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Environnement

Un nouveau souffle dans la gestion des catastrophes ?

20/07/2020 Clarisse Shaka Commentaires fermés sur Un nouveau souffle dans la gestion des catastrophes ?
Un nouveau souffle dans la gestion des catastrophes ?
Des maisons inondées à Carama en janvier 2020.

Selon l’OIM, depuis 2018, le Burundi a enregistré plus de 100 mille personnes touchées par les catastrophes naturelles, plus de 32 mille déplacés, 12 mille maisons et beaucoup d’infrastructures publiques détruites. Un projet de réduction des risques de catastrophes vient de voir le jour.

De janvier 2018 à avril 2020, le pays a connu 281 catastrophes naturelles dont principalement les pluies torrentielles provoquant des inondations et des glissements de terrain.

Selon les données de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations), 83% des déplacements dans le pays sont dus aux catastrophes naturelles.
Un état des lieux établi ce mardi 7 juillet lors du lancement du projet « Réduction des risques de catastrophes » (RRC) financé par l’Union européenne à hauteur de 121 millions d’euros, soit autour de 250 milliards de francs burundais. Un projet qui va être parrainé par le ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique.

Ce projet de 36 mois, qui vise à réduire la vulnérabilité des populations affectées par les catastrophes, va toucher toutes les provinces et communes du pays. L’activité importante sera d’établir une cartographie des zones à risques dans tout le pays. Mais aussi l’élaboration des plans de contingence au niveau provincial et communal.

Il prévoit aussi un renforcement des capacités des institutions et de la population sur les mécanismes de réponse aux catastrophes naturelles. A cet effet, il est prévu une formation de 60 mille personnes sur la réduction des risques de catastrophes. Et 85 mille autres sur les interventions d’aménagement du territoire, d’après l’UE.

Absence du système d’alerte précoce, un grand défi

Jean-Marie Sabushimike : « La gestion des catastrophes est difficile sans système d’alerte précoce »

Le géographe Jean-Marie Sabushimike estime que la gestion des catastrophes au Burundi sera toujours difficile voire impossible tant que le système d’alerte précoce ne sera pas mis en place. « C’est un élément qui manque cruellement », intervient ce professeur d’Université lors de cet atelier.

Pour lui, il faut revoir la politique nationale surtout le cadre légal pour mettre en place le système d’alerte précoce. Sinon, « le développement urbain risque d’être gravement compromis ».

Cet expert évoque le cas de Gatumba comme une question « très gênante ». Pour lui, le gouvernement devrait prendre le courage à deux mains pour carrément rayer de la carte d’occupation cette zone.

Sur cette proposition, le DG de la gestion des catastrophes, Antoine Ntemako, indique qu’il faut d’abord une cartographie des zones à risque pour identifier les localités interdites aux constructions.

De surcroît, pour déménager une population, il faut beaucoup de moyens dont le gouvernement ne dispose pas, selon lui. Il fait savoir que le gouverneur de Bujumbura a rendu disponible un domaine. « Il faut que les partenaires s’impliquent ».

Concernant l’absence de système d’alerte précoce au niveau national, M. Ntemako, également président de la Plateforme nationale de la gestion des catastrophes, reconnaît que le cadre légal connaît un problème.

La Constitution du Burundi ne prévoit nulle part la gestion des catastrophes, d’après lui. « Aucun point sur ce domaine. Il faudrait au moins un décret présidentiel ou ministériel ».

La cartographie des risques, une « réponse tant attendue »

Pour le DG de la gestion des catastrophes, la cartographie des risques sera une réponse à de nombreux problèmes

Le DG de la gestion des catastrophes parle d’un projet très important qui comprend essentiellement la cartographie des zones à risque sur laquelle le pays va se référer pour préparer n’importe quel projet. « C’est cela qui manquait cruellement ».

Pour ce commissaire de police, c’est sur base de cette carte que l’Etat pourra prévoir les activités dans tous les domaines : les constructions, l’agriculture, etc. La population pourra désormais savoir où cultiver ou pas, où il ne faut pas construire.

Grâce à cette cartographie, le gouvernement saura aussi quelle décision prendre pour la zone Gatumba ou les montagnes qui surplombent la ville de Bujumbura, s’il faut délocaliser la population ou pas. Bref elle sera une réponse à de nombreux problèmes, rassure Antoine Ntemako.

Ce projet qui s’inscrit dans le cadre du programme « Résilience » de l’UE va aussi intervenir dans le domaine de la nutrition et la santé. Les activités consisteront à réduire la malnutrition en améliorant la production agricole, offrir à la population bénéficiaire l’accès aux services de soins de qualité et l’accès à une source d’énergie moderne.

Concrètement, plus de 40 mille producteurs auront une formation agricole. Plus de 30 mille ménages vont bénéficier d’activités génératrices de revenus et plus de 1000 groupes d’épargne-crédit seront créés.

Plus de 28 mille enfants malnutris seront admis dans des programmes de réhabilitation nutritionnelle, selon toujours l’UE. Les activités de ce projet seront exécutés par les organisations OIM et Oxfam.

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