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La loi, rien que la loi : la FFB et la vertu de la constance

Bujumbura, 18 septembre 2026. En suspendant trente joueurs pour manque de Certificat de Transfert à la veille de la 4e journée, la Fédération de Football du Burundi, par la voix de sa Commission d'Organisation des Compétitions, ne sanctionne pas : elle éduque. Fidèle à une rigueur qui n'a rien d'occasionnel, elle rappelle, ad litteram, que le respect du droit est la condition première de tout progrès. Un acte de fermeté salutaire qui honore le football burundais.

I. Le constat : trente noms, une même exigence
La Commission d’Organisation des Compétitions a frappé, avec ce calme souverain qui caractérise les institutions qui n’ont plus rien à prouver. Par décision de son président Yussuf Mossi, et sous le sceau de la Fédération de Football du Burundi, trente joueurs sont suspendus pour la 4e journée du championnat national.

La liste est longue et s’abat comme une litanie : Inter Star en perd six, Bumamuru cinq, Ngozi City quatre, Vision FC quatre, puis Muzinga FC, Rukinzo FC, Messager Ngozi, Never Give Up, Kayanza United. De Mussa Muryango à Bigirimana Zouhaire, en passant par Issa Modela, Ndikumana Abdallah, Habimana Amani, Nderiyimana Moussa et les autres.

Un seul motif, martelé sans ambiguïté : MANQUE DE CERTIFICAT DE TRANSFERT.

 

II. Le sens : le papier qui vaut de l’or
Que les profanes s’étonnent. Qu’ils disent : ce n’est qu’un papier. Nous, qui aimons ce football dans ses entrailles, savons ce qu’il signifie.

Ce certificat n’est pas une formalité. C’est un acte de filiation. Il atteste que les enfants partis des clubs formateurs et autres centres de détection des talents ont été transférés dans les règles, avec respect et reconnaissance.

Sans eux, le football devient rapine. Avec eux, il redevient école.

III. La méthode : la rigueur comme habitude
Et c’est ici qu’il faut saluer la FFB, non comme on salue un exploit isolé, mais comme on honore une constance.

Car ce n’est pas la première fois. La Fédération ne découvre pas la loi, elle l’incarne. Semaine après semaine, elle rappelle que le texte n’est pas un chiffon que l’on froisse selon les humeurs, mais un socle.

Point de passe-droit pour les grands, point d’indulgence coupable pour les rusés. La règle est la même pour tous. C’est cela, la grandeur.

IV. La portée : sans discipline, point de progrès
Oui, la 4e journée sera orpheline de trente talents. Des entraîneurs devront réinventer, des tribunes s’interroger. Mais quelle victoire au fond !

Victoire pour nos clubs formateurs, ces orfèvres de l’ombre. Victoire pour nos jeunes, à qui l’on enseigne que le talent sans ordre n’est que boursouflure. Victoire pour l’avenir.

Bravo à la FFB pour cette inflexibilité salutaire. C’est par cette discipline, répétée, assumée, inflexible, que notre football cessera de ramper pour enfin s’élever.

 

Patrick Sota

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