Les bâtiments construits au port de Rumonge ces dernières années pour faire le contrôle et la surveillance de la maladie à virus Ebola ont été détruits par la montée des eaux du lac Tanganyika. Ce qui complique le travail de suivi de cette maladie, indique Dr. Alexis Nkurunziza, médecin chef de district sanitaire de Rumonge.
Il précise que deux infirmiers y sont affectés pour prendre la température de tous ceux qui entrent ou sortent. Il trouve que ces infirmiers courent le risque d’être contaminés car la prise de température et le triage des voyageurs devraient se faire dans un endroit approprié. Ce qui n’est pas le cas présentement.
Une peur fondée
B.A, un commerçant au port de Rumonge souligne qu’il a très peur, que ceux qui y exercent des activités sont très exposés à la maladie. Et pour cause, le lieu constitue un grand point d’entrée des personnes en provenance de la République démocratique du Congo.
En outre, après la déclaration du ministère burundais de la Santé publique sur la maladie, il fait observer que rien n’est fait pour renforcer son contrôle et sa surveillance.
Il regrette que beaucoup de gens ne soient pas mobilisés pour se prévenir contre cette terrible maladie car ils continuent de se comporter comme si de rien n’était.
Aucun équipement ni des équipes techniques ne sont sur place alors que la majorité de ceux qui passent au port de Rumonge proviennent des localités où le système sanitaire n’est pas développé. Les formations sanitaires y sont insuffisantes ou ne sont pas développées.
Peu d’informations circulent
M.N, une femme qui tient un restaurant au port de Rumonge regrette que les mesures barrières pour se prévenir contre le virus Ebola ne sont pas connues par les gens qui exercent des activités à ce port.
Elle souligne que des seaux d’eau pour se laver les mains ne sont pas très disponibles dans certains endroits, le port dispose d’un seul robinet où l’eau coule alors que des centaines de gens y passent toute la journée.
Des latrines ont été détruites par la montée des eaux du lac Tanganyika avec toutes les conséquences que cela comporte sur la santé de la population.
Elle suggère que des séances de sensibilisation soient menées auprès des gens qui embarquent ou qui déparquent des bateaux ainsi qu’auprès des personnes qui y exercent les activités pour les informer des attitudes et des comportements à suivre face à cette maladie.
Elle fait observer que les mouvements transfrontaliers se sont intensifiés ces derniers mois. Ce qui augmente le risque de contamination à la suite de la promiscuité.
La plateforme communale de gestion des risques en alerte
Augustin Minani, administrateur communal de Rumonge, informe que la plateforme de gestion des risques et des catastrophes est en alerte pour suivre au quotidien et surveiller le comportement de la population face à la maladie.
Il demande à celui ou celle qui voit des symptômes de cette maladie d’alerter les structures sanitaires ou les autorités administratives pour évacuer les suspects vers une formation sanitaire la plus proche.
L’administrateur demande à la population d’observer les mesures d’hygiène, de s’abstenir de manger de la viande des animaux sauvages morts et de ne pas toucher un cadavre sans aucune protection..
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