Les questions foncières ont retenu beaucoup l’attention des participants à la réunion du 11 juillet 2026 regroupant les membres de l’Association des natifs de la commune Rumonge, Assonaru.
Ils ont été informés que Rumonge est la première commune au Burundi qui enregistre beaucoup de dossiers liés aux terres et autres biens se trouvant sur la table de la Commission Vérité et Réconciliation, CVR, avec plus de 4 000 dossiers.
Des conflits autour des terres des paysannats s’y observent également. Il en est de même dans les juridictions où on compte beaucoup de dossiers ainsi que des conflits familiaux autour du foncier.
Incompréhension autour de la location des palmerais
Certains participants ont indiqué ne pas comprendre pourquoi ils doivent louer des champs de palmiers à huile qui se trouveraient sur des terres de leurs parents ou grands-parents. Ils font savoir qu’aujourd’hui, l’Office de l’huile de palme, OHP, exige une location par an qui s’élève à 700 000 FBu. Elle a commencé à être versée au début de 2026 avec une pénalité de 5% pour ceux qui paieront après le 1er juillet de cette même année.
Ils considèrent cela comme une injustice dans la mesure où leurs parents avaient des plantations avant que la Société régionale de développement (SRD) de Rumonge n’y implante des blocs de palmiers à huile en 1984.
Ils demandent de revisiter ensemble les archives se trouvant à l’OHP pour voir les vrais anciens propriétaires des terres avant la replantation des palmiers à huile de la nouvelle variété dite « Tenera » qui a remplacé l’ancienne variété dite « Dura ».
Beaucoup de participants ont par ailleurs suggéré qu’il soit tenu des Etats généraux sur la problématique foncière car sa genèse remonte à 1972 avec plus de la moitié de la population de la commune Rumonge partie à l’exil. Ainsi, leurs terres ont été occupées par d’autres personnes.
Augustin Sinzoyibagira, président de l’Assonaru, estime que la vraie réconciliation passera par une lecture commune du passé de la commune. A cet effet, les gens doivent s’asseoir sur une même table et discuter sans faux fuyant de la gestion des terres de la commune. Ce qui pourra permettre d’aboutir à des solutions durables qui conduiront à une vraie réconciliation.
Il lance un appel à tous les intervenants dans le secteur foncier pour se préparer afin de participer à ces assises.
L’éducation, une autre grande préoccupation
La question relative à l’éducation a aussi attiré l’attention des participants. Ils ont appris que la commune enregistre de faibles résultats au niveau du concours national et de l’examen d’Etat.
M. Sinzoyibagira est revenu sur les suggestions faites par Assonaru visant à améliorer le secteur de l’éducation. Il propose notamment qu’il y ait la promotion d’un leadership engagé pour l’éducation. Il insiste sur l’encadrement des écoles en nommant à leurs têtes des directeurs qui sont à la hauteur de leurs tâches.
Il propose aussi qu’il y ait un mécanisme de suivi-évaluation des décisions prises lors des états généraux de l’éducation en commune Rumonge.
Résoudre les conflits à l’amiable
Augustin Minani, administrateur communal de Rumonge, a de son côté remercié les natifs d’avoir organisé la réunion. Il les a invités à s’impliquer activement dans l’encadrement de la population sur les différentes collines surtout en faisant la promotion des règlements à l’amiable des conflits fonciers afin d’aboutir à une paix durable.
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