuté de 80%. Une situation qui s’est déjà répercutée sur son personnel. Wallace, son gérant, confie qu’ils comptent diminuer leurs salaires. « On le fait malgré nous. Pour survivre, nous devons prendre de telles mesures ».
L’essentiel de sa clientèle étant attirée par le karaoké, il déplore que, même durant les weekends, ils ont à 50 personnes. « Imaginez croiser les bras pour avoir 50 personnes alors qu’avant la mesure, les weekends, on recevait plus de 400 clients ».
Même cas de figure qu’au snack bar Sky-Star se trouvant au quartier Kabondo. Egalement prisé pour son karaoké, le bar n’est plus que l’ombre de lui-même. « Les seuls clients viennent pour des anniversaires», lâche dépité un de ses responsables. Il y a quelques semaines, une situation difficilement imaginable. Plein à craquer tous les weekends, le tenancier soutient qu’ils dépassent à peine 50 clients. « Avant ladite mesure, la marge bénéficiaire oscillait autour des 2 millions de BIF, maintenant, avoir 300 mille BIF, c’est un casse-tête. Pour survivre, il faut ponctionner les dépenses». Conséquences, sur 40 employés, ils ont été contraints de mettre au chômage technique plus d’une dizaine de serveurs. « Sans oublier, la difficulté d’honorer les engagements vis-à-vis de certains de nos fournisseurs ».
Pour les chanteurs de karaoké, une situation difficile à vivre également. Seule gagne-pain pour la plupart d’artistes. Ils ne cachent pas que si rien n’est fait, ils risquent de se retrouver dans les rues en train de mendier. «Un mois à peine, dans nos mes ménages, c’est la galère. Imaginez dans trois mois ? », murmure un d’entre eux.
A l’unisson, chanteurs, propriétaires de bars-karaoké, implorent le gouvernement de revoir la mesure. « C’est notre Leta Mvyeyi (l’Etat responsable, NDLR), qu’il entende nos cris de désespoir. S’il faut qu’on réduise le nombre de nos clients à l’entrée, s’il faut qu’on redouble de vigilance par rapport au respect des gestes-barrières, nous le ferons. Mais de grâce, revoyez la mesure ! »