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Egalité des genres : pilier d’un développement inclusif et durable

Le Pnud, en collaboration avec le ministère de la Justice, des Droits de la personne humaine et du Genre, a organisé du 16 au 18 juin 2026, à Bujumbura, des sessions de sensibilisation sur l’égalité des genres et la présentation du Gender Seal aux institutions publiques, au secteur privé et aux organisations de la société civile. Le message clé était qu’« aucune société ne peut atteindre un développement durable en laissant derrière une partie de sa population »

« L’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas seulement une question de justice sociale ou de respect des droits humains. Elle constitue au-delà un impératif de développement », a fait observer Jonas Mfouatie, représentant résident adjoint du Pnud au Burundi.

Pour lui, aucun pays ne peut réaliser pleinement son potentiel lorsque la moitié de sa population continue de faire face à des obstacles limitant sa participation à la vie économique, sociale, politique et institutionnelle.

Au Burundi, s’est-il réjoui, des progrès importants et remarquables ont été accomplis ces dernières années en matière de promotion des droits des femmes et des filles.

Toutefois, a nuancé M. Mfouatie, les inégalités d’accès aux ressources économiques, aux opportunités professionnelles, aux organes de prise de décisions et aux services demeurent une préoccupation et une réalité pour les femmes et les filles du Burundi.

Pour faire face à ces défis, a-t-il souligné, le Pnud place l’égalité des genres au cœur de son action en apportant des changements à travers le Gender Seal. Ce dernier est un outil innovant et stratégique pour accompagner les organisations dans l’évaluation, l’amélioration et la reconnaissance de leurs performances en matière d’égalité de genre.

« Le Gender Seal ne constitue pas seulement une simple certification. Il s’agit avant tout d’un processus de transformation institutionnelle qui aide les organisations à renforcer leurs gouvernances, leurs politiques internes, leurs mécanismes de gestion des ressources humaines ainsi que leurs programmes et services afin qu’ils puissent répondre au mieux aux besoins de tous et de toutes », a-t-il martelé.

À l’issue du cycle de certification Gender Seal 2021-2023 du Pnud, a-t-il partagé, le Pnud Burundi a obtenu la médaille d’or.  Selon lui, c’est l’un des plus hauts niveaux de reconnaissance du programme du Pnud au niveau mondial.  Une distinction, a-t-il précisé, qui témoigne des efforts déployés par le Pnud Burundi avec le soutien du gouvernement et des différents acteurs pour intégrer l’égalité des genres dans notre gouvernance.

« Cette certification pour nous n’est pas une finalité en soi.  Elle représente plutôt une preuve que la transformation institutionnelle en faveur de l’égalité des genres est une réalité au Burundi ».

Quid des bénéfices ?

Jonas Mfouatie : « La question d’égalité des genres constitue au-delà un impératif de développement »

Pour les institutions publiques, a fait savoir Jonas Mfouatie, elle permet de renforcer l’efficacité des politiques publiques, d’améliorer la qualité des services rendus aux citoyens et de favoriser une gouvernance plus inclusive.

Par ailleurs, pour le secteur privé, elle contribue à l’amélioration de la performance organisationnelle, de l’innovation, de la productivité, de l’attractivité des talents et de la réputation des entreprises.

En outre, pour les organisations de la société civile, ce processus renforce la crédibilité institutionnelle, la qualité des interventions et l’impact des actions menées auprès des communautés.

Pour le représentant résident adjoint, le changement durable ne peut être porté par une seule institution. Il exige une mobilisation collective et une responsabilité partagée. « C’est pourquoi nous comptons sur chacun et chacune d’entre vous pour devenir un acteur de changement au sein de vos organisations et au sein de vos communautés », a-t-il insisté.

Une volonté de construire un Burundi plus inclusif

Prenant la parole, Jacques Ndihokubwayo, conseiller au ministère de la Justice, des Droits de la personne humaine et du Genre, a insisté sur le fait que l’égalité de genre constitue un élément de stabilité sociale et de puissance institutionnelle.

Pour le gouvernement du Burundi, a-t-il souligné, cette conviction est au cœur de sa vision pour le développement. « Le développement de notre pays ne pourra pleinement être réalisé que si les femmes et les hommes participent de manière égale au processus économique, socio-politique et institutionnel », a-t-il martelé.

Pour lui, l’ambition du Burundi est de bâtir une nation émergente en 2040, puis développée en 2060, fondée sur la valorisation de son caractère humain.

« Cette ambition exige que chaque citoyenne et chaque citoyen puisse accéder équitablement aux opportunités, aux ressources et aux services publics ». 

Au cours des dernières années, s’est-il réjoui, le Burundi a enregistré des avancées significatives en matière de promotion de l’égalité de genre. Il a évoqué les instruments juridiques et des cadres normatifs qui ont déjà été mis en place dont le Code pénal de 2017, la loi spécifique sur les VBG de 2016, la Politique nationale genre 2012-2025, etc.

Et d’ajouter que le gouvernement du Burundi a également créé le département de la prévention des violences basées sur le genre.

Les défis ne manquent pas

« Les femmes continuent de faire face à des contraintes particulières dans l’accès aux ressources productives, aux opportunités économiques, à certains services et aux organes de prise de décision », a déploré M. Ndihokubwayo.

Il a fustigé le fait que les inégalités affectent souvent davantage les femmes vivant en milieu rural, les jeunes filles et les personnes vivant avec un handicap et d’autres groupes vulnérables.

Pour lui, l’intégration du genre doit devenir une composante essentielle de l’action publique. Les aspirations des femmes et des hommes doivent être prises en compte dès la conception des politiques et dans la législation.

« L’intégration du genre n’est donc pas la responsabilité exclusive du seul ministère en charge du genre. Elle est l’affaire de tous les ministères, de toutes les institutions publiques et de tous les secteurs impliqués dans la mise en œuvre des politiques publiques », a interpellé Jacques Ndihokubwayo.

D’après lui, l’expérience du Burundi couronnée par l’action de certification constitue une démonstration concrète d’une transformation institutionnelle profonde. « Elle nous montre que l’intégration du genre n’est pas uniquement une exigence normative, mais constitue également un facteur d’efficacité, de qualité de ses services, de bonne gouvernance et de performance institutionnelle ».

Il a fait remarquer que le chemin de l’égalité des genres exige une mobilisation collective, une volonté politique forte et des actions concrètes à tous les niveaux.

De leur côté, les participants ont salué les progrès atteints en matière de l’égalité des genres. Toutefois, ils fustigent la non-application des lois existantes en la matière.

Par ailleurs, ils épinglent le manque de budget pour faire fonctionner les cellules chargées des questions du Genre dans les ministères sectoriels.

Enfin, ils réclament une sensibilisation et une formation continue sur les questions sensibles au Genre.

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