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Haruna Nkunduwiga, de la Communauté Islamique du Burundi : « L’argument de la loi vaincra celui de la force »

05/05/2013 Commentaires fermés sur Haruna Nkunduwiga, de la Communauté Islamique du Burundi : « L’argument de la loi vaincra celui de la force »

Arrêté pour faux et usage de faux et d’usurpation de fonction, Al Hadj Haruna Nkunduwiga, représentant légal de la Comibu [est libre.->www.iwacu-burundi.org/spip.php?article2408] Il compare cette « persécution » de l’Islam à celle de l’Eglise catholique sous la 2ème République. Une situation qui risque de mal tourner, selon Al Hadj Nkunduwiga.

<doc3659|right>{Comment interprétez-vous votre arrestation ?}

D’injuste. J’ai été ahuri de voir une police qui vient me demander des informations et qui procède à mon arrestation sans mandat d’arrêt. Je ne peux pas être accusé de faux et usage de faux alors que j’ai acquis le cachet et autres outils de la Comibu après la réunion du conseil supérieur des cheikhs. L’ancien matériel ayant été récupéré par force par cheikh Kajandi et le ministre Edouard Nduwimana. Nous avons présenté officiellement ces outils à l’opinion nationale et à nos partenaires. Le comité exécutif de la Comibu ayant statué, le bureau du conseil supérieur des cheikhs ayant autorisé, nous étions en devoir de doter notre communauté des outils de travail pour plus d’un million de musulmans qui sont derrière nous.

{Qu’en est-il de l’usurpation de fonction ?}

Je ne me suis jamais autoproclamé représentant légal de la Comibu. Après avoir suspendu cheikh Kajandi suite à de lourdes fautes en rapport avec la gestion des biens de la communauté, le conseil supérieur a interrogé nos statuts. L’article 48 stipule qu’en cas d’absence du représentant légal, c’est son suppléant qui prend la relève transitoirement. Comme j’étais l’adjoint de cheikh Kajandi, le conseil n’a fait qu’interpréter la loi. Nous ne comprenons pas cet acharnement d’Edouard Nduwimana, ministre de l’Intérieur de salir le gouvernement au nom duquel il parle. Il arrivera le moment où il se retrouvera sur le tapis car nous nous préparons à porter plainte contre lui.

{Quelle est l’origine de votre conflit ?}

Notre combat contre cheikh Kajandi Sadiki a commencé quand nous avons décrié un vol de 23966 dollars américains qu’il venait de perpétrer. Ce don de l’ONG Religion for Peace était destiné à des activités du conseil interconfessionnel du Burundi. Il faisait signer des chèques en blanc et retirait de l’argent sans en aviser son cosignataire. Au mois de mai 2011, nous avons déjoué un coup monté de vouloir vendre une propriété du collège de la Comibu à plus ou moins 150 millions. C’est à partir de ce moment que nous sommes devenus des ennemis jurés.

{Comment et pour quel intérêt la politique s’en mêle ?}

Nous nous étonnons aussi de voir que le ministre de l’Intérieur qui n’est là que pour lire et interpréter la loi se constitue en partie prenante dans ce conflit. Est-ce normal qu’il fasse des déclarations à la place de Sadiki Kajandi déchu ? Notre problème est purement religieux. Il est lié à la mauvaise gestion des biens de la Comibu. Mais nous regrettons que cette question soit traitée plus que politique même de la part du pouvoir. Celui-ci arrive à nous accuser de collaborer avec des groupes terroristes comme Al khaida et Al Shabab alors que nous défendons notre cause, nos droits et notre honneur en tant que musulmans dans notre pays.

{Que comptez-vous faire puisque le pouvoir reconnaît toujours Sadiki Kajandi ?}

Nous nous sommes adressés au président de la République pour que cette affaire qui est en train d’être gérée politiquement retourne dans le cadre religieux. D’emblée, nous demandons que le ministre de l’Intérieur ne s’immisce plus dans la gestion de la Comibu. Il utilise l’argument de la force mais nous nous sommes guidés par la force de l’argument et de la loi. Ce n’est pas dans les attributions du ministre Nduwimana de nous désigner un représentant quand bien même il serait musulman. Nos statuts sont clairs. Ils donnent les pleins pouvoirs au conseil supérieur des cheikhs de désigner ou de suspendre le représentant légal ou son adjoint. Ce n’est pas à Edouard Nduwimana de nous désigner un représentant. Il est en train de salir le gouvernement au nom duquel il agit.

{Êtes-vous confiant ?}

Bien sûr que oui. Il en va de l’honneur et de l’image du pays dans le concert des nations. Parce que collaborer avec des groupes terroristes, ce n’est plus une question de sécurité nationale, elle devient dans ce cas mondiale. Les musulmans ne reculent pas quand ils s’engagent sur une voix. S’il ne se saisit pas de la question, ça risque de mal tourner comme cela a été le cas entre le pouvoir du colonel Jean Baptiste Bagaza et l’Eglise catholique en 1986.

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