Notre journaliste Jean Bigirimana porté disparu depuis 3671 jours. Nous ne l'oublions pas.

A Ruyigi, près de la moitié des recettes communales sont agricoles

Sur un budget de 968 277 968 BIF pour l’exercice 2025-2026, 482 352 920 BIF devraient provenir de l’agriculture et de l’élevage selon le secrétaire exécutif communal de Ruyigi en province de Buhumuza. Il l’a annoncé lors d’une Tribune d’expression populaire (TEP) organisée au chef-lieu communal en mai dernier, par la radio Bonesha FM, en partenariat avec l’ONG La Benevolencija.

« Plus de 85% de notre population vit de l’agriculture et de l’élevage. Ce qui rend très important ce secteur primaire dans la vie de notre commune et dans la contribution aux  recettes communales. Jusqu’en avril, on avait déjà collecté 358 257 454 BIF », a précisé Sévérin Ndakazi, secrétaire exécutif de la commune Ruyigi.

Composée de neuf zones, la commune a 235 723 habitants précise-t-il avant d’ajouter que sa superficie est de 979,38 km2 et sa densité de 240 hab. /km2.

Organisée autour du thème central : « Comment booster le secteur agricole en commune Ruyigi », cette TEP a vu la participation d’un autre paneliste, à savoir Fiacre Nkunzimana, secrétaire du Conseil communal de Ruyigi. Les électeurs étaient représentés par des étudiants de deux institutions universitaires de la circonscription.

« Quelle est la situation de l’agriculture dans notre commune ? », a ouvert la série des questions Venant Ndayemeye, étudiant.

De son côté, Léonie Runona, une étudiante, est revenue sur le bilan semestriel de la production agricole à Ruyigi. « Et qu’en est-il de l’étendue des espaces cultivables », a lancé, à son tour, Alberic Niyonsaba, un autre étudiant. Au nom des agri-électeurs, ces étudiants ont évoqué aussi la question de l’encadrement des agriculteurs. « Nous savons qu’il y a des moniteurs agricoles qui ont été choisis sur les collines. Mais, nous ne les voyons pas. Des agriculteurs se lamentent comme quoi ils n’ont pas d’encadreurs sur le terrain. Ces moniteurs sont-ils réellement en train de travailler ? », a soulevé Théopiste Ininahazwe.

A son tour, Enock Ndayikengurukiye, un autre étudiant, est revenu sur la problématique de la disponibilité des fertilisants. « Qu’est-ce que notre commune est en train de faire pour résoudre ce problème ? Qu’est-ce qu’elle propose aux agriculteurs ? »

Des moniteurs démotivés

« Nous avons des moniteurs agricoles. Mais, nous ne sommes pas contents de leurs prestations. Ils s’occupent surtout de leurs propres champs et activités au lieu d’encadrer les agriculteurs. Ce qui diminue la production agricole », a avoué M. Ndakazi. Selon lui, ce comportement serait lié au fait que leur salaire est bas. « Vraiment, ils n’attachent pas beaucoup d’intérêt au suivi des agriculteurs. »

Néanmoins, il reconnaît que quand un agriculteur a individuellement besoin d’un moniteur, il peut le contacter. « Ce dernier peut venir te montrer comment organiser ton champ. Je dois aussi avouer que nos agriculteurs ne sont pas très intéressés pour aller se renseigner auprès d’eux afin d’améliorer leurs techniques culturales. »

A propos des fertilisants, M. Ndakazi a souligné qu’il y a un problème sérieux de ce côté. « Avant, on nous disait que Fomi produisait  une quantité suffisante. Mais, quand les agriculteurs partent chercher les engrais chimiques, il y a de longues files d’attente et ils rentrent souvent  bredouilles. »

Il nuance toutefois que la faute ne revient pas totalement à la seule entreprise Fomi. En effet, a-t-il expliqué, après des enquêtes, il a été constaté qu’il y a des commerçants spéculateurs. « Ils se font enregistrer sous plusieurs noms et ils ont même des commissionnaires parmi les agriculteurs. Ils reçoivent beaucoup de quantités qu’ils revendent après à un prix exorbitant. »

Il a par ailleurs rappelé que l’Etat a mis un capital dans la production des fertilisants pour qu’un agriculteur puisse en avoir à un prix abordable. D’après lui, un sac acheté à 31 mille BIF est revendu à plus de 100 mille BIF en Tanzanie.  « Nous devons conjuguer nos forces pour traquer ces spéculateurs. »

Fiacre Nkunzimana a lui aussi reconnu que la disponibilité des fertilisants est une question très pertinente. « Les agriculteurs paient des avances mais au moment du semi, ils ne sont pas servis. Ils sont alors contraints de semer sans fertilisants. Ce qui a une incidence sur la production. »

En attendant une solution durable, il conseille aux agriculteurs d’élever des animaux domestiques comme les chèvres, les poules, les porcs, les lapins, etc.  « Avec ces petits animaux, on peut avoir du fumier et augmenter la production sans faire recours aux engrais chimiques qui sont même nuisibles au sol. »

En ce qui est des espaces cultivables, M. Ndakazi a fait savoir qu’il est difficile de donner des précisions sans une enquête y relative préalable. Seulement, il a souligné que plusieurs cultures vivrières sont trouvables à Ruyigi. Il s’agit, entre autres, du maïs, du haricot, de la patate douce, de la banane et de la colocase.

Que faire ?

Le maïs est une des cultures vivrières très cultivées à Ruyigi. »

En vue de booster la production agricole, M. Ndakazi a énuméré certaines actions que la commune est en train de mettre en œuvre.  « Nous sommes en train de sensibiliser les agriculteurs afin d’améliorer les techniques culturales. Il faut qu’ils apprennent à exploiter un petit espace mais de façon moderne. Ce qui passe par l’utilisation du fumier et  des semences sélectionnées, etc. »

Afin de résoudre le problème des fertilisants de la Fomi, il souligne que désormais, chaque ménage de Ruyigi doit avoir au moins trois fosses composts pour la production du fumier organique.

D’autres activités visent à lutter contre l’érosion en traçant les courbes de niveau ainsi qu’en plantant des herbes fixatrices et fourragères.  « Nous accordons aussi une grande attention à la lutte contre les feux de brousse qui détruisent notre environnement et nos sols. »

De son côté, Fiacre Nkunzimana ajoute qu’on est en train de penser aussi à la mécanisation agricole.  « Ce qui va aider ceux qui ont de grandes propriétés agricoles ».  Il a en outre annoncé qu’un projet d’installation des centres de production des semences est en cours d’étude.

Forum des lecteurs d'Iwacu

0 commentaires
Aucun commentaire pour le moment.

Charte des utilisateurs des forums d'Iwacu

Merci de prendre connaissance de nos règles d’usage avant de publier un commentaire.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Tout propos incitant à la haine, à la violence ou à la discrimination est strictement interdit.

Iwacu se réserve le droit de supprimer tout commentaire non conforme à la charte.

Ajouter un commentaire

MENU