Afflux massif de réfugiés, spectre d’une catastrophe humanitaire, fermeture des frontières, accusations contre accusations, la pression américaine… La dernière en date, le « retrait » de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira. La guerre à l’Est de la RDC va de rebondissements en rebondissements. Entre-temps, une situation d’urgence de niveau 2 a été déclarée pour le Burundi par le HCR et 33 millions USD sont à mobiliser.
Entre les 9 et 10 décembre 2025, plus de 10 000 réfugiés en provenance de la République démocratique du Congo ont franchi la frontière Gatumba–Kavimvira, en province de Bujumbura, fuyant l’insécurité grandissante dans l’est du pays. À leur arrivée au Burundi, ils sont accueillis et regroupés dans la cour de la brigade de Gatumba, un site non aménagé pour recevoir un tel afflux.
Au Lycée Kirundo, les jeunes filles vivent un véritable calvaire pendant leurs menstruations : infections récurrentes, absences en classe, humiliations… En cause, l’absence totale d’eau potable dans l’établissement. À l’occasion des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, elles lancent un cri d’alarme.
Reportage.
Depuis plusieurs années, le Burundi vit une situation monétaire étrange et coûteuse. Il existe deux prix différents pour une même devise. Le premier, appelé taux officiel, est fixé par la Banque de la République du Burundi (BRB). Le second, le taux parallèle que l’on trouve dans la rue ou auprès des cambistes, reflète la vraie rareté des devises. L’économiste Jean Ndenzako analyse cette dualité des taux de change qui n’est pas un simple déséquilibre technique, mais le reflet d’une fragilité institutionnelle plus profonde.
Le 15 novembre 2025, le IXᵉ Sommet de la Conférence Internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) a eu lieu à Kinshasa, sous le thème : « Consolider la paix et la sécurité pour le développement dans la région des Grands-Lacs ». L’économiste André Nikwigize analyse les défis qui attendent le nouveau président du Sommet des Chefs d’Etat, Félix Tshisekedi de la République Démocratique du Congo, dans une région affectée par des questions existentielles de paix et de sécurité, qui handicapent l’intégration régionale.
L’État burundais veut mettre de l’ordre dans la gestion de son patrimoine immobilier. Alors qu’il dépense près de 9 milliards de francs burundais chaque mois pour loger ses services, les revenus tirés des maisons qu’il loue à des particuliers ne dépassent pas 500 millions. Un déséquilibre qui inquiète la société civile et qui pousse désormais le gouvernement à revoir sa politique de gestion et d’occupation des biens publics.
Devant les députés, le ministre des Finances, du Budget et de l’Economie numérique a soutenu la réforme du programme de gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes qui accouchent jugé budgétivore. Certains intervenants parlent d’une volonté de supprimer un programme qui a révolutionné la santé de la population. Ils estiment qu’il est essentiel de mener un dialogue large et inclusif là-dessus.
La Banque de la République du Burundi (BRB) a annoncé, le 20 octobre 2025, que plus de 10 milliards de BIF des déposants des groupements financiers communautaires se sont volatilisés. Selon Simplice Nsabiyumva, directeur de la supervision et de la stabilité financière à la BRB, les groupements financiers posent actuellement un grand problème dans le secteur financier. L’économiste Jean Ndenzako fait une lecture critique du scandale des groupements financiers au Burundi.
Fermeture des écoles et des hôpitaux, confiscation des biens, destruction des champs, détentions arbitraires et disparitions forcées, … Depuis des années, les réfugiés burundais en Tanzanie vivent un calvaire. Ils dénoncent des violations de leurs droits par le gouvernement tanzanien. D’après eux, tout cela se fait dans le but de rendre leur vie impossible et de les contraindre à rentrer contre leur gré.
Le mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’Homme au Burundi, Fortune Gaëtan Zongo, vient d’être renouvelé à Genève lors de la 60e session du Conseil des droits de l’Homme des Nations-unies. Un camouflet pour le gouvernement burundais qui avait déployé beaucoup d’efforts pour bloquer la prolongation du mandat. Chez la société civile et les politiques, les réactions divergent.
Le président de la République, Évariste Ndayishimiye, vient de lancer officiellement, le 7 octobre 2025, l’exportation des minerais du Burundi. Le but est de renforcer la transparence dans le secteur minier et de stimuler l’entrée des devises étrangères. Quelques centaines de tonnes de quartz vert et d’améthyste ont quitté Bujumbura à destination de la Chine. Pour la transparence et l’afflux des devises, estiment les observateurs avisés, il reste encore du chemin à faire.
Alors que de nombreux Burundais — y compris le président de la République — voient dans les exportations minières, comme celle réalisée le 7 octobre dernier, une opportunité de relance économique, l’économiste Jean Ndenzako appelle à la prudence. Selon lui, l’exportation de minerais bruts peut donner l’illusion d’une croissance rapide, mais elle ne génère pas de véritable valeur ajoutée.