Par Devis Gateretse, Rénovat Ndabashinze, Stanislas Kaburungu et Jules Bercy Igiraneza
Alors qu’il y a une forte demande de l’électricité, la commune Kirundo fait face aujourd’hui à l’une des coupures du courant électrique les plus sévères de la province de Butanyerera. Le courant dépasse rarement une demi-heure sans interruption.
Par conséquent, les pertes sont nombreuses pour certains entrepreneurs dont les activités dépendent de l’électricité. C’est le cas de la jeune entrepreneuse Muco, de la colline Kirundo, qui fait le commerce du lait. Elle explique qu’elle a du mal à conserver son produit d’autant plus que la région est chaude et que les clients demandent souvent du lait frais. Ce qui est difficile à garantir malgré la présence de réfrigérateurs. Elle enregistre ainsi des pertes importantes.
Outre la crise énergétique, les jeunes sont frappés de plein fouet par le chômage auquel s’ajoute la fermeture de la frontière avec le Rwanda voisin. Par le passé, ils étaient nombreux à traverser la frontière pour aller travailler au Rwanda ou à transporter des passagers ainsi que des marchandises par voie lacustre. Une activité qui leur permettait de subvenir à leurs besoins et d’aider leurs familles. Aujourd’hui, tout s’est arrêté.
Jean Nzobamwita, un piroguier sur le lac Cohoha, originaire de la colline Buzirakabogi, en témoigne avec amertume. Il explique que les échanges transfrontaliers entre les deux pays constituaient une source importante de revenus pour la population locale. « Les patients rwandais qui venaient se faire soigner chez nous payaient 30 000 francs rwandais par passage. Maintenant, nous sommes au chômage, il n’y a plus de mouvement ».
Il déplore également que cette impasse empêche ceux qui ont des familles de l’autre côté de la frontière d’entretenir correctement leurs liens « Mes sœurs sont mariées au Rwanda. Elles ont des enfants mais, je n’ai jamais vu mes neveux et nièces ».
Il appelle à une normalisation des relations entre les deux pays. « Il faut que les deux pays construisent de bonnes relations. Nous partageons la même culture et tout le monde y gagnait lorsque la frontière était ouverte ».
Une jeunesse prête à relever les défis

Certains jeunes parviennent à relever les défis grâce à l’entrepreneuriat. C’est le cas de Pacifique Niyongere, de la colline Mahoro, qui vend du lait au chef-lieu de la commune.
À la fin de ses études secondaires, faute d’opportunités d’emploi, il s’est tourné vers l’extraction artisanale de minerais avec un objectif précis : épargner pour financer ses futurs projets.
Avec ses économies, il a investi d’abord dans la riziculture avant de se tourner vers la vente du lait. Aujourd’hui, son activité est florissante. « J’écoule plus de 150 l de lait par jour. J’emploie trois ouvriers et je collabore avec quatre fournisseurs. Ce qui me permet de subvenir aux besoins de ma famille. » a-t-il fait savoir tout en déplorant que les coupures du courant électrique compromettent la conservation de son produit.
Ainsi, le jeune entrepreneur appelle les autres jeunes à un changement de mentalité. Il insiste sur la nécessité de valoriser le travail et l’effort personnels, estimant que rien ne s’obtient sans engagement. Selon lui, le premier capital reste la capacité de travailler. Il les encourage à ne sous-estimer aucun métier.
Par ailleurs, M. Niyongere appelle le Programme d’autonomisation économique des jeunes et d’emploi (PAEEJ) à décentraliser ses activités dans toutes les communes afin d’améliorer l’accompagnement des jeunes entrepreneurs dans leurs projets. « Beaucoup de jeunes avec des projets restent au chômage par manque de financements ».
L’alcoolisme gagne du terrain chez les jeunes
Tandis que certains jeunes misent sur l’entrepreneuriat pour améliorer leurs conditions de vie, d’autres sombrent progressivement dans l’alcoolisme et la débauche.
Dans plusieurs localités, de nombreux jeunes une grande partie de leur temps à boire les boissons fortement alcoolisées vendues dans des bouteilles en plastique. Une situation qui inquiète les parents, lesquels redoutent les conséquences de ce phénomène l’avenir de leurs enfants.
Devant sa boutique, le prénommé Éric, un jeune commerçant de 25 ans, est en train de faire la propreté et d’étaler les marchandises. Il fait savoir que la grande majorité des commerçants de Kirundo font la grâce matinée. Ouvrir leurs boutiques ne fait pas partie de leurs habitudes. « Je rafle toujours les premiers clients et les lève-tôt savent où aller quand ils veulent acheter quelque chose. »
Pour lui, le travail vient en premier lieu. Il a peur de devenir comme les autres jeunes de sa génération qui ne font que boire. « Les jeunes d’ici me font honte parce qu’ils passent leurs journées à prendre les boissons très alcoolisées. Leur avenir reste incertain. »
Tout au long de la journée, la situation évolue peu. D’après ce boutiquier, à l’intérieur comme devant certaines boutiques, des groupes de jeunes se rassemblent, discutent bruyamment et consomment de l’alcool. Certains présentent déjà des signes d’ébriété et ne semblent pas pressés de quitter les lieux, devenus pour eux des espaces de rencontre privilégiés.

Cette consommation excessive d’alcool n’est pas sans conséquences sur le bien-être des familles, en particulier celui des femmes. Jacqueline Kabageni de la colline Busoni-Nyarunazi est une femme commerçante et agricultrice. Elle alerte sur la recrudescence des violences basées sur le genre au sein des foyers. « À cause de cette pratique, les hommes ne travaillent plus. Et quand nous essayons de gagner notre vie pour subvenir à nos besoins, ils nous battent ».
« La vision est une cause perdue d’avance »
Un homme d’une cinquantaine d’années qui les observe hoche la tête et fait savoir avec ironie que la vision dont les autorités parlent est une illusion. « Avec une jeunesse comme ça, la vision reste incertaine. Ils sont là, ils picolent toute la journée et tous les jours de la semaine. »
Le prénommé Clovis, sur sa moto, fait savoir que la plupart sont des élèves de l’école secondaire. Il doute des résultats qu’ils tirent de ce qu’ils apprennent en classe. « Je n’ai pas eu la chance d’étudier comme eux mais, je n’ai jamais cessé de croire en mon avenir. J’ai travaillé jusqu’à ce que j’arrive à m’offrir une moto. »
Il fait savoir que quand il se pointe dans la boutique pour acheter quelque chose, des jeunes le supplient de leur laisser une bouteille en plastique qu’ils vont partager. « Quémander est leur mode opératoire et c’est la seule chose qu’ils maîtrisent bien. »
Pour lui, si ce n’est pas voler ou quémander, il ne voit pas l’autre source de revenus de ces jeunes parce qu’ils ne peuvent rien faire d’autre. « Beaucoup parmi eux n’ont plus la force de travailler. Ceux qui parviennent à marcher le soir quand ils quittent la boutique titubent et tiennent à peine sur leurs jambes. Ils ne parviennent non plus à parler. »
Les boissons en plastique, une aubaine pour les commerçants
N.S., tenancier d’une boutique depuis plus de dix ans, fait savoir que depuis que ces boissons sont sur le marché, les affaires tournent bien. Il affirme que les boutiques qui n’en vendent pas ont presque fermé. « Je m’arrange pour avoir dix cartons ainsi que plusieurs bouteilles de liqueur que je vends en détail en permanence. »
Il affirme que ces jeunes sont ses compagnons de tous les jours et que ce sont toujours eux qui viennent le tirer de son sommeil matinal. « Si l’un d’eux a la chance de se réveiller avec de l’argent, il appelle ses amis et ils viennent. S’ils trouvent la boutique fermée, ils me réveillent, souvent de force, et ne me donnent même pas le temps de me laver le visage. »
Selon lui, les jeunes constituent sa principale clientèle. Il affirme ne voir aucun autre produit capable de lui rapporter autant d’argent.
Quand aux conditions de vie de ces jeunes, il estime que cela ne le concerne pas directement.
Concernant les mineurs qu’il sert, il reconnaît ne pas tenir compte de leur âge ni de leur apparence physique. L’essentiel pour lui est de gagner sa vie, regrettant toutefois cette situation.
Face à ce phénomène grandissant chez les jeunes, l’administrateur de la commune Kirundo, Jean Berchmans Ndikuriyo a indiqué que désormais ces boissons auront leurs propres boutiques, ce qui sera, selon lui, une manière visible de les contrôler. « Nous ne pouvons pas empêcher la vente d’un produit certifié par l’Etat, mais, surveiller de près sa commercialisation constitue une solution plus sûre face au dégât que ce produit peut causer ».
Quand la pauvreté freine l’épanouissement de la femme
J. N, 27 ans, est une mère de deux enfants. Elle habite non loin du centre Kirundo. Cultivatrice, il lui manque néanmoins des terres à cultiver. Elle a juste une petite parcelle où se trouve sa petite maison. Pour faire vivre sa famille, elle et son époux, doivent aller travailler dans les champs des particuliers. « C’est difficile. Par jour, tu peux avoir 5 mille BIF. Avec cette somme, tu achètes de la farine, du haricot, … pour nourrir les enfants. En fait, nous vivons du jour au jour. Souvent, nous passons des nuits sans manger. »
Ce qui a un impact sur l’éducation de leurs enfants. D’après elle, un enfant ne peut pas aller à l’école après une nuit sans rien manger. « Il reste à la maison en attendant qu’on trouve quelque chose à manger. »
Interrogée sur les projets de développement en cours sur sa colline, sa réponse est tranchante. « En tout cas, moi je ne vois pas de projets de développement en cours. Peut-être le projet de plantation d’avocats. Même les promesses faites lors de la campagne électorale sont restées lettres mortes. » Elle souligne qu’on leur avait promis du petit bétail, des fertilisants, de l’électricité et des crédits pour le petit commerce.
En ce qui est du développement de la femme, elle trouve que la pauvreté dans les familles ne permet pas à la femme de s’épanouir. « Par exemple, moi, je ne suis pas dans les associations parce que je ne peux pas trouver les cotisations. »
Le leadership féminin se développe

Louise Niyonzima, 54 ans, est une femme leader de la colline Kumahoro, de la commune Kirundo. Elle a parcouru beaucoup d’échelons dans l’administration à la base depuis 2002. Très active dans les associations des droits des femmes et les projets de micro-crédits, elle est devenue un modèle dans sa communauté.
Veuve, cette activiste est mère de deux enfants. Selon elle, certaines femmes hésitent à briguer des mandants de responsabilité au niveau local. « Mais, ce n’est pas la solution. Au lieu de fuir les responsabilités, les femmes devaient au contraire être des leaders, des porte-flambeaux de leur développement. »
Elle reconnaît que la campagne électorale n’est pas facile pour les femmes mais, il faut persévérer. « En fait, les hommes ont plus de temps de battre campagne. Pendant ce temps, les femmes doivent aussi s’occuper du foyer, de leurs enfants, etc. »
Interrogée sur l’implication de la femme dans le développement, elle répond que les femmes sont très nombreuses et actives dans les associations collinaires. « Elles font des cotisations et s’octroient mutuellement de min- crédits pour exercer du petit commerce, élever du petit bétail, etc. Elles contribuent beaucoup aux besoins de leurs foyers. »
Mme Niyonzima indique que dans le temps, les femmes attendaient presque tout de leurs maris. Ce n’est plus le cas actuellement. « Une femme peut s’acheter un pagne, nourrir ses enfants sans l’intervention de son mari. Par exemple, moi, je suis veuve. Mais, mes enfants ne manquent presque de rien. Ils sont à l’école, ils mangent trois fois par jour, j’élève du petit bétail. »
Quid du respect des droits de la femme ?
D’après cette femme leader, les cas fréquents de violation des droits de la femme sont les violences économiques surtout lors de la récolte. « Vraiment, la récolte crée souvent des conflits dans les couples. Je reçois beaucoup de plaintes du genre. Quand une femme vient se plaindre, j’appelle son époux. Je leur explique la nécessité et l’importance de bien gérer la récolte. »
A travers une organisation dénommée Abakangurira Amahoro dont elle est présidente, elle souligne que des séances de sensibilisation sur la cohabitation pacifique dans les couples sont tenues.
Mme Niyonzima déplore qu’il y ait des femmes qui se méconduisent et qui sont sources de conflits dans leurs foyers. Elle pointe du doigt les femmes qui se permettent de laisser leurs enfants à la maison pour aller dans des bars et bistrots. Ce qui est une source des grossesses incontrôlées. « A vrai dire, ce n’est pas seulement les hommes qui consomment des boissons en bouteilles plastiques. Il existe aussi des femmes irresponsables. »
Des violences physiques sont aussi encore là. Mme Niyonzima signale que les hommes qui battent leurs femmes sont traduits devant la justice. « Mais, nous commençons par donner des conseils et tenter de réconcilier les deux en faisant comprendre aux hommes que les femmes ne sont pas des enfants, que ce sont des partenaires. Si l’homme n’accepte pas de demander pardon et de réparer le tort causé, il est envoyé en justice pour être corrigé. »
Les élus sont à l’œuvre
Sur sa colline, Mme Niyonzima affirme que les députés et d’autres élus locaux sont à l’œuvre pour le développement. Elle donne l’exemple de l’adduction d’eau potable et du traçage des routes. « Ce qui nous préoccupe aujourd’hui, c’est avoir de l’électricité. Heureusement pour moi, je suis proche de la route. Mais, il y a d’autres ménages qui n’ont pas encore des poteaux pour l’électricité. Nous demandons à nos élus de plaider pour que notre colline soit totalement alimentée en électricité. »
Interview avec Jean Berchmans Ndikuriyo
« Des défis persistent encore, notamment l’accès à l’électricité et à l’eau potable »

Pouvez-vous présenter la nouvelle configuration de la commune ?
Avec le nouveau découpage administratif, la commune Kirundo regroupe désormais quatre anciennes communes, à savoir Bugabira, Ntega, Vumbi et Kirundo. Elle constitue aujourd’hui l’une des entités les plus vastes du pays, avec 20 zones et 140 collines. Sa population est estimée à environ 470 000 habitants.
Quels sont les projets prioritaires de la commune ?
Nos priorités s’inscrivent dans la vision nationale 2040 pays émergent et 2060 pays développé tenant compte du nouveau découpage territorial. L’un des axes majeurs est le rapprochement des services publics vers la population jusqu’au niveau des zones.
Parmi les projets prioritaires figure l’adduction en eau potable. Nous avons déjà entamé des travaux de forage, en collaboration avec l’entreprise Amazi Water.
Nous investissons également dans les infrastructures sociales notamment les écoles, les hôpitaux, les marchés ainsi que la réhabilitation des ponts.
Dans le secteur agricole, nous mettons l’accent sur l’augmentation de la production et le développement de l’élevage en faisant face notamment à la pénurie d’engrais chimiques.
Comment la commune fait-elle face à la sécheresse ?
La commune Kirundo se situe dans la région naturelle du Bugesera connue pour ses aléas climatiques. Face à la sécheresse, nous avons engagé des actions telles que le reboisement et la protection de l’environnement.
La commune mise aussi sur le tourisme. Quels sont les projets y relatifs en cours ?
Nous voulons redynamiser le secteur touristique en valorisant nos potentialités naturelles. Cela concerne notamment les montagnes de Shinge et Rugero ainsi que certains lacs comme le lac aux oiseaux qui accueille des espèces migratoires venues d’Europe.
Nous envisageons également la construction d’un stade multifonctionnel pour promouvoir le sport et offrir des opportunités aux jeunes. Ces mesures visent à atténuer les effets du changement climatique et à préserver les ressources naturelles.
Combien d’hôpitaux compte la commune ?
La commune dispose d’un hôpital public à Kanyinya. À cela s’ajoutent des structures de soins privées ainsi que d’autres établissements sanitaires en cours de construction.
Quelle est la place de la femme dans l’administration communale ?
Sur les 20 zones que compte la commune, 2 sont dirigées par des femmes. La secrétaire exécutive de la commune est également une femme.
Cependant, des défis notamment d’ordre social subsistent. Ce qui freine encore l’émergence des femmes dans les postes de responsabilité. Nous poursuivons les actions de sensibilisation pour encourager le changement de mentalité.
Les chefs de zone disposent-ils tous de bureaux fonctionnels ?
Initialement, toutes les zones devaient être dotées d’un bureau administratif chacune. Toutefois, des retards ont été enregistrés dans l’exécution des travaux de construction par certaines entreprises.
À ce jour, seuls quatre bureaux restent inachevés. Les contrats avec les entreprises défaillantes ont été résiliés. La commune a sollicité le Fonds national d’investissement communal (Fonic) pour finaliser les travaux. Nous espérons que l’ensemble des bureaux sera opérationnel dans un délai de deux mois.
Néanmoins, des défis persistent encore notamment l’accès à l’électricité et à l’eau, indispensables au bon fonctionnement des services.
Les violences basées sur le genre sont fortement signalées dans votre commune. Quelle est votre réaction ?
Comme ailleurs dans le pays, les violences basées sur le genre existent également dans notre commune. Selon nos observations, elles sont souvent liées à la consommation excessive de boissons prohibées.
L’administration a pris des mesures pour lutter contre ce phénomène à travers la sensibilisation et le suivi des cas signalés.
Qu’en est-il de la situation des jeunes ?
Nous faisons face à un phénomène préoccupant : de nombreux jeunes abandonnent l’école pour chercher du travail à l’étranger, notamment au Kenya et en Tanzanie.
Cette situation est très regrettable du fait que des programmes d’appui comme le Programme d’autonomisation économique et d’emploi des jeunes (PAEEJ) et la Banque d’investissement pour les jeunes (BIJE) existent pour soutenir leur insertion socio-économique.
Nous constatons également que certains parents encouragent ces départs précoces. La commune travaille à sensibiliser la population pour inverser la tendance.
Quel est l’état des coopératives notamment des coopératives Sangwe ?
La situation des coopératives, en particulier les Sangwe, est contrastée. Certaines enregistrent des résultats encourageants et ont déjà entamé le remboursement de leurs crédits. Ce qui témoigne d’une certaine dynamique et d’un engagement de leurs membres.
D’autres, en revanche, font face à des difficultés de gestion et peinent à honorer leurs engagements financiers allant parfois jusqu’à la faillite. Cette situation s’explique en partie par un manque d’expérience dans la conduite des activités génératrices de revenus.
L’administration communale insiste sur l’importance d’une gestion rigoureuse et du respect des obligations envers les créanciers. Elle encourage également les membres des coopératives à tirer les leçons des échecs rencontrés et à persévérer en considérant ces difficultés comme des étapes d’apprentissage.
Quelle est la situation dans le secteur de l’éducation ?
Le secteur de l’éducation reste confronté à des défis importants notamment l’insuffisance des bancs-pupitres dans les écoles publiques. Cette situation est liée à l’augmentation continue du nombre d’élèves qui dépasse les capacités d’accueil actuelles.
Dans le cadre de la politique nationale « Zéro enfant mal assis », la commune a déjà mobilisé un budget de 48 millions de FBu pour améliorer les conditions d’apprentissage.
Par ailleurs, une solution durable est en cours avec l’exploitation du bois sur un terrain de deux hectares afin de produire localement les bancs-pupitres. À terme, plus de 250 unités devraient être fabriquées. Ce qui permettra de réduire considérablement le déficit actuel.
Qu’en est-il des financements à travers le PAEEJ et la BIJE ?
L’accès aux financements à travers des programmes comme le PAEEJ et la BIJE reste encore limité par certaines contraintes liées à la décentralisation.
Bien que des avancées soient observées dans le rapprochement des services publics, les institutions financières ne sont pas encore suffisamment accessibles au niveau local. Dans certains cas, les bénéficiaires doivent se déplacer jusqu’à Gitega et y passer plusieurs jours pour effectuer les démarches y relatives. Ce qui constitue un obstacle important, en particulier pour les femmes.
Toutefois, des initiatives sont en cours pour améliorer cette situation avec notamment la perspective d’ouvrir des agences aux chefs-lieux provinciaux. En attendant, l’administration communale poursuit ses actions de sensibilisation pour encourager la population à recourir à ces mécanismes de financement et à développer des projets générateurs de revenus.
Forum des lecteurs d'Iwacu
Charte des utilisateurs des forums d'Iwacu
Merci de prendre connaissance de nos règles d’usage avant de publier un commentaire.
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Tout propos incitant à la haine, à la violence ou à la discrimination est strictement interdit.
Iwacu se réserve le droit de supprimer tout commentaire non conforme à la charte.