Initiées depuis ce lundi 6 juin par le président Evariste Ndayishimiye pour rapprocher les différentes parties, ces consultations menées à Ntare house, entre les représentants de l’opposition congolaise et les représentants des confessions religieuses dont des responsables des Églises du Réveil, des délégations de l’ECC (Eglise du Christ au Congo) et de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo), ont déjà montré leurs limites. Elles butent sur ce que ces opposants appellent « ligne rouge » à ne pas franchir. Il s’agit de trois points d’achoppement.
La médiation constitue le point de départ. La C64, la Coalition de l’opposition pour la défense de la Constitution qui tire son nom de l’article 64 de la Loi fondamentale, enjoignant tout citoyen à contrecarrer toute prise ou tout exercice du pouvoir en violation de ce texte sacré, s’est déjà prononcée.
Elle préfère une médiation assurée par l’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo. Il n’est pas novice. Pour cette noble mission, ces opposants proposent que la CENCO et par l’ECC fassent partie intégrante de ce mécanisme pour leur crédibilité, leur expertise et leur expérience en la matière.
Pour cette coalition représentée notamment par des figures comme Martin Fayulu, la deuxième pomme de discorde est l’initiative de révision de la Loi fondamentale.
« Que les participants ne soient pas choisis par le Président Tshisekedi »
D’après ce groupe, il faut que le Président Tshisekedi s’engage publiquement à renoncer à ce projet qu’il qualifie de « funeste plan pouvant ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel alors qu’il se termine en 2028 ».
Comme troisième conditionnalité, ces opposants exigent un dialogue réellement inclusif et rejettent « des consultations organisées selon les desiderata et l’agenda du pouvoir. Il ne faut pas que les participants soient des personnalités choisies par M. Tshisekedi ».
Ces opposant s’inscrivent en faux contre toute exclusion et réclament la participation de tous les acteurs politiques et sociaux du pays. C’est au moment où certains acteurs semblent déjà écartés ou exclus.
La majorité présidentielle est catégorique : des concertations avec des personnalités comme Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Joseph Kabila qu’elle fait endosser la responsabilité des violences perpétrées au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, n’est pas à envisager.
Le communiqué rendu public ce lundi 6 juillet par la Présidence de la République du Burundi fait savoir que le chef de l’Etat salue « la qualité des échanges menés dans un esprit d’ouverture et de confiance ».
La délégation en provenance de la RDC comprenait des responsables des partis politiques d’opposition ainsi que des leaders des principales confessions religieuses de ce pays.
Le Président Evariste Ndayishimiye a insisté sur l’importance d’un dialogue constructif et l’unité. Il a tenu à exprimer sa reconnaissance de la volonté commune, manifestée au cours de ces échanges, en faveur de la stabilité, de la paix et de la sécurité en République démocratique du Congo et dans la région.
Signalons que journalistes burundais dépêchés couvrir cet événement n’ont pas eu la tâche facile : après avoir eu accès à la salle où se déroulaient ces consultations, et autorisés à prendre quelques photos et quelques images, ils ont été priés de vider la salle et d’effacer les quelques clichés pris.
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