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Viabilisation par intégration, un fardeau de plus

Après la sortie du décret N°1001/126 du 18 septembre 2026 portant viabilisation par intégration et restructuration des quartiers spontanés, certains bénéficiaires saluent le projet. Cependant, leur santé financière étant faible, ils disent qu’ils ne seront pas capables de contribuer dans la réalisation de ces travaux.

Dans une réunion tenue le 24 septembre 2026 à Gitega à l’endroit des ministres, des gouverneurs de provinces, des administrateurs communaux et des responsables du secteur de la construction, Nestor Ntahontuye, Premier ministre, a annoncé le lancement des travaux de pavage des voiries dans tous les quartiers du pays.

Il a précisé que les travaux seront réalisés par la population elle-même. L’Etat va intervenir dans les travaux de grande envergure. « Chaque citoyen, là où il vit, doit apporter sa contribution à l’aménagement de sa ville ».

Il a par ailleurs informé que le cadre légal est prêt notamment le décret présidentiel du 18 septembre 2026. Il précise que le gouvernement a prévu une enveloppe de 10 milliards de francs burundais destinée aux caniveaux nécessitant des machines et aux indemnisations.

Il fait savoir qu’un communiqué détaillant la contribution financière des citoyens selon la superficie de leurs parcelles donnant sur la route à paver sera porté à la connaissance du public.

De son côté, en vue de mettre en application le décret présidentiel, Egide Njimbere, ministre des Infrastructures, de l’Équipement et des Transports, a rendu publics, le mardi 29 septembre 2026, les tarifs de contribution des citoyens pour les travaux de pavage dans leurs quartiers.

Il a fait savoir que tout propriétaire d’une maison ou d’une parcelle située le long d’une route devra contribuer à hauteur de 61 773 FBu par m2.

Le ministre Nijimbere a précisé que le calcul se fera en fonction de la longueur de la parcelle longeant la route, multipliée par trois mètres correspondant à la partie de la route à prendre en charge par chaque riverain.

Tenir compte des capacités financières des citoyens

Les citoyens rencontrés saluent ledit décret qui vise à réorganiser l’espace urbain ou à vocation urbaine occupé de manière anarchique et à prévenir l’extension des quartiers non planifiés.

Cependant, ils s’indignent du fait que les bénéficiaires de ladite viabilisation vont contribuer financièrement dans la réalisation de ces travaux.

Certains disent qu’ils ont des moyens financiers très limités ne pouvant pas leur permettre de participer au financement des travaux de viabilisation. « Cela risque d’être un casse-tête pour certains. Nous avons dépensé pour paver l’espace situé entre la chaussée et nos parcelles. Maintenant, nous allons payer pour la viabilisation. Où allons-nous trouver cet argent ? »
Pour eux, les services publics en charge de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire devraient tenir compte de la capacité financière des citoyens.

Egide Nijimbere : « Tout propriétaire d’une maison ou d’une parcelle située le long d’une route devra contribuer à hauteur de 61 773 FBu par m2 »

Par ailleurs, dans leur entendement, ils disent que la viabilisation incombe, au premier chef, aux services publics. « Nous payons l’impôt foncier. Nous payons d’autres taxes et impôts. Finalement, à quoi sert l’argent du contribuable ? », s’insurge M.G., un habitant du quartier Winterekwa en commune Ntahangwa.

Dans certains quartiers comme Kinanira en commune Mugere et Gasenyi en zone Gihosha, commune Ntahangwa, les habitants dénoncent des promesses non tenues. Ils sont découragés par l’expérience du passé.

Ils font savoir qu’ils ont payé depuis belle lurette pour le pavage des rues et avenues mais que ce projet est resté lettre morte. « Nous avons donné nos contributions il y a de cela plus de 20 ans. Le projet n’a pas été exécuté. Personne ne nous dit où se trouve notre argent. Il s’est volatilisé dans la nature ».

Quid de la viabilisation par intégration et restructuration des quartiers spontanés ?

Les expressions viabilisation par intégration, restructuration et quartier spontané sont définis dans l’article 4 du décret N°1001/126 déjà cité. Aux termes dudit article, on entend par viabilisation par intégration : un processus par lequel plusieurs propriétaires fonciers, à travers une démarche volontaire ou encadrée, confient la gestion de leurs terrains à une autorité habilitée pour la réalisation d'infrastructures de base en l'occurrence la voirie, les infrastructures d'alimentation en eau potable et en électricité, les infrastructures d'assainissement et les infrastructures de télécommunications. Selon le même article, un quartier spontané est l’ensemble d'habitations construites sans autorisation préalable ni planification urbaine, souvent dépourvues d'infrastructures de base notamment la voirie, les infrastructures d'alimentation en eau potable et en électricité, les infrastructures d'assainissement et de télécommunications. La restructuration, quant à elle, est l’opération d'aménagement urbain ou des centres à vocation urbaine consistant à réorganiser une agglomération ou un quartier précaire et informel en modifiant la composition et l'agencement de leurs éléments. Le but poursuivi est surtout de relier les rues existantes pour former des îlots desservis, tout en aménageant des voiries et des caniveaux pour l'évacuation des eaux pluviales, protégeant ainsi les rues contre l'érosion. Quid du financement ?   Les indications sur les financements sont dans les articles 8, 10, 13, 14 et 15 du même décret. Article 8 : Le financement des opérations de viabilisation par intégration ou de restructuration des quartiers spontanés peut être assuré par : 1.° Le budget général de l'Etat et/ou les budgets des communes ; 2.° Les bénéficiaires directs par leur participation selon une clé de répartition définie dans la convention ; 3.° Les promoteurs immobiliers ou autres partenaires techniques et financiers ; 4.° Les mécanismes de financement innovants tels que les partenariats public-privé, les subventions, etc. Article 10 : Pour la restructuration des quartiers, l'Etat commence les travaux qui lui reviennent quand les habitants d'une avenue ont donné leur contribution. Article 13 : Les bénéficiaires du projet de restructuration participent à la hauteur du coût des travaux réalisés sur leur superficie de bord concernée par les infrastructures d'assainissement. Le niveau de contribution des bénéficiaires est déterminé par une ordonnance ministérielle Article 14 : Chaque bénéficiaire de la viabilisation par intégration ou de restructuration d'un quartier doit contribuer proportionnellement au prorata de sa superficie pour les travaux d'aménagement et d'assainissement. Article 15 : L'Etat intervient pour les travaux de grande envergure, notamment les grands caniveaux collecteurs ou des ponts et d'autres infrastructures telle que jugée par les responsables administratifs locaux et/ou ministériels.

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