Selon les données de la BRB, les exportations du café marchand sont passées de 78 884 millions BIF en 2024 à 230 204 millions BIF en 2025 tandis que celles de l’or non monétaire (Il désigne tout or qui n’est pas détenu comme réserve par les autorités monétaires (banques centrales). Il s’agit d’un actif physique, traité comme une marchandise, utilisé principalement pour l’investissement (lingots, pièces) ou à des fins industrielles/artisanales (bijoux, électronique). Il représente une valeur refuge contre l’inflation) ont grimpé de 93 208 millions à 408 891 millions BIF. Une hausse qui illustre le poids croissant de ces deux produits dans les échanges extérieurs du pays.
Les recettes issues des exportations burundaises ont donc fortement progressé en 2025. Les chiffres montrent qu’elles sont passées de 506 089,5 millions BIF en 2024 à 985 812 millions BIF en 2025, soit presque le double en une année (95%).
Ces données montrent également que les importations sont en croissance chaque année. Et une hausse des importations du Burundi s’est remarquée en 2025. Elles sont passées de 3 099,9 milliards BIF en 2024 à 3 538 milliards BIF en 2025, soit une augmentation de 438 milliards BIF correspondant à une croissance de 14 %.
Le taux de couverture des importations par les exportations s’est aussi nettement amélioré passant de 16,3 % en 2024 à 27,8 % en 2025.
Réaction
Diomède Ninteretse : « il ne faut pas toujours continuer à vendre le café brut et l’or brut. Il faut les transformer localement »
Cet économiste estime que la hausse des exportations burundaises enregistrée en 2025 constitue un signal encourageant mais qu’elle reste insuffisante pour améliorer concrètement les conditions de vie de la population. Selon lui, cette croissance repose essentiellement sur quelques produits comme l’or monétaire et le café sans réelle diversification de l’économie nationale.

Il regrette que le Burundi continue principalement à exporter des matières premières brutes. Pour lui, la transformation locale du café, de l’or et d’autres produits permettrait de créer davantage de valeur ajoutée, de générer des emplois et d’assurer des retombées directes sur la population.
« Quand les exportations augmentent, l’économie amène, bien évidemment, les devises. Et ce pays a besoin de beaucoup plus de devises. Mais encore une fois, il ne suffit pas d’avoir des devises. Il faut aussi choisir les domaines d’investissement pour créer encore une fois beaucoup d’emplois. »
Le pouvoir d’achat des citoyens détérioré
M. Ninteretse souligne également que malgré l’augmentation des exportations, le pouvoir d’achat des citoyens continue de se détériorer. Il explique cette situation par la hausse persistante des prix, la rareté des emplois ainsi que la faible circulation des revenus issus des exportations dans l’économie locale.
L’économiste attire aussi l’attention sur les difficultés auxquelles font face les petites et moyennes entreprises. Il cite notamment l’accès limité aux crédits bancaires, les coûts élevés de production liés au manque d’énergie fiable ainsi que les difficultés d’accès au marché.
Selon lui, sans entreprises compétitives et productives, l’économie burundaise ne pourra pas véritablement décoller. « Les petites et moyennes entreprises ne profitent pas de la dynamique des exportations et restent en marge de la croissance. Par ailleurs, la relance économique doit être sectorielle, ciblée et stratégique. »
Pour relancer durablement l’économie, M. Ninteretse plaide pour des investissements stratégiques dans les secteurs structurants tels que l’énergie, les infrastructures, l’agriculture moderne, l’industrie et le commerce. Il estime que les coupures répétitives d’électricité et la pénurie des carburants freinent fortement la production et limitent les bénéfices attendus des exportations.
Il appelle également à davantage de transparence dans la gestion des revenus miniers, particulièrement ceux provenant de l’or. Selon lui, les contrats miniers restent peu clairs et il demeure difficile de savoir précisément quelles recettes devraient revenir dans les caisses de l’État.
Enfin, l’économiste avertit qu’une économie basée uniquement sur l’exportation de produits bruts, sans transformation locale, sans compétitivité et sans bonne gouvernance, risque de produire « une illusion de prospérité ». Pour lui, le Burundi doit désormais transformer ses performances économiques en véritable bien-être pour la population.
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