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Le Bridep pour booster le secteur agropastoral

Développer la riziculture, la culture du maïs, l’aviculture et la porciculture, … Tels sont, entre autres, les objectifs du projet de développement intégré Burundi-Rwanda (Bridep). La composante Burundi a été lancée le jeudi 15 octobre 2026, à Bubanza de la province de Bujumbura. Les bénéficiaires jubilent.

C’est sous le thème « Faisons face aux changements climatiques, augmentons la production et vendons sur le marché régional et international! » que le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage a procédé au lancement officiel du projet. Le financement s’élève à 128 millions de dollars, selon Bonaventure Gakukwe, son coordonnateur. « Il est réparti comme suit : 75 millions pour la Banque africaine de Développement et 50 millions de dollars pour le Fonds international de développement. »  A cela s’ajoute,  134 millions de dollars de la part du gouvernement. Les bénéficiaires vont contribuer entre six et sept millions de dollars.

Le projet vise à développer la culture du maïs et du riz ainsi que l’élevage des poules et des porcs, a souligné Léonard Butoyi, assistant au ministère de tutelle. « Le projet Bridep jouera un rôle important dans le développement des activités agricoles et d’élevage résilients aux changements climatiques, notamment grâce à l’amélioration de l’aménagement des marais et des collines surplombant ces derniers dans la province de Bujumbura.»

D’après lui, il est prévu également des actions de conservation et de transformation des récoltes, le développement des industries de transformation des produits agricoles, la création d’emplois ainsi que la réhabilitation et l’aménagement des routes facilitant l’acheminement des produits vers les marchés.

En ce qui est de l’aménagement des marais, il a évoqué les activités d’aménagement de trois marais irrigués couvrant une superficie totale de 1 735 ha. Il s’agit du marais de Randa avec 440 ha, de celui de Gifurwe qui s’étend sur 585 ha  et de celui de Bugoma mesurant 610 ha. Le projet prévoit également l’aménagement des collines escarpées de la province de Bujumbura sur une superficie totale de 9 199 ha.

Butoyi a par ailleurs précisé que les bénéficiaires seront issus de 120 mille ménages dont 80 mille dans la province de Bujumbura et 40 mille dans la province de Gitega. Au total, 600 mille personnes seront touchées.

Parmi les bénéficiaires, 50 % seront des femmes et 30 % des jeunes. « Les bénéficiaires seront sélectionnés parmi les ménages d’agriculteurs et d’éleveurs disposant de faibles moyens financiers et rencontrant des difficultés d’accès aux crédits », a-t-il précisé.

Un message de remerciement a été aussi adressé aux financiers du projet. « Nous exprimons notre gratitude aux organisations internationales partenaires qui ne cessent d’apporter leur soutien au Burundi dans ses efforts de développement, en particulier la Banque africaine de Développement (BAD) qui a financé la mise en œuvre du projet Bridep ainsi que d’autres projets. »

Et la transformation économique

Pour sa part, Diawara Mouna, représentante de la BAD au Burundi, a indiqué que le Bridep est avant tout un projet de transformation économique. « Il contribuera à développer des chaînes de valeur agricoles plus compétitives, à promouvoir l’agro-industrialisation et à créer des opportunités économiques durables pour les populations rurales. A travers le développement des filières prioritaires, l’appui à l’entrepreneuriat agricole, les investissements dans la transformation et de la commercialisation, le projet devrait contribuer à la création d’environ 22 mille emplois dont une part importante bénéficiera aux jeunes et aux femmes.» 

Diawara Mouna : « Le Bridep est avant tout un projet de transformation économique. »

Elle fait aussi savoir que le projet appuiera également le développement de deux agropoles à Cibitoke et à Karusi. « Ces agropoles contribueront à renforcer les liens entre la production, la transformation, la commercialisation et les marchés tout en stimulant l’émergence d’un tissu d’entreprises agricoles et agroalimentaires compétitives.»

Elle a ajouté que le Bridep intervient dans une région stratégique pour l’intégration régionale. « En améliorant la production agricole, les infrastructures économiques et les capacités de transformation, le projet contribuera à renforcer les échanges commerciaux entre le Burundi et les autres pays de la région. Il favorisera une meilleure insertion des producteurs dans les marchés régionaux et créera de nouvelles opportunités commerciales dans l’espace de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la zone de libre-échange continentale africaine.»

D’après elle, cette dimension régionale est au cœur même de la philosophie du Bridep. « Produire davantage, transformer localement davantage et commercer davantage pour créer plus de valeur et plus d’emplois sur notre continent.»

Mme Mouna a rappelé que le Bridep s’inscrit pleinement dans les ambitions du Sommet de Dakar 2 sur la souveraineté alimentaire au cours duquel les pays africains ont adopté des engagements ambitieux visant à transformer les systèmes alimentaires africains, renforcer la résilience des producteurs et faire de l’agriculture un moteur de croissance économique, d’emplois et de prospérité.

Les bénéficiaires sont très contents

« Vraiment, on ne voit pas comment dire merci. Nous les riziculteurs, nous sommes très contents. En tout cas, nous allons avoir une bonne et meilleure production », se réjouit Riziki Nibitanga, 22 ans, une rizicultrice rencontrée à Bugoma.  D’après elle, ils avaient de sérieux problèmes à avoir de l’eau suffisante pour irriguer les champs.

Radegonde Kabura, cultivatrice et mère de six enfants ne cache pas aussi sa satisfaction. « Le projet vient à point nommé. En effet, beaucoup d’espaces rizicoles s’asséchaient suite au manque d’eau d’irrigation. » Ce qui provoquait la baisse de la production. Avec Bridep, elle espère que les cultivateurs vont même pratiquer d’autres cultures vivrières.

Elle espère aussi que les espaces cultivables rizicoles vont s’étendre. « Tous ces espaces avaient été abandonnés parce qu’il n’y avait pas assez d’eau pour irriguer. Mais, aujourd’hui, ces hectares vont être valorisés et exploités. »

Pour sa part, Fulgence Ngendakumana, 36 ans, apprécie comment les canaux d’irrigation sont bien aménagés. « Ils sont construits en matériaux durs et sont larges. Ce qui permet la circulation aisée d’une grande quantité d’eau pour irriguer. » Il ajoute qu’en plus de la production agricole, les gens vont avoir des emplois.  « Je ne doute pas que dans la mise en exécution du projet, beaucoup de gens vont avoir d’emplois surtout les jeunes et les femmes. Des formations seront aussi faites et l’élevage des poules et des porcs va aussi être développé. » 

D’après lui, cela permettra à beaucoup de familles d’avoir des sources de revenus supplémentaires.  « Avec l’argent, elles pourront alors initier d’autres mini-projets, envoyer les enfants à l’école, se faire soigner, etc. Bref, ce projet nous est très salutaire. »

Provinces et communes concernées

- Bujumbura : Bubanza, Bukinanyana, Cibitoke, Mpanda, Mugina et Ntahangwa - Gitega : Bugendana, Karusi, Kiganda, Gishubi, Gitega, Muramvya, Mwaro, Nyabihanga et Shombo

Résultats attendus

- Hausse des rendements agricoles : Riz : de 3,5 à 5,5 tonnes par ha ; Maïs : de 1,5 à 4,5 tonnes par ha. - Production animale en hausse : Viande porcine : de 12 mille à 24 mille tonnes par an ; Œuf : de 4,47 à 26,5 millions par an ; Viande de volaille : de 2 500 à 5 mille tonnes par an. - Emplois créés : 14 600 emplois dans les infrastructures dont 5 840 pour les femmes ; 5 mille emplois dans le secteur privé dont 2 500 pour les femmes et 1 500 pour les jeunes. - Doublement des revenus saisonniers Dans les chaînes de valeur maïs, riz, porc et volaille

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