Interrogé sur les sanctions imposées par les États-Unis contre l’armée rwandaise et certains de ses responsables, et sur l’absence de mesures similaires de la part de la France et de l’Union européenne, le chef de l’État français a défendu une approche basée sur le dialogue. « Nous, nous défendons une position qui consiste à continuer de discuter avec toutes les parties prenantes avec une ligne assez simple ».
Le président français a détaillé quatre axes qu’il juge essentiels pour avancer vers la paix. « Un respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale pour la RDC, et donc retrait de toutes les forces d’ailleurs, elles ne sont pas que rwandaises qui sont présentes sur le sol congolais ».
Il a également appelé à une reprise du dialogue politique entre Kinshasa et le M23. « Deux, reprise du dialogue politique en RDC avec le M23, ce qui était d’ailleurs piloté par l’Angola ».
Emmanuel Macron a aussi insisté sur la nécessité pour les autorités congolaises de reprendre le contrôle de l’est du pays. « Trois, reprise du contrôle aussi par la RDC à l’est du pays, avec tout le travail qui est à faire sur les FDLR. Et quatre, lutte de tous, conjointe, contre les forces terroristes qui viennent menacer, pas simplement la RDC, mais tous les pays de la région ».
Il explique que, dans ce cadre-là, il croit davantage, durant cette période, à la reprise d’un dialogue efficace, « ce à quoi je pousse les deux Présidents, et à remettre les médiations tout autour de la table pour pouvoir avancer sur un projet conjoint qui consiste, sur ces quatre axes, à travailler ensemble ».
Concernant les relations entre Paul Kagame et Félix Tshisekedi, Emmanuel Macron a confirmé avoir rencontré séparément les deux dirigeants à Nairobi, précisant qu’ils n’étaient pas présents au même moment au sommet.
« Apaiser les tensions et remettre les dirigeants autour de la table »
Le président français a souligné le rôle central de l’Union africaine dans la recherche d’une solution politique au conflit. Selon lui, les médiations africaines doivent rester au cœur du processus, avec l’appui des partenaires internationaux, notamment les États-Unis et le Qatar.
« Ce dont on a besoin là, c’est que les deux dirigeants bâtissent un accord sur les axes que je viens de décrire et prennent les décisions successives pour rétablir complètement la souveraineté congolaise ».
Alors que certains observateurs estiment que l’implication croissante des États-Unis modifie les équilibres diplomatiques dans la région, Emmanuel Macron a relativisé cette lecture. « Les États-Unis semblent plutôt vouloir la paix et donc je ne pense pas qu’on puisse dire que le jeu soit faussé ».
Le recul qu’il dit avoir sur ce dossier le conduit également à affirmer que « beaucoup de gens sont successivement à la manœuvre et après beaucoup de gens finissent par arrêter d’être à la manœuvre et d’autres arrivent. C’est ça tout le problème. Il y a un accord de paix qui a été signé il y a quelques mois. Il n’y a pas totalement la paix, si on est honnête ».
Pour le président français, « il faut qu’on fasse collectivement attention ». Selon lui, l’engagement des États-Unis est une bonne chose. Il estime toutefois qu’il faut revenir sur les principes, apaiser les tensions et remettre les dirigeants autour de la table avec l’ensemble des médiateurs.
Emanuel Macron a cependant mis en garde contre une multiplication des sanctions visant Kigali, estimant qu’une telle approche pourrait compliquer davantage les efforts diplomatiques.
« En tout cas, je pense que si aujourd’hui tout le monde se précipite, parce que les Américains l’ont fait, à mettre le Rwanda au banc, il y a peu de chances qu’on convainque Kigali d’avoir une politique coopérative ».
Emmanuel Macron a réaffirmé sa préférence pour « un dialogue respectueux » impliquant les dirigeants de la région, notamment le Burundi et l’Ouganda, afin de parvenir à une solution concertée et durable dans l’est de la RDC.
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