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Ruyigi/Réfugiés congolais du camp de Busuma : « Qu’on nous laisse rentrer ! »

Le souhait des réfugiés congolais du camp de Busuma en commune Ruyigi, province Buhumuza est de pouvoir regagner leur patrie, ce vœu est sur toutes les lèvres. Ce vendredi 14 août une délégation de hautes personnalités dont le Chef de la diplomatie burundaise, le haut représentant de l’UA, le Groupe des diplomates africains, des humanitaires, … y a effectué une visite. Une occasion pour ces réfugiés de faire entendre leur calvaire et d’exprimer leur volonté de rentrer.

« Ici, tout le monde demande à rentrer dans notre pays, la RDC, mais les gens de l’ONAPRA, ceux qui gardent notre camp, ne veulent pas que nous retournions au Congo. Je ne sais pas pourquoi », a confié Delphin, un enseignant congolais, réfugié à Busuma.

Il déplore les conditions de vie très précaires : « Ici, les gens vivent comme du bétail. Nous n’avons pas des tentes, pas de nourritures et quand on tombe malade, Dieu seul sait la suite ».

Pire encore, cet homme, a indiqué que même l’assistance n’existe presque plus. D’après lui, aujourd’hui, chaque réfugié reçoit une assistance financière de 13 mille BIF à gérer pendant tout un mois. « A cela s’ajoute 1kg de farine par personne et pour tout un mois, quelques grammes de sel, etc. Comment est-ce possible de vivre avec cela ? C’est terrible ».

Très remonté, un autre réfugié congolais interrogé demande qu’on arrête même cette assistance qui n’en est plus une. Sa plaidoirie est claire : « Ne nous voulons plus de ces aides. Qu’on amène beaucoup de camions et qu’on nous ramène chez nous ».

Interrogé s’il ne craint pas la guerre qui sévit encore dans certaines localités de l’est de la RDC, sa réponse est tranchante : « Vaux mieux mourir par balles au lieu de mourir de faim et de froid ici, devant nos enfants. Nous allons nous battre pour notre pays ». 

La sécurité d’abord

Visite du chef de la diplomatie burundaise, des ambassadeurs africains, des humanitaires au camp de Busuma

S’exprimant après une visite dans ce camp, le chef de la diplomatie burundaise, Edouard Bizimana a appelé ces réfugiés à la patience : « Votre sécurité importe plus. Personne ne peut s’engager à envoyer des gens dans des zones où il y a encore des affrontements. Cela va prendre bien sûr du temps mais je pense qu’il faudrait aussi nous comprendre. Votre sécurité, vos vies importent plus ». 

Reconnaissant que les conditions de vie dans ce camp sont très difficiles, il a souligné que le Burundi est pour le retour de la paix en RDC. « Le gouvernement du Burundi travaille en étroite collaboration avec ses partenaires, le gouvernement congolais et le HCR. Il  soutient toutes les initiatives de paix. Toute initiative qui viendrait renforcer la paix, ramener la paix à l’est de la RDC, le Burundi soutiendra cela toujours ». 

Le HCR aussi met en avant le retour de  la paix avant d’enclencher le mouvement de rapatriement massif.  Brigitte Eno-Mukanga, représentante du HCR au Burundi a annoncé que la réunion tripartite de Kinshasa (HCR, Burundi et RDC) a seulement autorisé le retour vers des zones sécurisées.

« Nous avons commencé le rapatriement au mois d’avril. Maintenant, nous sommes presque à 13 mille personnes qui sont déjà partis. Chaque semaine, nous organisons des convois d’environ 1000 personnes. Parce que jusque-là, c’est notre capacité maximale ».

D’après elle, l’ensemble de la Communauté internationale ne peut pas s’engager à envoyer les gens là où il y a encore des combats. « C’est pourquoi nous allons y aller progressivement ».

Notons qu’en signe de solidarité avec ces réfugiés, ce groupe des diplomates africains ont amené à Busuma une assistance matérielle d’une valeur de 50 millions BIF.

Pour pouvoir assister ces réfugiés, les besoins sont évalués à hauteur de 33,2 millions de dollars américains selon l’appel à fonds lancé en décembre 2025.  Dans une interview accordée à Iwacu, Brigitte Eno-Mukanga, représentante du HCR au Burundi a signalé que cette Agence onusienne est encore à 30 % de la mobilisation, plus de six mois après ses appels.

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