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Commune Bururi : Une gratuité des soins de santé en question

Entre ruptures de stocks de médicaments et paiements exigés pour certains soins, la politique de gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes qui accouchent, dans les structures de soins publiques de la commune Bururi fait face à de nombreux défis. Plusieurs bénéficiaires estiment que cette mesure ne correspond plus réellement à la gratuité annoncée.

Triphanie Ntunzwenimana, habitante de la colline Kajabure, affirme que dans les structures de santé, les médicaments sont souvent indisponibles. Ce qui oblige les parents à les acheter dans des pharmacies.
« Cela m’est arrivé. Parfois, par gêne, on vous donne un seul comprimé et vous vous demandez comment faire avaler un comprimé à un bébé qui n’a même pas un an. »

Elle explique que cette situation pèse lourdement sur les familles aux revenus modestes. Dans certains cas, l’état de santé de l’enfant continue même de se dégrader pendant que les parents cherchent l’argent pour acheter les médicaments prescrits.

Mme Ntunzwenimana reconnaît que les accouchements sont généralement pris en charge gratuitement. Cependant, lorsque des complications surviennent, les patientes doivent souvent payer certains soins ou être transférées vers d’autres structures où les prestations sont facturées.

Selon elle, la population comprend les engagements annoncés par l’État et attend simplement qu’ils soient appliqués. Elle demande aux responsables concernés de s’assurer que cette mesure est effectivement respectée. Elle estime en effet qu’il est difficile et injuste pour les familles de devoir payer des soins qui sont censés être gratuits.

Mère de quatre enfants, S. N, habitante de la colline Tongwe, raconte avoir supporté des coûts liés à son accouchement. Elle a été surprise de devoir payer alors qu’elle savait que l’accouchement était gratuit depuis des années.
« Quand j’ai accouché mon deuxième enfant dans une structure de soins publique, on m’a demandét de payer une certaine somme d’argent. On disait que c’est pour des gants, du coton ainsi que certains médicaments avant mon accouchement. »

Elle insiste sur le fait que cette situation contraste avec ce que prévoit la politique officielle de gratuité des soins de santé telle qu’elle est annoncée.

Contacté, le chef de strict sanitaire de la commune Bururi nous a renvoyé vers le porte-parole du ministère de la Santé publique.

Une mise en œuvre qui fait face à plusieurs défis.

Dr. Fidel Nkezabahizi, le ministre ayant la santé publique dans ses attributions affirme que la mesure de gratuité des soins accordée aux femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans reste clairement définie et ne souffre d’aucune ambiguïté dans son application.

Toutefois, reconnaît-il, sa mise en œuvre fait face à plusieurs défis, notamment les difficultés liées à l’importation des médicaments qui nécessite des devises ainsi que les conflits dans certaines régions du monde qui perturbent les chaînes d’approvisionnement. Ce qui retarde les livraisons.

Soucieux d’améliorer l’accès aux soins, il indique avoir renforcé depuis le début de l’année 2026 la collaboration avec ses partenaires techniques et financiers parmi lesquels se trouve la Banque mondiale. Cette coopération intervient dans l’exécution de plusieurs projets sanitaires destinés à soutenir le programme de la gratuité des soins.

Des stocks sont en cours d’acheminement

Selon lui, la disponibilité des médicaments essentiels destinés à ce programme a déjà atteint environ 70 % des besoins prévus pour cette année. Il précise également que d’autres stocks sont actuellement en cours d’acheminement via le port de Dar- es -Salaam. Il se veut rassurant en affirmant que l’ensemble des médicaments attendus devrait être disponible d’ici au mois de septembre 2026.

Il souligne également que le non-respect du circuit de référence par certains patients constitue un défi pour le système. Il appelle la population à consulter d’abord les centres de santé de proximité avant d’être orientée vers des structures de niveau supérieur si nécessaire.

Pour rappel, le décret n°100/136, qui prévoit la prise en charge à 100 % des accouchements, y compris les césariennes ainsi que des soins destinés aux enfants de moins de cinq ans dans les structures de santé publiques et assimilées a été signé le 16 juin 2006.

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