Mardi 13 avril 2021

Politique

Réaction à l’article de Fabien Cishahayo : « Ne pas faire porter aux enfants le poids des crimes du passé »

14/06/2020 Commentaires fermés sur Réaction à l’article de Fabien Cishahayo : « Ne pas faire porter aux enfants le poids des crimes du passé »
Réaction à l’article de Fabien Cishahayo : « Ne pas faire porter aux enfants le poids des crimes du passé »
C'est une obligation morale de ne pas faire porter aux enfants le poids des crimes du passé.

Par Roger Crettol (Suisse)

De la lecture un peu crispée de l’article de Mr Fabien Cisashayo, je retiens

  • que la culture burundaise et les valeurs attachées à l’ubuntu demandent que, pendant la période de deuil, on s’abstienne de porter des jugements (négatifs) sur une personne décédée.
    Cela n’empêchera pas les proches du défunt Président de faire l’éloge de son action – sans préjudice du jugement que la société burundaise portera plus tard, librement, sur ses réalisations et sur ses excès.
  • que P. Nkurunziza n’est pas né dans un désert, mais dans une société clivée et oppressive et périodiquement soumise à des violences. Durant son activité dans la rébellion, il a développé ses qualités d’organisateur et son ambition – dans un cadre militarisé et autoritaire.
    Fallait-il qu’il brigue la fonction présidentielle ?
  • “ne profanez pas le cadavre de Nkurunziza, parce que vous savez pertinemment que c’est ainsi qu’on fait naître des gens comme lui”
    La réconciliation et le pardon mutuel et sincère sont les ingrédients du bon développement du peuple burundais. Ne pas faire porter aux enfants le poids des crimes du passé, c’est une obligation morale.
  • “Et pourtant nous sommes condamnés à avancer vers …l’État de droit”.
    Oui, c’est le seul espoir, qui devrait procéder d’un choix, et non pas d’une contrainte.

Je ne vois pas les torrents de crachats dans les médias que je consulte. On y parle librement de l’enseignement primaire gratuit, de la gratuité des soins médicaux pour mères et enfants en bas âge, tout autant que des victimes, des abus, des réfugiés quand on fait – à l’occidentale – le bilan du dirigeant défunt. Qui n’était pas un citoyen lambda. Ni aux yeux de la population, ni à ses propres yeux.

Le “Guide Éternel du Patriotisme” est décédé. Oui, respectons les derniers jours de paix de ce frère humain décédé et laissons-le faire ses bagages tranquillement. La levée de deuil et le travail de (re)construction du Burundi interviendront assez tôt.

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Hippocrate au secours !

« Dans toute maison où je serai appelé, je n’entrerai que pour le bien des malades. » Cet extrait du serment d’Hippocrate « échappe » à certains praticiens du corps soignant. Iwacu a mené une enquête en rapport avec le traitement des patients dans (…)

Online Users

Total 989 users online