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IDH Des progrès encourageants, mais des défis persistants au Burundi

Le gouvernement du Burundi, avec l’appui du Programme des Nations-unies pour le Développement (Pnud) a organisé, le mardi 26 mai 2026, un atelier de validation du rapport national sur le développement humain du Burundi 2024-2025. Il était placé sous le thème : « Economie verte, économie bleue et développement humain durable pour l’émergence du Burundi à l’horizon de 2040 ».

Depuis plus de trente ans, le développement humain constitue le cœur du mandat du Pnud. Pour sa représentante résidente au Burundi, Emma N’gouan Anoh, le rapport vise à améliorer les capacités et les conditions de vie des populations au-delà de la seule croissance économique à travers l’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à un environnement durable. « Les rapports nationaux sur le développement humain sont ainsi des outils clés d’aide à la décision et de dialogue politique ».

Le Burundi a déjà produit six rapports sur l’indice humain de développement depuis 2003 dont le dernier remonte de 2019. Cette septième édition intervient, d’après elle, dans un contexte de transformations économiques, sociales, démographiques et climatiques qui exigent des réponses innovantes.

Malgré ces progrès, Mme Emma a souligné que les défis persistent, surtout la pauvreté, l’accès aux services sociaux de base, l’emploi des jeunes et les effets négatifs liés aux changements climatiques.

Elle a fait savoir que la croissance économique estimée à 4,2 % en 2025 constitue un signal encourageant mais elle doit être inclusive et créatrice d’emplois. Par ailleurs, elle s’inquiète que les changements climatiques représentent un défi majeur qui affecte directement les moyens de subsistance des populations.

Des opportunités importantes pour une croissance durable

Pour Mme Emma, l’économie verte et l’économie bleue offrent des opportunités importantes pour une croissance durable, inclusive et résiliente à travers notamment la gestion durable des ressources naturelles et la valorisation du potentiel du lac Tanganyika ainsi que d’autres lacs du pays.

Ainsi, elle a réaffirmé l’engagement du Pnud en particulier mais aussi celui du système des Nations-Unies en général à accompagner le Burundi dans la mise en œuvre de sa vision 2040-2060 et des Objectifs de Développement durable (ODD). « Nous espérons que cet atelier permettra de transformer les recommandations du rapport en véritables outils d’orientation des politiques publiques, notamment pour le futur Plan national de développement », a-t-elle indiqué.

De son côté, Jeanine Niyukuri, la cheffe du bureau de la coordination de la planification et de suivi-évaluation à la Primature, a indiqué que le rapport s’inscrit dans le dispositif de suivi et d’évaluation des politiques publiques visant l’alignement des engagements du Burundi avec les standards internationaux en matière de durabilité.

A cet effet, le rapport constitue un outil stratégique qui permet d’évaluer les progrès réalisés, d’identifier les contraintes structurelles et de proposer des pistes d’accélération du développement. « Cette édition traduit la volonté d’inscrire le pays dans une dynamique de transformation durable et inclusive ».

Des progrès en matière de développement humain mais, … 

Au cours de cet événement, trois consultants ont présenté les résultats d’une étude portant sur les progrès et les défis en matière de développement durable au Burundi. Il s’agit du Dr Michel Armel Ndayikeza, du Dr Jean-Claude Nyamweru et de Désiré Nkurunziza.

Ce document stratégique analyse les perspectives de transformation du pays dans un contexte marqué par les changements climatiques, la pression démographique et la dégradation des écosystèmes.

Selon le rapport, l’Indice de développement humain (IDH) est passé de 0,427 en 2019 à 0,448 en 2024-2025. Malgré cette amélioration, le pays demeure dans la catégorie des pays à faible développement humain avec des disparités persistantes entre zones urbaines et rurales.

Des progrès ont été également enregistrés dans les secteurs sociaux, notamment l’éducation et la santé. Le développement des infrastructures scolaires et sanitaires s’est poursuivi. Mais, l’accès aux services de base reste largement insuffisant et inégal. Le taux d’électrification demeure également faible. Ce qui limite l’amélioration des conditions de vie.

Sur le plan du genre, l’indice de développement du genre s’établit à 0,834. Ainsi, il traduit des avancées vers une meilleure inclusion des femmes quand bien même des écarts subsistent entre les provinces et dans le domaine économique.

Le Burundi dispose d’un capital naturel important

Les participants lors de la présentation des défis et des progrès en matière de développement durable au Burundi

L’étude souligne par ailleurs le potentiel considérable de l’économie verte et de l’économie bleue. Le Burundi dispose d’un capital naturel important qui comprend les ressources forestières, minières et hydriques ainsi que le lac Tanganyika, pilier stratégique pour la pêche, le transport et le tourisme.

En effet, des efforts significatifs sont déjà engagés, principalement à travers les politiques publiques, les stratégies environnementales, les programmes de reboisement et le développement des énergies renouvelables. A titre d’exemple, plus de 281 millions de plants ont été produits entre 2018 et 2023, contribuant à la restauration des écosystèmes.

Dans le domaine de l’économie bleue, les activités de pêche et les ressources lacustres connaissent une dynamique croissante, mais restent confrontées à des défis de gestion durable et d’instabilité des revenus.

Toutefois, les consultants ont relevé plusieurs contraintes majeures, parmi lesquelles figurent le manque de financements, la faiblesse des ressources humaines spécialisées et la pression démographique sur les ressources naturelles.

Accélérer la transition vers un modèle de développement durable

En guise de recommandations, les consultants ont proposé de consolider les politiques de reboisement, moderniser le secteur de la pêche, développer l’écotourisme et renforcer les investissements dans la santé, l’éducation et les infrastructures sociales afin d’accélérer la transition vers un modèle de développement durable et inclusif à l’horizon 2040. Ils ont également insisté sur la nécessité de renforcer « les systèmes de santé et d’éducation », indispensables à la consolidation durable du capital humain.

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