Notre journaliste Jean Bigirimana porté disparu depuis 3606 jours. Nous ne l'oublions pas.

Faustin Ndikumana : « Il y a un plan sciemment conçu pour me faire arrêter »

Le directeur national de l’organisation Parcem dénonce un plan monté de toute pièce pour l’arrêter et l’empêcher de continuer son combat pour les droits de l’Homme et la bonne gouvernance. Mais il affirme qu’il ne compte pas lâcher un seul instant. Six de ses travailleurs dans un snack-bar situé à Ngozi ont été interpellés après la saisie d’une arme à feu et d’autres effets militaires dans ce bar.

Tout s’est déroulé le soir du 17 mai 2026 selon Faustin Ndikumana lors d’un point de presse tenue ce vendredi 5 juin. L’opération s’est faite dans son propre snack-bar situé dans le quartier Kinyami au chef-lieu de la commune Ngozi en province Butanyerera. D’après lui, il y avait un plan pour lui coller une fausse et grave accusation de détention illégale d’armes à feu avec toutes les conséquences que cela comporte.

Le directeur national de Parcem explique que dans ce quartier, il y avait des coupures répétitives de courant électrique depuis une semaine. « Au moment où j’étais en contact avec le directeur général de la Regideso pour régler le problème, un malfaiteur a profité de cette obscurité pour s’y introduire et déposer un fusil Kalachinikov dans un sac contenant aussi une grenade, une tenue et des bottines militaires, dans un coin normalement réservé à la conservation du charbon de bois pour la cuisine ».

Faustin Ndikumana dit détenir l’information selon laquelle le malfaiteur devait alerter la police pour organiser une fouille-perquisition à l’aube en vue de passer facilement à l’accusation comme quoi il détenait des armes dans sa propriété.

Mais finalement tout ne s’est pas passé pas comme prévu. « Après le départ des clients vers 23 heures, le chargé de la sécurité a inspecté les lieux et a immédiatement appelé le gérant pour lui exposer la situation. Le gérant a appelé à son tour la police qui n’a pas tardé à intervenir vers minuit ».

Le vice-commissaire provincial de la police est arrivé sur le lieu accompagné d’un officier de la police judiciaire. Ils ont rédigé un procès-verbal. Mais le paradoxe selon Faustin Ndikumana est que six de ses employés ont été incarcérés.
Pour lui, ils ne sont victimes que d’avoir alerté la police. « Ils ont pourtant fait exactement ce qu’un citoyen doit faire dans pareilles circonstances. C’est-à-dire appeler la police, alerter ».

Par ailleurs, le directeur national de Parcem s’inscrit en faux contre la décision de l’administration de procéder à la fermeture du snack-bar, avec toutes les conséquences que cela engendre. « C’est normalement un lieu public au même titre qu’un marché ou un magasin. Il n’y a pas de mesures spéciales de sécurité ».

Il renseigne en outre que cette question a été évoquée lors d’une réunion de sécurité tenue le 1er juin 2026 par le gouverneur provincial de Butanyerera lui-même, devant les responsables de l’administration, la justice, le parquet général, le service de renseignement et les forces de sécurité. Il précise qu’un policier qui s’était rendu sur le lieu a témoigné que ce sont des agents du snack-bar qui ont alerté la police pour demander secours.

Le directeur national de l’organisation Parcem a tenu à faire une déclaration solennelle : « Faustin Ndikumana ne détiendra jamais d’arme à feu. Mon combat est connu de tous. C’est à travers les idées, la force de l’argument et non l’argument de la force. Mes seules armes sont l’intelligence, la connaissance, les lois nationales et les documents de politique nationale ». Il condamne ainsi ce qu’il qualifie ’’d’esprits égarés aux comportements et méthodes de bas étages et d’un autre âge’’.
Il appelle le président de la République, le ministre de la Justice, le procureur général de la République, les cadres de la police et le service national de renseignement à sévir contre ’’ces hors la loi’’.

« Dans pareilles circonstances, il est crucial de démontrer la capacité de nos institutions à défendre les valeurs républicaines qui sont la démocratie, les droits de l’Homme, l’état de droit et la justice ». Il tient à remercier les agents de la police qui sont intervenus et qui ont accompli leur mission avec professionnalisme et impartialité.
Faustin Ndikumana ne compte pas lâcher pour sa mission de défense des droits humains : « Je reste debout parce que mon combat est noble. Lutter pour l’Etat de droit, la bonne gouvernance et le développement de ce pays, c’est un combat noble. Ces esprits égarés encore dans les ténèbres, je les invite à plutôt voir claire. Sinon, pour la sécurité et la vie de tout citoyen, Dieu seul sait ».

Forum des lecteurs d'Iwacu

0 commentaires
Aucun commentaire pour le moment.

Charte des utilisateurs des forums d'Iwacu

Merci de prendre connaissance de nos règles d’usage avant de publier un commentaire.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Tout propos incitant à la haine, à la violence ou à la discrimination est strictement interdit.

Iwacu se réserve le droit de supprimer tout commentaire non conforme à la charte.

Ajouter un commentaire

MENU