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Unification du taux de change : le leitmotiv du FMI

Ce n’est pas encore un ultimatum encore moins un ordre mais cette recommandation du Fonds monétaire international de mettre un terme au double taux de change, répétée à chaque fin d’audience chez les plus hautes autorités, n’est plus au niveau des souhaits ou des conseils à classer sans suite.

Comme une résultante, elle relève de rapports d’experts, d’enquêtes fouillées, d’études et d’analyses minutieuses et de conclusions sans appel de la situation économique réelle prévalant dans le pays.

Et les prophètes burundais de la bonne gouvernance et d’un Etat de droit ne cessent de relayer cette recommandation d’unifier les taux de change pour le salut de l’économie du pays.

Ces hérauts n’hésitent pas à se joindre à d’autres voix citoyennes pour réitérer, à en perdre haleine, comme une litanie salvatrice à qui veut l’entendre, cette exhortation qui ne semble pas encore à l’agenda des décideurs.

Au vu de ce qui précède, faut-il paraphraser la célèbre citation d’un de ces crieurs qui semblent prêcher dans le désert que ’’les corrompus sont devenus plus forts que l’Etat’’, et oser dire que ’’les profiteurs du double taux de change sont devenus plus forts que l’Etat’’ ?

Une chose est sûre, cette mettre fin à cette dualité est une nécessité urgente pour remédier aux déséquilibres macroéconomiques.

L’écart entre le taux officiel et le marché parallèle s’entête et ne cesse de se creuser. Ce différentiel oscille d’aujourd’hui autour de 150 %, il se peut que ce seuil soit dépassé.

Tous les experts sont unanimes : comme conséquence cette situation inextricable exacerbe l’inflation, elle réduit les réserves de change. Coralliaire direct : cela limite la compétitivité des exportations.

L’inflation étant ce qu’elle est, statuent ces experts, difficile de savoir combien de mois ou de semaines d’importations les réserves de change peuvent couvrir. La situation économique n’est pas reluisante.

Pour le FMI, cet écart entre les taux officiel de la Banque centrale et le marché parallèle constitue une sorte de taxe implicite sur les exportateurs, cela réduit les revenus en devises. Les investissements dans des secteurs clés se retrouves limités.

La plupart des experts le disent : « le régime actuel décourage les investissements étrangers et l’aide internationale ». Le FMI est formel, la réforme du marché des changes sera la plus transformatrice pour le Burundi à court et moyen terme.

Dans ses explications, des sources dignes de foi confient que Gitega a ses raisons et redouterait un électrochoc inflationniste, craignant une flambée spectaculaire des prix et ses conséquences sociales et politiques, s’il venait à opérer, à la va vite des réajustements afin d’harmoniser les taux de change.

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