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L’agriculture à Rwibaga au menu des échanges entre élus et électeurs

Etat des lieux du secteur agricole, forces et faiblesses, …. Telles sont, entre autres, les questions soulevées lors d’une Tribune d’expression populaire (TEP) tenue le 2 mai 2026, à Rwibaga en province de Bujumbura par les médias en partenariat avec l’ONG La Benevolencija.

Sous le thème : « Etat des lieux et comment booster le secteur agricole en commune Rwibaga », cette TEP a vu la participation de deux panélistes, à savoir Fréderic Manirakiza et Salvator Sindayihebura, respectivement administrateur et agronome de la commune. De l’autre côté, les électeurs étaient en grande partie représentés par les élèves du Lycée d’Ijenda.

Dans son mot d’accueil, l’administrateur a signalé que sa commune est sur une bonne lancée en ce qui est du domaine agricole. C’est l’une des onze communes qui composent la province de Bujumbura.

A la question de connaître la situation de l’agriculture, il a indiqué qu’il existe deux catégories de cultures : les cultures vivrières et celles d’exportation. Pour cette première catégorie, il a précisé qu’à Rwibaga on cultive du haricot, du maïs, de la patate douce, de la pomme de terre, etc. Coté exportation, on y trouve principalement du thé et du café. « Pour ces deux catégories, la production est satisfaisante. La population a répondu massivement à l’appel du président de la République selon lequel chaque bouche doit avoir à manger et chaque poche doit avoir de l’argent », s’est-il réjoui notant que pour le thé, il existe déjà une usine theicole dans sa commune. Concernant le café, il a donné l’exemple de la colline Mayembe où 40 t de café cerise sont déjà vendues à une station de dépulchage.

Un bilan semestriel positif

« Chaque six mois, vous produisez un rapport sur chaque secteur. Quel est le bilan agricole durant les six derniers mois ? », a lancé Ange-Nadia Ndikumana, élève au Lycée d’Ijenda.  De son côté, Charnel a voulu savoir l’étendue de terres arables dans cette commune. D’autres questions ont porté sur les recettes communales en provenance de l’agriculture, la disponibilité des fertilisants et des semences sélectionnées, l’irrigation durant la saison sèche, les conséquences du déboisement pour agrandir les espaces cultivables, etc.

A cette série de questions, M. Manirakiza a fait savoir que sa commune s’étend sur 345 km2. Les terres arables occupent 70% de la superficie totale soit 276 km2.

Selon lui, la commune est en train de devenir le grenier du pays.  « Aujourd’hui, différents coins du pays viennent se ravitailler ici en pommes de terre. Nous approvisionnons les villes de Bujumbura, Gitega, Rutana, etc. Nous produisons des variétés de qualité. »

En ce qui est des recettes communales, sans préciser le montant global, il a informé que 85 %  proviennent du secteur agricole.  « C’est grâce à ces recettes que des projets de développement telles que l’adduction en eau potable et la construction des écoles sont réalisés. »

A titre d’exemple, il a mentionné que 84 bornes fontaines sont déjà construites et d’autres réseaux d’eau réhabilités. « Nous nous sommes fixés un objectif que dans deux ans, il n’y aura plus d’habitants de Rwibaga sans eau potable ou faisant 15 minutes pour  en avoir. »

Il a aussi souligné que même les élèves du Lycée d’Ijenda  peuvent en témoigner. Elles ne sont plus obligées de porter des seaux pour aller puiser de l’eau. Leur établissement est actuellement alimenté en eau potable.

Beaucoup de préoccupations soulevées  

« Vous dites que le secteur agricole se porte bien. Mais, il y a des agriculteurs qui ont payé des fertilisants qui ne sont pas encore servis. Qu’est-ce que vous êtes en train de faire pour résoudre ce problème ? », a voulu savoir  l’élève Solange Bukeyeneza.

Sa consœur Nadia Irakoze a quant à elle évoqué un autre problème lié aux eucalyptus. « Aujourd’hui, nous constatons que des plantations d’eucalyptus sont déracinées pour y cultiver des pommes de terre et des patates douces. Qu’en est-il de la protection de l’environnement ? »

La liste des questions a été longue. L’élève Loy Igiraneza a aussi en effet évoqué les lamentations des théiculteurs qui, au regard du bas prix de vente d’1kg de feuilles vertes, disent qu’ils préfèrent abandonner cette culture en faveur des cultures vivrières. Le problème des hangars de stockage des récoltes, la disponibilité des produits phytosanitaires, le rôle des agronomes et des moniteurs agricoles, la question des partenaires techniques et financiers dans ce domaine ont été aussi soulevés par cette jeunesse.

L’administration rassure

Pour l’administrateur Manirakiza, c’est la pression démographique qui menace le plus l’agriculture et non le manque des fertilisants qui sont, selon lui, suffisants. « Seulement, il y a eu des tricheries où certaines personnes sont allées demander beaucoup de sacs des fertilisants alors qu’elles ne sont pas agricultrices. »

Fréderic Manirakiza : « Rwibaga est en train de devenir le grenier du pays. »

A ceux qui ne les ont pas encore reçus, il les rassure que le gouvernement est à l’œuvre pour trouver une solution durable. En ce qui est des partenaires, il a affirmé qu’ils ont nombreux dans sa commune.

« Il y a des multiplicateurs de semences sélectionnées, des microfinances qui accordent des crédits agricoles remboursables à la récolte, des partenaires qui aident dans le traçage des courbes de niveau pour lutter contre l’érosion, etc. » 

Sur le déboisement, il a signalé que dans sa commune, pour remplacer les arbres coupés, on pratique l’agroforesterie. Il a précisé que plus de dix mille plants d’arbres qui cohabitent avec les cultures ont été produits et distribués aux agriculteurs.

Concernant les lamentations en rapport avec le prix du thé, l’administrateur de Rwibaga a rappelé qu’il s’agit d’une culture industrielle. Il a conseillé les agriculteurs d’augmenter plutôt la production. « Le thé est l’une des plantes qui rapportent des devises au pays. C’est avec cet argent que le pays achète du carburant, des médicaments, etc. Donc, d’une façon indirecte, les agriculteurs profitent des bienfaits de cette culture. »

Un suivi agricole hiérarchisé

Sur la question des agronomes et des moniteurs agricoles, Salvator Sindayihebura a indiqué qu’actuellement, il y a une certaine hiérarchisation en ce qui est du suivi et de l’encadrement des agriculteurs. « Sur chaque colline, il y a un encadreur, puis, au niveau zonal, il y a aussi un responsable agricole jusqu’au niveau communal où nous avons un agronome. » D’après lui, il y a vraiment un encadrement à tous les niveaux.

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