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Commune Gitega : Les éleveurs de lapins face à mille et un défis

Manque d’encadrement et de vétérinaires spécialisés, une mauvaise hygiène et une alimentation inadaptée entraînant la mort de lapins… Quelques-uns des défis qui hantent les éleveurs de lapins dans la commune et province de Gitega. Malgré ces défis, certains éleveurs affirment que la cuniculture reste une activité génératrice de revenus.

Des lamentations de certains éleveurs de la colline Rutegama, commune et province de Gitega fusent. Ils ne savent pas à quel saint se vouer. Ils dénoncent l’apparition des maladies dont ils ignorent l’origine.

« Nos lapins souffrent souvent d’une alimentation inadaptée ce qui explique le nombre élevé de décès enregistrés. La plupart des décès concernent les lapereaux car nous ne sommes pas suffisamment formés sur leur alimentation et leur élevage », se lamente Laetitia Harushimana, une habitante de la colline Rutegama, commune Gitega sans toutefois donner le nombre de pertes déjà enregistrées.

Elle demande aux autorités concernées de déployer dans les collines et zones des techniciens vétérinaires spécialisés afin d’encadrer et accompagner les éleveurs de lapins dans la prévention et le traitement de ces maladies.

De son côté, Donatien Manirambona, sous-colline Mujejuru, évoque les difficultés liées à la construction des clapiers pour héberger les lapins. Selon lui, faute de moyens suffisants, certains éleveurs construisent des clapiers non adaptés ne facilitant pas d’assurer une bonne hygiène des lapins.

Il informe que la construction d’un clapier remplissant les normes peut coûter autour d’1 million BIF, une somme qui, selon lui, un simple éleveur ne peut pas facilement se procurer. « Suite à l’exiguïté des clapiers, des maladies attaquent nos lapins causant même leur mort ».

Suavis Ihorihoze, membre du conseil de quartier Mugutu fait savoir que la population a adhéré massivement à la cuniculture. Cependant, elle déplore les pertes déjà enregistrées par les éleveurs. « Faute de formation et d’encadrement sur cuniculture, certains éleveurs nourri leurs lapins avec des herbes mouillées ceci qui a entraîné la mort de plusieurs lapins. »

Quelques progrès

Certains éleveurs de lapins indiquent avoir débuté la cuniculture avec un petit capital parfois en achetant un seul lapin. Aujourd’hui, ils se réjouissent du pas déjà franchi attestant que cet élevage leur a permis de subvenir aux besoins de leurs familles.

« J’ai commencé la cuniculture l’année passée avec un seul lapin. Ce dernier a mis bas 7 lapereaux. Je les ai mis ensuite dans une lapinière aménagée et ils se sont multipliés et actuellement j’en compte une trentaine. J’ai même acheté une chèvre », témoigne Jérémie Hakizimana rencontré au marché de Gasunu, zone Kiriba.

Même satisfecit du côté de Cynthia Manirankunda qui dit avoir débuté la cuniculture dès son enfance à l’âge de neuf ans. Elle se réjouit des projets déjà réalisés grâce à la cuniculture.

« Maintenant j’ai 19 ans. A l’époque, j’avais acheté un seul lapin à 2 mille BIF seulement. Après, grâce à cet élevage, j’ai acheté une poule puis une chèvre.  Plus tard, j’ai pu acheter une parcelle d’une valeur d’1 million de BIF »

Malgré ces succès, ces éleveurs témoignent eux aussi que le manque de compétences techniques combinées à l’insuffisance des sensibilisations a entraîné la mort de plusieurs lapins.

Quid des normes d’un clapier ?

Eric Vyumvuhore, 37 ans, de la colline Rutegama, est un éleveur jouissant d’une expérience de 16 ans. Il explique les normes à suivre pour construire une lapinière.

« Nous savons tous que la largeur d’une tôle est de 90 cm. C’est la longueur de cette tôle que l’on divise par 5 ce qui donne 60 cm. Ainsi, la cage d’un lapin mesurera 90 cm sur 60 cm. Nous utilisons la largeur de la tôle pour bien implanter la lapinière ».

Selon lui, il est important de séparer les lapins afin d’éviter que les mâles de s’accouplent pas avec leurs propres petits ou bien que les lapins d’une même espèce ne s’accouplent pas entre eux. Cette pratique permet de prévenir la consanguinité et de préserver la bonne santé des générations futures.

Il ajoute que le fait de séparer les lapins en mettant les mâles d’un côté et les femelles de l’autre favorise une meilleure croissance et facilite leur gestion.

Par ailleurs, cet éleveur chevronné insiste sur l’importance d’une alimentation adaptée. « A partir de 14 jours, les lapereaux commencent à manger. Beaucoup d’éleveurs les nourrissent avec de l’herbe mouillée, des choux. Pourtant, à ce stade, les lapereaux devraient consommer des granuleux riches en vitamines, en sels minéraux et en autres nutriments essentiels ».

Il fait savoir que c’est à ce stade que beaucoup de lapereaux meurent à cause d’une alimentation inadéquate. Il est donc préférable de leur donner des granuleux le matin et de l’herbe sèche le soir.

En outre, cet éleveur modèle recommande la prise en charge d’une femelle qui vient de mettre bas. « Nous ne pouvons pas installer une femelle qui vient de mettre bas dans une cage sur le dernier étage car son suivi sera difficile ».

Selon lui, il est préférable de le placer dans une cage située au rez-de- chaussée afin de pouvoir intervenir en cas de problèmes. « Les lapereaux restent pendant deux mois dans la cage où ils sont nés. Ensuite, on sépare les mâles des femelles ».

La DPEAE déplore le manque d’hygiène

Hubert Muhoza : « Le manque d’hygiène et une alimentation inadaptée sont les causes majeures des maladies des lapins »

Selon Hubert Muhoza, responsable de l’élevage et de l’halieutique à la Direction du bureau provincial de l’environnement, agriculture et élevage (DPEAE) à Gitega, le manque d’hygiène et une alimentation inadaptée sont les causes majeures des maladies des lapins.

« Beaucoup d’éleveurs de lapins ne savent pas que les lapins boivent de l’eau. Ils donnent des tourteaux granuleux, des herbes mouillées de toute sorte à ces lapins ».

Par conséquent, fait-il observer, si on nourrit les lapins avec des herbes mouillées, cette alimentation peut causer des constipations, des ballonnements des ventres, des diarrhées hémorragiques.

Ce responsable de la santé animale fait savoir que la cage d’un lapin doit être bien aérée afin d’assurer son bien-être et de maintenir un environnement sain.

« Les lapins sont des animaux très fragiles. Nous appelons les éleveurs de lapins à espacer les cages et à offrir à ces animaux un environnement propre bien aéré afin de prévenir les maladies et d’améliorer leur bien-être ».

Muhoza évoque aussi l’insuffisance de techniciens vétérinaires spécialisés. « Dans la province de Gitega, beaucoup de zones n’ont pas de techniciens vétérinaires compétents. Comme remède, nous faisons recours auprès des privés ».

Toutefois, en cas de maladies, il conseille aux éleveurs de consulter le technicien vétérinaire le plus proche.

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