Lundi 15 juillet 2024

Société

Plaidoyer pour un Fonds d’indemnisation des victimes de VBG

Plaidoyer pour un Fonds d’indemnisation des victimes de VBG
Jean Pierre Sakaganwa : « La collaboration entre différents ministères est essentielle pour la mise en place de ce fonds »

L’association Jijuka en appelle à la révision de la loi de 2016 sur la prévention, la protection des victimes et la répression des violences sexuelles basées sur le genre (VSBG). Cette association demande qu’il y ait création d’un fonds d’indemnisation des victimes et survivants des VBG souffrant de traumatismes et d’handicaps suite de ces violences.

Selon Jean Pierre Sakaganwa, représentant légal de Jijuka, il y a nécessité de ce fonds pour apporter une réponse complète et juste aux souffrances des victimes.
Les témoignages des victimes révèlent l’ampleur de la souffrance engendrée par les VSBG. « Imaginez-vous des personnes devenues handicapées et qui vivent à la merci des autres parce qu’elles ont été violées de manière bestiale », a-t-il souligné.

Le représentant légal de Jijuka fait savoir que « ces survivants, souvent invisibles, portent des blessures profondes, tant physiques que psychologiques ». D’après lui, nombreux sont ceux qui mènent une vie de marginaux et de pauvres, incapables de subvenir à leurs besoins ou de retrouver une vie normale.

Ces victimes, souvent réduites à cette situation de précarité, sont confrontées à une vie de mendicité et de dépendance. « Ces blessures-là ne peuvent pas être comblées par la prison de l’auteur jugé coupable », a insisté Sakaganwa, appelant à une approche holistique pour répondre aux besoins complexes des survivants.

La création d’un fonds d’indemnisation est donc perçue comme une réponse nécessaire pour combler les lacunes laissées par le système pénal qui, bien que crucial, ne suffit pas à réparer les torts subis.

Jean-Paul Sakaganwa a mis en avant l’idée d’un fonds d’indemnisation comme une solution essentielle pour apporter un soutien tangible aux survivants de VBG. « Nous plaidons pour que le gouvernement puisse vraiment entendre notre cri et notre appel afin que le fonds d’indemnisation soit mis en place », a-t-il exhorté. Ce fonds permettrait de fournir une aide financière aux victimes devenues handicapées, leur offrant ainsi une chance de reconstruire leur vie.

L’engagement de l’État burundais

La Déclaration de Kampala de 2011, adoptée par les États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), engage ces pays à adopter une politique de « tolérance zéro » envers les VSBG et à renforcer les mécanismes de justice pour punir les auteurs.

Cette déclaration appelle également à la contribution à un fonds spécial de la CIRGL destiné à aider les survivants des VSBG. « Les États se sont engagés à accélérer les contributions au fonds spécial pour une assistance adéquate aux victimes », a expliqué Christine Mbonyingingo, professeur d’Université et militante des droits de l’Homme.

En dépit de cet engagement, la mise en œuvre de ces contributions reste inégale, avec de nombreux pays n’ayant pas encore versé leur part. Pour alimenter ce fonds d’indemnisation, plusieurs pistes ont été évoquées.

Alphonsine Bigirimana, juriste et militante de droit de l’Homme, a souligné l’importance de la décentralisation. « Les communes, en tant qu’entité administrative de proximité, devraient élaborer des prévisions budgétaires pour lutter contre les violations basées sur le genre », a-t-elle affirmé.

En outre, l’organisation de campagnes de levée de fonds auprès de la population pourrait constituer une source complémentaire. « Pourquoi ne pas demander à la population de contribuer à la lutte contre les VSBG à travers les impôts et les taxes, et organiser des campagnes de levée de fonds ? », a-t-elle suggéré.
Pour le représentant légal de Jijuka, la mise en place d’un tel fonds nécessiterait la collaboration de plusieurs ministères, notamment ceux de la Justice, de la Santé, du Genre, de Famille et de l’Enfant, ainsi que de la Sécurité publique. Cette commission pluridisciplinaire serait chargée d’évaluer les besoins des survivants et ainsi garantir une distribution équitable des ressources.

VBG

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