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Burundi – Zambie : le duel des âmes, le frisson des cimes.

Treize et dix-sept novembre. Deux dates. Deux actes d'une même tragédie grecque, d'un même poème épique que le football s'apprête à écrire avec le sang, la sueur et les larmes. Le Burundi peut-il venir à bout de la Zambie ? La question n'est pas sportive. Elle est existentielle. Car en face, ce n'est pas une équipe. C'est une histoire. Les Chipolopolo Boys. Les Balles de cuivre. Un nom qui claque comme une mine, un peuple qui a connu l'abîme - 1993, le ciel qui s'effondre au Gabon - et qui s'est relevé pour coiffer l'Afrique en 2012. Une résurrection. On n'affronte pas la Zambie, on affronte sa légende.

Et pourtant, l’histoire, la vraie, celle des confrontations, murmure tout autre chose. Elle susurre que l’Intamba n’a jamais courbé l’échine.

Regardez les tablettes. Cinq duels. Cinq chapitres fermés. Un bilan d’un équilibrisme insolent : une victoire partout, trois nuls arrachés avec les tripes. Quatre buts partout. Jamais le Burundi n’a été terrassé. Jamais il n’a été ridiculisé.

2006 : 3-2 pour le Burundi. 2009 : 1-1. 2010 : 0-0. 2013 : 1-0 pour la Zambie. 2013 encore : 0-0. Des scores de moines, de prières défensives.

Mais novembre 2026 ne sera pas la CECAFA. Fini le tournoi fraternel. Voici les éliminatoires de la CAN. Le grand bain. L’heure où les enfants deviennent des hommes.

Acte I : le 13 novembre à Ndola. Au cœur de la fournaise.
Le Levy Mwanawasa. Un chaudron de cuivre et de bruit. Là-bas, il ne faudra pas gagner. Il faudra survivre. Exister. Ne pas se noyer. L’Intamba Mu Rugamba, l’Hirondelle dans la tempête, devra être bloc, cuirasse, hérisson. Un nul ramené de Ndola ne serait pas un résultat. Ce serait un exploit fondateur. Une promesse. Une victoire, n’en parlons pas ! Une joie explosive, collective et vibrante !

Car toute l’âme zambienne est fébrile. Sa défense, jadis muraille, tangue. 2,2 buts encaissés en moyenne ces derniers temps. C’est une faille. Une cicatrice lumineuse. Et le Burundi, lui, marque. Deux buts par match. Il a ce venin offensif, ce dard qui ne pardonne pas.

Acte II : le 17 novembre. Bujumbura. L’heure de vérité.
Et puis, le retour. Ici. Sous le ciel d’Intwari, le peuple, le tambour qui ne s’arrête jamais.

Si l’Intamba revient de Ndola debout, alors le 17 novembre ne sera plus un match de football. Ce sera une communion. Une marée rouge, verte et blanche qui portera onze hommes vers l’impossible.

Alors, le Burundi peut-il battre la Zambie ?

Oui. C’est possible.

Non pas parce qu’il est meilleur sur le papier. Mais parce que le football, parfois, cesse d’être une affaire de tactique pour devenir une affaire de destin. Parce que les séries sont faites pour être brisées. Parce qu’il est temps, grand temps, que l’Hirondelle, à force de raser les cimes, finisse par crever le ciel de cuivre zambien.

Ce ne serait pas facile. Ce serait ardu, rugueux, âpre. Ce serait beau.

Que les tambours résonnent.

 

Patrick Sota

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