Le chef-lieu de lq commune mqtongo est au centre urbain de Bandaga avant d’atteindre la ville de Kayanza. A côté du bureau communal, un chantier est en cours. Il s’agit du nouveau bureau communal, un building qui comprendra quatre niveaux d’après une source administrative.
Des jeunes, des hommes adultes et quelques jeunes filles courent derrière chaque véhicule qui passe. Ce sont des vendeurs ambulants. Ils ont dans leurs maisons des oignons, du petit poids, différentes catégories de fruits, des brochettes prêtes à être consommées.
Les témoignages de ces jeunes sont révélateurs des difficiles conditions de travail au quotidien. Ils évoluent en effet entre débrouillardise, initiatives personnelles et incertitudes.
« Non, ici j’essaie de gagner ma vie. Si j’avais trouvé de l’emploi, je ne serais pas en train de courir derrière les véhicules. Après trois ans sans emploi, j’ai été désillusionné. Je me suis alors lancé dans le commerce ambulant des fruits. Je ne me rappelle même pas de là où j’ai jeté mon diplômé », lâche E.K, un jeune vendeur ambulant à Bandaga.
Interrogé sur sa qualification, il ironise. « Ce n’est pas nécessaire de le savoir. Aujourd’hui, ce qui m’est utile, c’est le commerce ambulant. Le reste, j’ai tout simplement perdu mon temps. » Avant de courir derrière un autre véhicule, il se ressaisit. « Oui, être diplômé, c’est important. Mais, quand le diplôme ne te permet pas d’avoir du travail salarié, il devient un papier comme tant d’autres. »
Il n’est pas le seul diplômé à se lamenter. I.V. est un jeune de 27 ans, originaire de la colline Kivume. Faute d’emploi, il enchaîne de petits travaux pour survivre. Il travaille parfois dans l’extraction de minerais avec des associations, une activité risquée et instable qui ne lui garantit aucun revenu durable. « Nous sommes souvent contraints d’arrêter car, les autorités peuvent intervenir et dire que ce n’est pas légal même si nous sommes recrutés par des associations qui prétendent avoir une autorisation. »
Pour lui, les élus et les autorités devraient se pencher sérieusement sur la question du chômage des jeunes. « La mise en œuvre concrète des projets de développement promis par les élus, comme la construction des routes, est essentielle. Même si les citoyens participent aux travaux de développement communautaire, certaines actions dépassent leurs moyens et nécessitent un soutien institutionnel. », fait-il observer.

Quant à Seth Nishimwe, un jeune de 25 ans originaire de la colline Bandaga,il a choisi de se lancer dans l’entrepreneuriat après des études en production agroalimentaire. Il travaille dans une société de transformation de jus de maracoudja. Mais, il affirme que la situation reste difficile pour lui et pour de nombreux jeunes. « Beaucoup de jeunes n’ont pas de travail ils restent dépendants de leurs parents. » Il souligne que le manque de capital constitue un obstacle majeur pour ceux qui souhaitent entreprendre. Il affirme que les programmes d’accompagnement, comme le PAEEJ, sont méconnus par la plupart des jeunes de sa colline.
Selon lui, l’agriculture, qui est pourtant une activité importante, ne garantit pas un revenu stable. Il souligne par exemple les difficultés liées à la culture du maïs. « À la maison, nous avons plus d’une tonne de maïs. Quand tu décides de le vendre au marché, on te l’achète à 900 BIF le kilo. Avec les dépenses engagées pour sa culture, il est impossible de réaliser un bénéfice. »
Malgré tout, il reste optimiste et encourage les jeunes à se tourner vers les métiers et l’entrepreneuriat pour faire face au chômage après les études.
Pour Sylvère Nyandwi, un jeune commerçant de 23 ans, originaire de la colline Gihororo, certains jeunes travaillent avec détermination et certaines promesses des élus, notamment en matière de sécurité, sont respectées. Mais, il insiste sur la nécessité d’un soutien concret pour permettre aux jeunes de développer leurs projets et de contribuer au développement local.
Les jeunes filles se battent aussi pour leur survie
Cette catégorie sociale n’est pas épargnée. Après ses études, Fillette Manirakiza, native de la colline Gasare a été contrainte de combiner l’agriculture et être agente Lumicash pour survivre. « Après l’école, il est difficile de trouver un emploi. A part la vente de l’argent électronique, moi, je me suis reconvertie dans la culture du maïs et des haricots. »
Un secteur qui ne manque pas de défis. Selon elle, le manque de fertilisants agricoles entraîne des pertes énormes. Elle ajoute que la politique de stabulation permanente ne permet pas de produire du fumier organique en quantité suffisante.
S’adressant aux élus, elle évoque des promesses non tenues ou non encore honorées comme l’accès à l’électricité. « Lors de la campagne électorale, on nous avait promis cela. Mais, jusqu’à présent, rien ne semble se projeter dans ce sens. »
Elle attire également l’attention sur un phénomène inquiétant : les grossesses non désirées chez les jeunes filles qui entraînent souvent les abandons scolaires. « Beaucoup de filles quittent l’école à cause de ces grossesses. » Mme Manirakiza appelle les jeunes filles à s’orienter vers l’entrepreneuriat.

Odette Ngendakumana de Burengo a fait un parcours similaire. Diplômée en informatique de gestion, elle n’a pas trouvé de l’emploi dans son domaine. « Aujourd’hui, je suis agente Lumicash et agricultrice pour avoir un peu d’argent afin de subvenir à mes besoins. Mais, la situation est compliquée. »
Pour échapper au chômage, elle insiste sur la nécessité pour les jeunes de diversifier leurs compétences. « Il ne faut pas se limiter à son domaine d’études. Il faut apprendre d’autres métiers pour sortir du chômage. » Elle appelle aussi les responsables politiques à honorer leurs engagements. « Quand un élu oublie ses promesses, il perd la confiance de la population.»
Digne Muhimpundu, une autre jeune femme de Burengo, s’est tournée vers le commerce informel pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle décrit une réalité marquée par la précarité et les abandons. « Beaucoup de filles abandonnent l’école, souvent à cause de grossesses non désirées. Certaines sont rejetées par leurs familles et les responsables refusent d’assumer. »
Elle pratique elle aussi l’agriculture et déplore le manque de fertilisants. Elle explique qu’elle utilise du fumier naturel pour compenser ce manque. « Cela donne des résultats, mais ce n’est pas suffisant.»
Les femmes se battent pour leur dignité et autonomie
Sur la colline Bandaga, Perussi Iradukunda est membre d’une coopérative de couture et d’agriculture. Elle revient sur les réalités vécues par les femmes de sa localité. « Les femmes font souvent face à la pauvreté. Car, certains hommes passent leur temps dans les bars et gaspillent l’argent dans la consommation d’alcool. Ils n’aident pas leurs femmes dans les activités familiales. »

Elle explique que cette situation est aggravée par des comportements irresponsables de certains maris. Selon elle, ils vont jusqu’à vendre les récoltes familiales sans le consentement de leurs épouses. « Ce qui plonge davantage les ménages dans la précarité. » À cela s’ajoute la difficulté pour les femmes d’intégrer des coopératives faute de moyens pour payer les cotisations.
Le manque de fertilisants constitue un autre défi majeur pour ces agricultrices. « Nous avons un problème grave de fertilisants. J’ai passé une commande en septembre 2025, mais, jusqu’à aujourd’hui, elle n’a pas encore été livrée. » Elle précise que, parfois, les membres d’une organisation appelée Tubura partagent le peu d’engrais disponibles. « Il faut que les autorités nous distribuent les fertilisants à temps ainsi que des semences sélectionnées. », plaide-t-elle.
Quant Evelyne Niyongabire, originaire de la colline Kavumu, elle souligne les défis agricoles auxquels sont confrontés les citoyens. Selon elle, la culture du maïs est très pratiquée dans cette région. Cependant, ils font face à de nombreux défis comme le dysfonctionnement de l’Anagessa. D’après elle, l’agence tarde à payer leurs récoltes. « Pour éviter ces retards, beaucoup vendent directement aux commerçants. »
Elle dénonce elle aussi le manque de fertilisants qui constitue un problème majeur à la production. « Nous avons manqué d’engrais chimiques pour la saison B. Certains avaient même payé depuis la saison précédente. »
Selon elle, même les quantités disponibles sont insuffisantes. « Imagine douze sacs d’engrais pour toute une colline. Il est impossible que chacun en bénéficie alors qu’il y a un citoyen qui peut passer une commande de ces douze sacs à lui seul. »
Des difficultés s’observent aussi dans le domaine sanitaire. Mme Niyongabire indique que les hôpitaux publics manquent cruellement de médicaments. Ce qui pousse les citoyens à se tourner vers des pharmacies privées. « Nous sommes obligés d’acheter les médicaments à 100 %, car les mutuelles ne fonctionnent presque plus. » Elle affirme aussi que les services dans ces hôpitaux sont de mauvaise qualité.
En tant que commerçante, elle est également touchée par la hausse des prix liée au manque de carburants. Elle reconnaît néanmoins que certains projets d’aide aux plus démunis ont été mis en place.
Sur la colline Burengo, Consolante Ntakintije, couturière et agricultrice, partage des préoccupations similaires. « Nous cultivons, mais les récoltes sont mauvaises à cause du manque de fertilisants. » Elle dénonce également une inégalité dans leur distribution. « Quand il y a des fertilisants, les riches sont servis en premier. Les pauvres sont souvent oubliés. »
Elle souligne en outre que de nombreuses femmes portent seules la responsabilité du développement de leurs familles. Ce qui accentue leur vulnérabilité. « Les femmes doivent se réveiller, s’organiser en associations et comprendre qu’elles sont capables. »
Elles restent débout
Pour survivre, Mme Niyongabire a choisi d’entreprendre dans le commerce et elle est membre de l’association Turikumwe. Cette dernière sensibilise les jeunes et les femmes, tout en incluant les hommes, pour lutter contre les violences basées sur le genre. Elle affirme qu’avec cette organisation, la femme est beaucoup plus valorisée.
« Les femmes ne se limitent plus aux tâches ménagères elles s’affirment de plus en plus dans la vie économique et sociale. Elles se regroupent dans des associations et des coopératives où elles réalisent des projets de développement. »
Elle ajoute que, même dans les postes de prise de décisions, elles ne sont pas restées en retrait. Elles se sont fait élire et occupent aujourd’hui divers postes de responsabilité à différents niveaux. « Même l’administrateur de notre commune est une femme ainsi que son prédécesseur. On retrouve des femmes dans les zones, les collines et dans les conseils collinaires. »
D’après Mme Niyongobare , les violences basées sur le genre vont decrescendo. Il en est de même pour les grossesses non-désirées en milieu scolaire. « C’est grâce aux différentes sensibilisations faites par des associations comme celle dont je suis membre. »
Cependant, elle déplore que beaucoup de jeunes quittent le pays pour chercher du travail à l’étranger. Ce qui est, selon elle, l’une des conséquences directes du chômage juvénile.
Mme Iradukunda note elle aussi une évolution positive dans la participation politique des femmes. « Nous avons vraiment participé aux récentes élections. Aujourd’hui, certaines collines sont dirigées par des femmes. » Elle donne l’exemple des collines Matongo, Ruganza et Nyarumanga. Elle regrette cependant que certaines femmes, en particulier les moins instruites, s’auto-excluent des postes de responsabilité. « Elles pensent qu’elles ne sont pas capables. »
L’accès aux financements, un grand handicap
Nibigira évoque des cas de discrimination liés au sexe des enfants. « Lorsqu’une femme ne met au monde que des filles, elle est souvent harcelée par son mari ou sa belle-famille. Il arrive même qu’on lui retire ses terres. »
Les veuves sont particulièrement vulnérables. « Après la mort de leur mari, elles sont souvent harcelées par les membres de la belle-famille. »

Elle tire également la sonnette d’alarme sur les grossesses précoces. « Certaines jeunes filles sont séduites par des hommes plus âgés, parfois des motards ou des personnes aisées, qui utilisent l’argent pour les manipuler. » Dans certains cas, ces filles sont rejetées par leurs familles après l’accouchement.
Face à ces situations, des actions de sensibilisation sont menées pour lutter contre les violences et promouvoir les droits des femmes. « Nous accompagnons les victimes et, en cas d’échec de médiation, nous transférons les dossiers à la justice. »
Concernant le développement économique, elle souligne que les femmes s’investissent de plus en plus dans le commerce informel et les associations. Parfois, les hommes n’autorisent pas à leurs femmes d’intégrer des associations pour le développement « Nous sensibilisons les hommes pour leur montrer que le développement familial passe par la collaboration entre l’homme et la femme. »
Cependant, l’accès aux financements reste un défi. « Les institutions financières sont éloignées. On les trouve notamment à Gitega. Les procédures sont aussi longues. Certains dossiers prennent plus d’un an sans aboutir. »
Malgré tout, elle observe des avancées en matière de représentation féminine. « Aujourd’hui, des femmes occupent des postes de décision, y compris au niveau administratif. Cela montre qu’elles sont capables. »
Entretien
Robert Kanani : « Notre objectif est d’atteindre zéro abandon scolaire et grossesse non désirée. »

Selon le nouveau découpage administratif, comme se présente la commune Matongo ?
Matongo est l’une des communes de la nouvelle province de Butanyerera. Elle est composée des trois anciennes communes, à savoir Gatara, Butanganzwa et Matongo ainsi qu’une partie de l’ancienne commune Bukeye. C’est-à-dire la partie de la zone Busangana. Elle comprend 11 zones, 89 collines de recensement et 305 sous-collines. Environ 18 collines riveraines de la Kibira font désormais partie de la commune Matongo.
Quels sont les principaux projets en cours ?
Il y en a beaucoup. Mais, les plus importants sont la construction du nouveau bureau communal et un hôtel communal pour multiplier les sources de recettes communales.
Quel est le coût pour ces deux infrastructures ?
Pour le bureau communal, il s’agit d’un building de quatre niveaux. Le coût est estimé à plus de 6,5 milliards BIF. Pour l’hôtel, le coût des travaux est estimé à environ 3 milliards BIF. Nous sommes déjà au 1er niveau. Il en est de même pour le bureau communal où bientôt, on va bétonner le 1er niveau.
Quelles sont les sources de financement ?
Tout se passe dans l’entente. En préparant ces projets, nous avons approché la population et elle va contribuer. En tout cas, ça ne sera pas un fardeau pour la population. La contribution par ménage et pour chaque personne âgée de 18 ans ne va pas excéder 1 000 BIF.
En plus, il y a les recettes communales provenant des taxes et des impôts. La commune a aussi des amis, des natifs et de la diaspora. L’Etat va aussi contribuer.
D’autres projets concernent la protection de l’environnement.
Lesquels ?
Vous constatez que le relief de notre commune est escarpé. Nous allons continuer à tracer des courbes de niveau pour lutter contre l’érosion. Nous multiplions aussi des pépinières pour le reboisement, y compris des arbres fruitiers et fourragers. Nous sensibilisons aussi la population à installer des composts pour la production du fumier organique. Nous avons déjà constaté que quand on mélange le fumier organique et l’engrais chimique, la production augmente.
Nous sommes aussi en train de protéger les marais en plantant des arbres au bord des rivières et sur des zones menacées d’effondrement. Nous avons déjà vu qu’en cas de fortes pluies, l’érosion s’accentue.
Nous continuons aussi l’entretien des routes à commencer par la RN1 en faisant le curage des caniveaux. Il en est de même pour les routes secondaires. Les travaux vont de pair avec la réhabilitation de vieux ponts et la construction d’autres.
La modernisation des habitations est aussi une priorité.
Cela veut dire quoi précisément ?
Notre objectif est que les gens aient de belles maisons, des habitations décentes. Nous nous sommes entendus avec les propriétaires de maisons bordant la RN1. Ils doivent construire des habitations en briques cuites et des couvertures en tôles. En attendant d’être alimenté en électricité, nous faisons recours à l’énergie solaire. Il faut savoir que Bandaga est la 57e ville du Burundi.
Vous avez évoqué l’installation des composts pour produire du fumier organique, comment a été la distribution des fertilisants en provenance de Fomi ?
Nous ne pouvons pas dire que la quantité est suffisante. Les besoins sont immenses. Pour répondre à l’appel des autorités d’augmenter la production agricole, je dois signaler qu’à Matongo, même les espaces ou les terres qui n’étaient pas exploitées sont aujourd’hui mis en valeur. Ce qui a augmenté donc la demande en fertilisants.
Quelle est la place des femmes et des jeunes dans ces projets de développements ?
D’abord, les femmes sont représentées dans les instances dirigeantes de la commune. Elle est même dirigée par une femme. Dans l’administration à la base, elles sont présentes. Les femmes contribuent beaucoup dans le développement de leurs familles. Elles sont très actives dans les associations et les coopératives. Il y a aussi des femmes commerçantes.
Quid du respect de leurs droits ?
Je ne peux pas dire que tout est rose. Des cas de violences faites aux femmes sont signalés. C’est surtout des violences économiques. Certains hommes gaspillent les richesses familiales après la récolte des oignons, du café, etc.
Avec l’introduction de la mise en commun des terres, cette politique a beaucoup contribué pour faire baisser les cas des violences économiques. Avant, un homme pouvait passer à côté et aller vendre un champ de maïs à l’insu de son épouse. Mais, aujourd’hui, tout le monde cultive, sarcle et récolte au même moment.
Quid des grossesses non désirées et des mariages illégaux ?
Quelques cas existent mais ils ne sont pas fréquents. Pour lutter contre cela, nous avons demandé aux administratifs à la base de mener des sensibilisations surtout envers les jeunes filles.
Qu’en est-il des femmes Batwa ? Sont-elles impliquées dans le développement ?
Elles n’ont pas été laissées de côté dans le développement de la femme. Prenons l’exemple de la colline Ruganza. Elles ont créé une association dénommée Kirimba. Elles participent dans les projets de protection de l’environnement et d’autres sources de revenus. La commune leur donne des tôles ondulées pour leurs maisons.
Dans les témoignages recueillis ici, des femmes disent qu’elles ont des difficultés d’accès aux crédits bancaires. Etes-vous au courant ?
Oui, nous sommes au courant de cette situation. Vous voyez que la banque pour les femmes se trouve à Gitega. Mais, nous les rassurons que d’ici peu, il y aura une agence de cette banque dans notre commune. Actuellement, c’est vraiment fatiguant d’accéder aux services de cette banque.
Comment ?
En fait, aujourd’hui, pour avoir un crédit, tout le comité exécutif doit se déplacer vers Gitega pour signer. Ce qui occasionne des dépenses supplémentaires comme les frais de déplacement, le loyer et la ration. Cela crée aussi des suspicions parmi les membres.
Et quelle est la part des jeunes dans le développement ?
Nous essayons d’abord de sensibiliser les jeunes diplômés pour entreprendre. L’Etat ne peut pas embaucher tout le monde. Ils doivent mettre en valeur les connaissances apprises à l’école en créant des emplois.
Je dois dire que les jeunes sont à l’œuvre. Certains ont reçu des crédits auprès du PAEEJ ou ont bénéficié des formations.
Dans certains coins du pays, il existe des coopératives Sangwe. Elles ont reçu de l’argent de la part de l’Etat. Certains bénéficiaires ont cru que c’était un don et se trouvent aujourd’hui incapables de rembourser. Quelle est la situation ici ?
Pour les coopératives Sangwe, certaines ont pu rembourser. Elles ont déjà remis entre 8 et 10 millions BIF. Nous leur avons fait comprendre que l’argent octroyé n’était pas un don mais un crédit remboursable. D’autres sont en train de rembourser. Mais, je dois avouer qu’il y en a d’autres qui sont tombés en faillite.
Concernant leur représentativité, ils sont présents dans l’administration et sont consultés lors de l’élaboration des projets.
Quels sont les défis auxquels les jeunes font face ?
Ils manquent de formations sur les métiers. En fait, quelqu’un peut avoir terminé les études avec un diplôme d’enseignant, mais, il ne trouve pas du travail. S’il bénéficie alors des formations en métier, il peut exercer d’autres activités génératrices de revenus.
Qu’en est-il des abandons scolaires dans votre commune ?
Cela a tellement baissé. Dans trois mois, nous aurons déjà mis en place des comités scolaires au niveau collinaire, zonal et communal. Notre objectif c’est d’atteindre zéro abandon scolaire et zéro grossesse non désirée. Ça fait partie de nos priorités de 100 jours.
Des vendeurs de fruits interrogés veulent qu’il y ait une usine de transformation ici sur place. Qu’en dites-vous ?
En fait, la commune Matongo était le grenier de la Communauté est africaine en ce qui est des fruits. Je donne l’exemple de la prune de Japon et du maracuja. La production était écoulée vers le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda. Malheureusement, à un certain moment, ces cultures ont été attaquées par une maladie. Ce qui a diminué la production.
Aujourd’hui, on est en train de chercher le remède. Nous avons besoin de projets pour développer cette filière. Une usine de transformation est vraiment nécessaire pour rentabiliser la production. Pas seulement pour les fruits, nous en avons aussi besoin pour le maïs car, notre commune en produit beaucoup.