Société

L’ombre d’une expropriation sans indemnités plane toujours…

31/10/2018 Hervé Mugisha Commentaires fermés sur L’ombre d’une expropriation sans indemnités plane toujours…
L’ombre d’une expropriation sans indemnités plane toujours…
Sous-colline Mwumba, là où le gouvernement prévoit d'ériger le Sénat et plusieurs autres institutions.

Les habitants de la sous-colline Mwumba, du quartier Nyabututsi rural en commune de Gitega, dont les parcelles se trouvent dans le périmètre délimité pour abriter le Sénat et autres institutions, se demandent quand le gouvernement va les rétablir dans leurs droits.

C’est une attente qui n’en finit pas à Mwumba. Cette sous-colline se trouve dans le quartier Nyabututsi, à environ 5 kilomètres de la bourgade appelée «Kuri Plage». L’endroit est dégagé sur plusieurs hectares. Mais, on voit des maisons ici et là. Les habitants de cette localité et les propriétaires des parcelles dans ce périmètre délimité se posent des questions. Des questionnements sans réponses jusqu’à maintenant.

Il y a deux semaines, la Chambre haute du Parlement a pris la décision de  déménager à Gitega d’ici janvier 2019. C’est dans le cadre du projet Gitega/capitale politique. Un ouf de soulagement pour bon nombre d’habitants dont les parcelles se trouvent dans la zone  reservée pour la construction de différentes  institutions. Car, tel que promis par l’administration locale, ils pensent qu’ils vont être rétablis dans leurs droits. « Comme les réunions des comités avaient laissé entendre qu’une réponse afférente à nos doléances sera vite trouvée, d’emblée, nous avons pensé que le gouvernement va nous rétrocéder de nouvelles terres ». Une illusion.

Ir Aimé Irambona: « Qu’ils soient rassurés, aucun d’eux ne sera lésé. »

Les 259 ménages concernés  n’ont rien eu  jusqu’à présent. Ils  disent même craindre le pire. Car, disent-ils, aucune réunion desdits comités ne s’est tenue pour leur dire l’état d’avancement du dossier. Comme en témoigne sœur Euphémie Kimuzanye, mère supérieure de la Congrégation des sœurs Bene Tereziya.  « Certes, nous n’avons  pas d’autres choix que d’attendre, mais il faut que l’administration comprenne qu’il y a une urgence». Avec la délimitation, elle confie que s plus de 8 ha de leurs terres ont été inclus  dans le projet. « Depuis, un manque à gagner énorme .En plus qu’elles soient exploitées pour l’agriculture, le bois qui s’y trouve nous nous en servons pour le chauffage ou le vendons ». Et de se demander : «  Comment allons-nous entretenir les 80 enfants handicapés, hébergés dans le centre Etoile du Matin ?»

Face à cette situation, sœur Euphémie Kimuzanye ne demande que leur soit attribuées de nouvelles terres.

« Nous continuerons de nous en tenir à la loi qui prévaut.»

Quant à M.L., il s’est vu promettre une indemnité pour ses 31 ares. «Un non-sens parce que personne n’accepterait de  troquer une parcelle  achetée 5 millions de Fbu contre 1500 Fbu le m2 ». Avant que l’administration ne fasse quoi que ce soit, il demande que soit revue l’ordonnance ministérielle de 1990 fixant les indemnités foncières.

Lors des réunions préparatoires, le gouvernement  a promis  de faire feu de tout bois pour que chacun soit  rétabli dans ses droits. Ir Aimé Irambona, directeur de l’Urbanisme, région centre-est, tranquillise : « Qu’ils soient rassurés, aucun d’eux ne sera lésé.» Il indique qu’outre les comités de base, une commission chargée d’étudier la question est déjà à l’œuvre. Toutefois, nuance-t-il, compte tenu de la superficie des parcelles, il y a ceux qui se verront indemnisés financièrement, au moment où d’autres se verront attribués de nouvelles parcelles dans les autres localités.  Quant au montant des indemnités, il est catégorique : « Dans l’attente d’une éventuelle révision de cette ordonnance ministérielle fixant le montant des indemnités, nous continuerons de nous en tenir à celle qui prévaut.» Pour ceux oeuvrant  dans  le secteur caritatif, poursuit-il, comme les centres de prise en charge de personnes vulnérables, une attention particulière leur sera réservée. De quoi rassurer davantage les différentes  congrégations des sœurs Bene  Tereziya et Bene Bernadette.

Un des bâtiments qui pourrait accueillir le Sénat en cas de déménagement à Gitega.

Quant à la disponibilité des infrastructures en cas de déménagement, Venant Manirambona,  gouverneur de Gitega, confie que bien un coup de peinture s’impose sur certains locaux, la plupart d’entre eux sont en parfait état.   «L’important  était  cette volonté politique et  les mesures accompagnatrices, sinon nous attendons que l’Assemblée nationale vote le budget  pour que les travaux  débutent ». Et de conclure : « Contrairement aux rumeurs, aucun propriétaire d’une parcelle ne sera expulsé  sans être indemnisé

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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Flashback

En juin dernier, afin de joindre la parole à l’acte, le président du Sénat a mis en place une commission de sept personnes chargée entre autres de chercher les bâtiments pouvant abriter tous les services du Sénat, de négocier le coût du loyer, d’inventorier les équipements nécessaires pour son fonctionnement et d’établir les prévisions budgétaires pour le déménagement et l’aménagement. Cette dernière devrait  présenter son rapport dans 3 mois. Pour rappel, conformément au Mémorandum d’entente partiel signé par le ministre des Finances en 2016, c’est la compagnie chinoise de construction China Civil Engineering Construction Corporation(CCEC) qui  exécutera les travaux.

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