I. Il n’en restera qu’un.
Sur douze nations qui n’ont qu’un seul nom à offrir à l’Afrique, sur douze drapeaux qui ne tiennent qu’à un seul homme, la CAF a choisi le sésame du Burundi. Son ambassadeur. Son seul et unique arbitre pour les grands rendez-vous continentaux : Pacifique Ndabihawenimana.
Le 18 novembre, au Caire. Quand le soleil d’Égypte écrasera ses pierres millénaires, trente-cinq hommes entreront dans un cercle fermé. Trente-cinq sifflets, trente-cinq destins, triés sur le volet par la Confédération Africaine de Football pour officier les phases de poules de la TotalEnergies CAF Champions League et de la Confederation Cup. Et parmi eux, un Murundi.
Ce n’est pas une convocation. C’est une consécration.
II. L’aube d’une révolution.
Car cette année, l’histoire bascule. Pour la première fois, la VAR s’invite dans la phase de groupes. L’œil de verre qui ne pardonne rien, qui dissèque le hors-jeu au millimètre, qui juge l’intention dans un ralenti. Pour la première fois, il faudra être plus qu’un arbitre : il faudra être un juge, un géomètre, un gardien du temps moderne.
Et la CAF l’a dit : 76 élus au total. Des centraux, des assistants, des hommes du VAR. Une élite. Une aristocratie du sifflet.
III. Un nom qui suffit.
Et dans cette aristocratie, le Burundi ne pèse qu’un seul nom. Mais quel nom !
Pendant que la Somalie envoie Omar Artan, le Tchad Mahamat Allaou, la Tanzanie Ahmed Arajiga, le Sénégal Sy Issa, le Rwanda Uwikunda Samuel, la Tunisie Melki Mehrez, l’Ouganda Lucky Kasalirwe, la RDC Jean-Jacques Ndala, le Ghana Daniel Laryea, la Zambie Hillary Hambaba, le Zimbabwe Chimene Brighton… le Burundi, lui, n’a que Pacifique. Et cela suffit.
Car il ne part pas apprendre la VAR. Non. Le Burundi fait partie de ces douze pays dont aucun arbitre ne touchera à la cabine vidéo. Il part apprendre à mieux voir sans elle. À juger juste, à l’œil nu, à l’instinct, à l’autorité. À l’ancienne, comme les grands.
IV. Le sifflet d’un peuple.
C’est toute la beauté de l’histoire. Là où d’autres auront besoin de la machine pour exister, lui ira avec son seul regard. Avec ce calme qui le caractérise, cette prestance qui a fait de lui un international respecté du Caire à Johannesburg.
Du 18 au 23 novembre, sous le ciel du Nil, il ne représentera pas seulement une fédération. Il portera un peuple. Un peuple qui n’a qu’un seul sifflet, mais qui siffle juste.
Pacifique Ndabihawenimana. Le seul Burundais. Et c’est déjà immense.
Patrick Sota
Forum des lecteurs d'Iwacu
Charte des utilisateurs des forums d'Iwacu
Merci de prendre connaissance de nos règles d’usage avant de publier un commentaire.
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Tout propos incitant à la haine, à la violence ou à la discrimination est strictement interdit.
Iwacu se réserve le droit de supprimer tout commentaire non conforme à la charte.