Mais Marrakech a retenu son souffle.
La Fédération de Football du Burundi (FFB) l’a murmuré, puis confirmé : le match n’aura pas lieu. Annulé. Effacé d’un trait par une main invisible.
La raison ? Le Maroc, gardien vigilant, a suspendu toute joute dans la cité ocre. Marrakech ferme ses portes, non par peur, mais par prudence. Le spectre d’Ebola, ombre ancienne revenue hanter les frontières, impose sa loi. Les autorités sportives ont tranché : mieux vaut taire les trompettes que risquer les larmes.
Ainsi, les Intamba voient leur répétition générale s’évaporer. La Guinée équatoriale, elle aussi, doit refaire ses plans, rengainer ses armes, réécrire sa marche vers les prochaines échéances.
Ce n’est qu’un match amical. Mais chaque minute non jouée est une page arrachée au livre de la préparation. Chaque sifflet absent est un écho qui manque à la symphonie d’avant-guerre.
Le ballon ne roulera pas. Les crampons n’embrasseront pas la pelouse. Pourtant, l’histoire retient ceci : même annulé, ce rendez-vous rappelle que le football, comme les peuples, plie l’échine devant la vie avant de courir après la gloire.
Marrakech attendra. Les Intamba reviendront. Et quand le virus se sera tu, le stade rugira deux fois plus fort.
Patrick Sota
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