Entretemps, la présidentielle de 2027 approche lentement mais sûrement. Les démembrements de la CENI au niveau des provinces, à savoir les Commissions électorales provinciales indépendantes, CEPI, sont déjà mises en place et opérationnelles. Rwasa pourra-t-il être candidat au nom du CNL dont il reste membre ou à titre personnel ?
Le CNL de Girukwishaka aura-t-il son propre candidat ou se coalisera-t-il avec d’autres formations politiques de l’opposition ? Les réponses dans les colonnes qui suivent.
Interview avec Agathon Rwasa : « Que la Cour suprême dise le droit »
Le verdict du procès qui vous oppose aux responsables actuels du CNL est attendu le 16 juillet à la Chambre administrative de la Cour suprême. Quelles sont vos attentes là-dessus ?
Il n’y a qu’une seule attente : que la Cour suprême dise le droit car, la nation burundaise en a soif et en a besoin pour sortir du bourbier. En effet, il est écrit : « La justice grandit une nation, le péché est la honte des peuples. » (Proverbes 14 :34).
Que comptez-vous faire dans la suite en termes de combat politique si vous gagnez ou perdez le procès ?
Je suis citoyen et en même temps patriote. Tant que je respire encore, c’est mon devoir de contribuer à l’essor du Burundi peu importe les stratagèmes de ceux qui veulent le maintenir sous le joug des exploiteurs et autres spoliateurs.
Agathon Rwasa a-t-il le droit de participer à la prochaine présidentielle au nom du parti CNL ou à titre personnel ?
Par rapport à la présidentielle de 2027, le principe est simple : quand une porte est fermée, il y a plusieurs autres qui sont ouvertes.
Quelles relations entretenez-vous avec le camp Nestor Girukwishaka aujourd’hui ? Y a-t-il possibilité de rapprochement ? Sous quelles conditions ?
Je n’entretiens pas de relations avec ceux-là car je suis aux antipodes de la vassalité. Pour émettre sur les mêmes diapasons qu’ils libèrent leurs esprits du sectarisme et des compromissions avec ceux qui enfoncent le Burundi dans la précarité et la médiocrité.
Le CNL est l’un des cinq partis de l’opposition qui ont déclaré officiellement qu’ils n’ont pas confiance en la et réclamé sa recomposition. Quelle est votre position ?
La CENI est comme une autre cellule du parti présidentiel. Elle n’est pas à la hauteur de la tâche dont elle est sensée appelée à accomplir. Ipso facto, si le Général Président est conscient du pitoyable état dans lequel se trouve notre pays, autant mieux accepter des assises inclusives avec l’objectif de redresser la situation et projeter des élections capables de doter notre nation d’institutions dignes.
Quels sont vos espoirs ou quelles sont vos craintes par rapport à la prochaine présidentielle ?
Les préparatifs de la prochaine présidentielle de 2027 dans leur état actuel n’inspirent pas d’espoir. Et comme recommandations, il faut un sursaut de prise de conscience par les dirigeants et les dirigés en vue d’éviter que notre pays continue à sombrer et se mettre ensemble pour redorer l’image de cette nation.
Interview avec Nestor Girukwishaka : « Le parti CNL n’est pas ancré autour d’une seule personne »
Quelles sont vos attentes par rapport au procès qui vous oppose à Agathon Rwasa ?
D’abord, il faut préciser que pour l’actuelle direction du parti CNL, le soi-disant camp d’Agathon Rwasa n’existe pas étant donné que la légalité a été établie en bonne et due forme. Peut-être faudrait-il se demander si les textes qui régissent le parti qu’il a dirigé depuis sa création en 2019 jusqu’à son remplacement en 2024 lui sont inconnus comme il continue à tergiverser quant à leur stricte application par la justice burundaise. Autrement dit, nous n’avons aucune attente spéciale car les instances habilitées n’ont fait que lire la loi lors de son éviction. Nous pensons que la justice burundaise va continuer à lire la loi comme les instances habilitées l’ont fait en 2024 après le congrès.
S’il advenait que la décision de la Cour ne soit pas en votre faveur, seriez-vous prêt à l’accepter ?
Si la loi est lue comme telle, nous ne pensons pas qu’il y aura une quelconque défaveur. Et dans ce cas, rien ne nous pousserait à ne pas accepter le procès. Si la loi n’est pas lue comme telle, nous allons plaider pour notre cause comme tout citoyen burundais.
Vous avez engagé des démarches communes avec d’autres formations politiques. Est-ce le début d’une coalition politique comme celles que le Burundi a connues par le passé, à l’image de Burundi Bwa Bose ?
Effectivement, depuis un certain temps, nous avons opté de prendre une position commune pour certaines dispositions et processus nationaux qui interpellent notre attention. Chaque parti a le plein droit de discuter avec les autres formations politiques pour une prise de position commune sur l’une ou l’autre question d’intérêt national qu’il juge nécessaire. Mais, cela ne signifie aucunement pas des démarches de formation de coalition. Rappelons que les coalitions sont permises au Burundi à condition d’observer ce que dit la loi en la matière.
Quelles relations entretenez-vous avec le camp d’Agathon Rwasa, à l’approche de l’élection présidentielle de l’année prochaine ?
Nous n’avons pas de relations avec le soi-disant camp d’Agathon Rwasa que nous considérons comme des brebis égarées. Mais, nous continuons à lancer un appel à ceux qui ont fait fausse route pour qu’ils se ressaisissent et retournent dans le bercail car nous avons un seul parti CNL.
Êtes-vous prêt à avancer avec ou sans lui ?
Le parti n’est pas ancré autour d’une seule personne. Il repose sur un ensemble d’efforts conjugués de tous les militants. Qu’Agathon Rwasa ou n’importe quel autre militant s’égare et prenne le mauvais chemin, cela n’empêchera pas au parti de continuer à militer pour le triomphe de ses idéaux. Autrement dit, rien ne peut empêcher les « Inyankamugayo » d’avancer.
Après la mise en place des CEPI, vos appréhensions à l’égard de la CENI sont-elles dissipées ?
La mise en place des CEPI n’a respecté aucune de nos doléances d’inclusion, de neutralité ou de respect des diversités politiques. C’est vraiment des CEPI monolithiques au vrai sens du terme. Donc, nos craintes sont loin d’être dissipées. Mais, rien d’étonnant car même au niveau central, la CENI est loin de rencontrer notre appréciation positive quant à sa composition et son mode operandi.
Quels sont vos espoirs et vos craintes à l’approche de l’élection présidentielle qui se déroulera dans un contexte économique difficile ?
Nos craintes résident dans le fait que l’élection présidentielle de 2027 risque de se dérouler dans un climat d’exclusion et de non facilitation d’accès aux services publics pour les autres compétiteurs comme il en a été le cas pour les élections de 2025. Nos espoirs reposent sur le fait qu’il n’est jamais tard de se ressaisir pour bien faire.
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