Le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage a lancé le 9 janvier 2026 un recensement des agriculteurs lésés par les retards de livraison des engrais de Fomi. Si cette mesure vise à les restaurer dans leurs droits, experts et acteurs ruraux mettent en garde contre les difficultés pratiques et les risques pour les petits producteurs.
Introduite en 2006, la politique de gratuité scolaire au Burundi a d’abord concerné le cycle primaire avant d’être étendue jusqu’en 9e année en 2012. C’était dans le cadre d’une réforme du système éducatif. La mesure a été saluée par les parents et les syndicalistes mais elle présente plusieurs défis.
Le président de la République Évariste Ndayishimiye a dénoncé les résistances internes qui freinent les réformes engagées mettant en garde contre leurs impacts sur l’État, le développement et l’attractivité du pays. Cette déclaration a été faite lors de la présentation officielle de l’ouvrage « Une nation en marche. 60 ans de pièges déjoués, Ndayishimiye et le nouveau chapitre du Burundi », le mercredi 14 janvier, à Bujumbura.
Ces derniers jours, des autorités burundaises font face à de sérieuses difficultés dans leur communication officielle. Sur des dossiers hautement sensibles, notamment la guerre à l’Est de la République démocratique du Congo et les relations diplomatiques avec le Qatar, des propos contradictoires émanant des hautes institutions de l’État ont semé le trouble, tant à l’intérieur du pays que sur la scène internationale.
Un retard dans la distribution des engrais chimiques, notamment l’urée ; une baisse de la production agricole ; un impact négatif sur l’économie familiale ; un désengagement progressif de certains agriculteurs. Telles sont, entre autres, les observations exprimées par certains cultivateurs de Bujumbura. Quant à Fomi, le manque de devises est l’une des causes de la faible production de fertilisants.
Entre efforts en santé publique et obstacles persistants dans ce secteur, fragilités du système éducatif, l’année écoulée a révélé des défis structurels qui continuent de peser sur la société burundaise.
L’année 2025 a été marquée au Burundi par une situation sécuritaire tendue, dominée par la guerre dans l’Est de la RDC, les bombardements transfrontaliers, l’afflux massif de réfugiés. À ces défis régionaux se sont ajoutés des incidents internes liés au contexte électoral, des violences politiques, des attaques ciblées ainsi que des atteintes à la sécurité des journalistes et des responsables politiques.
L’année 2025 ne diffère pas beaucoup de celle qui la précède en matière économique. La situation n’a pas connu de progrès malgré les nombreuses observations apportées par des analystes et experts en économie. Paralysie du commerce transfrontalier, plusieurs rebondissements dans la réhabilitation du marché central de Bujumbura et bien d’autres difficultés.
Dans plusieurs établissements scolaires, des enseignants font face à des violences de la part des élèves. Entre indiscipline et relâchement du système éducatif, syndicats, ministère et spécialistes appellent à des sanctions équitables et à une collaboration renforcée.
Dans la province de Burunga, la CVR est confrontée à des conflits fonciers complexes hérités des crises passées, dont plus de 35 000 dossiers non clôturés par la CNTB. Ils mêlent terres d’exilés attribuées à des tiers, compromis contestés et ventes illégales de biens par certains rapatriés, dans un contexte de manque de personnel. Par ailleurs, le caractère non susceptible de recours des décisions de la CVR n’est pas accueilli à l’unanimité.
Le nombre de femmes issues de la communauté batwa en situation de rue ne cesse d’augmenter dans plusieurs quartiers et au centre-ville de Bujumbura. Un constat préoccupant qui révèle une situation de plus en plus critique. Face à cette réalité, des voix s’élèvent pour appeler à des actions de sensibilisation, visant à responsabiliser ces femmes et à les orienter vers des alternatives plus dignes et durables.
Le 17 décembre 2025, un atelier de validation du document de « Stratégie nationale de Lutte contre la Corruption » a eu lieu dans la capitale politique Gitega. Ce texte comporte 6 axes stratégiques notamment la restauration de la culture d’Ubuntu. Pour la société civile et les économistes, l’élaboration d’un document stratégique constitue certes une étape importante, mais elle reste insuffisante si elle n’est pas soutenue par une volonté politique forte.