Selon Gloriose Ntaconzobitandekuye, secrétaire exécutive de la commune Nyanza, on y observe notamment les viols sur les jeunes filles qui occasionnent des grossesses non désirées surtout dans les écoles conduisant aux abandons scolaires, la polygamie, la polyandrie, les violences physiques, les violences économiques, l’abandon de famille, l’abandon des enfants par leurs mamans ainsi que la spoliation des biens des veuves par leurs belles familles.
A l’origine se trouverait la présence de beaucoup de travailleurs saisonniers ou migrants en provenance des quatre coins du Burundi dont des pêcheurs, des conducteurs de vélos et motos ainsi que des travailleurs domestiques. Elle parle aussi de beaucoup de femmes employées dans le secteur de la pêche, du trafic des êtres humains qui touche des filles mineures ainsi que la présence de nombreux rapatriés burundais qui s’y installent.
Entre 10 à 15 cas sont enregistrés par mois
Mme Ntaconzobitandekuye précise qu’en moyenne, 10 à 15 cas de violences basées sur le genre sont enregistrés chaque mois en commune Nyanza.
Elle indique que ces chiffres, c’est pour les personnes qui osent dénoncer cela et se confier aux autorités administratives, à la police ou aux structures de prise en charge des VBG. Mais sinon, elle est consciente que certains cas ne sont pas enregistrés car n’ayant pas été rapportés à qui de droit.
Elle lance un appel aux victimes et à leurs familles de dénoncer les auteurs auprès des autorités administratives et de la police afin qu’ils soient punis.
Des structures et des organisations sont déjà à l’œuvre
La secrétaire exécutive informe que des séances de sensibilisation sont en train d’être menées sur les collines pour combattre ces violences tout en faisant remarquer que des règlements à l’amiable font que ces dernières persistent.
Elle se réjouit aussi que des structures étatiques ainsi que des organisations pour la protection et la promotion des droits de la femme sont déjà à l’œuvre pour accompagner les victimes à avoir accès à une prise en charge médicale, juridique et psychologique.
Elle précise que dans la province de Burunga il existe deux centres de prise en charge holistique de ces violences : le centre Humura se trouvant à Rumonge et un autre centre se trouvant au chef-lieu de la province de Burunga.
Les victimes rencontrées à Nyanza indiquent avoir de la peine pour accéder à la prise en charge suite à l’inexistence des structures de prise en charge sur place.
Elles déplorent également l’inexistence des organisations de la société civile chargées de la promotion et de la protection des droits de la femme.
Elles demandent alors qu’un centre de prise en charge holistique soit installé à Nyanza au regard de l’ampleur des VBG y enregistrées.