Des croquis, des arguments qui se voulaient solides, des explications détaillées : le projet récemment annoncé par le ministre en charge des Infrastructures semblait conçu pour obtenir une large adhésion. Il fixe les contributions des citoyens au pavage des rues de leurs quartiers.
Mais cette initiative, pavée de bonnes intentions, n’a pas recueilli les « likes » escomptés. Elle a suscité un tollé, alimenté les polémiques et provoqué des commentaires passionnés, jusqu’aux lettres ouvertes.
Fallait-il une meilleure campagne de communication pour expliquer ces contributions exigées des propriétaires dont les parcelles donnent sur la voie publique ? Peut-être. Mais les inquiétudes dépassent la manière dont la mesure a été annoncée.
Certains dénoncent cette « fâcheuse manie » du gouvernement de demander toujours davantage aux contribuables, en multipliant taxes et contributions. Ils s’interrogent sur l’utilisation des recettes déjà collectées pour financer les dépenses inscrites au budget général de l’État.
D’autres posent une question directe : ces fonds seront-ils bien gérés ? Dans certains quartiers, les citoyens n’ont pas oublié les cotisations versées il y a deux décennies pour le pavage de leurs rues. Selon les témoignages évoqués, les sommes se seraient volatilisées, tandis que les sociétés ayant obtenu les marchés auraient disparu.
Le cas de Cankuzo revient aussi dans les discussions. Où sont passés les montants débloqués pour le pavage ? À l’hémicycle de Kigobe, le Premier ministre de l’époque annonçait des travaux largement avancés. Un élu de la région avait crié au scandale : selon lui, seuls quelques monticules de sable et de pavés bordaient les rues concernées.
Ces précédents nourrissent les inquiétudes face à l’obligation faite aux propriétaires riverains de contribuer à hauteur de 61 773 FBu par mètre carré. Les citoyens pensent également à la RN3 menant à Rumonge, inachevée, et aux travaux du boulevard Lieutenant-Général Adolphe Nshimirimana, qui s’enlisent depuis de longs mois.
La construction des bureaux zonaux, à 220 millions de FBu l’unité, alimente la défiance. Certains restent inachevés malgré le déblocage des fonds. D’autres présentaient, avant même leur réception, des murs fissurés et des toitures laissant passer la pluie.
Pour rassurer, le ministre Égide Nijimbere annonce un comité de gestion par rue. L’État fournira des engins et construira, si nécessaire, des ponts et des caniveaux.
Ces assurances suffiront-elles ? Les commentaires parfois excessifs ou malveillants ne doivent pas masquer les questions légitimes sur la gestion des contributions et l’achèvement des travaux.
Le besoin de paver les rues est réel. Mais les citoyens attendent des réponses sur les engagements passés. Pour obtenir leur adhésion, le gouvernement devra montrer que leur argent servira effectivement aux travaux annoncés. La crédibilité du projet en dépend.
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