Le centre de Kiremba offre un paysage verdoyant, témoin d’une pluviométrie régulière favorable à l’agriculture. Non loin des bureaux communaux se trouve le marché central. Hormis les écoliers qui animent les alentours, le centre de la commune paraît calme et peu fréquenté.
Dans cette commune du nord du Burundi, les femmes restent presque absentes des sphères de prise de décisions. Joséphine Hafashimana, âgée de 49 ans, est considérée comme l’une des femmes leaders de la localité. Au moment de notre rencontre, elle se rendait dans ses champs après sa journée de travail. « Je suis enseignante et directrice de l’École fondamentale de Ciri située non loin du centre communal ».
Pour elle, cette situation s’explique notamment par le fait que plusieurs jeunes filles abandonnent rapidement les études. Elles se marient aussi très jeunes. « Elles trouvent peut-être que le temps consacré aux études est trop long et craignent de vieillir avant de trouver un mari ».
Face à cette réalité, certaines femmes qui ont bénéficié des formations se sont organisées en associations afin de promouvoir l’entraide et l’autonomisation économique.
Elle indique également qu’elle représente les femmes au sein de l’association « Twungubumwe » qui regroupe des femmes issues de différents partis politiques. « Cette association est née après une formation que j’ai suivie ».
Après avoir compris l’importance du rôle de la femme dans la société, Mme Hafashimana a en effet rassemblé certaines femmes de sa commune autour des activités génératrices de revenus.
Selon elle, l’association a déjà atteint un niveau de développement satisfaisant. Chaque membre verse mensuellement une cotisation de 10 000 BIF. Au fil du temps, l’organisation s’est transformée en une véritable coopérative soutenant les membres dans leurs activités quotidiennes.
L’initiative, vieille de trois ans, a inspiré la création d’une autre structure réunissant 44 femmes leaders de toute la commune. Ces dernières ont été choisies pour leurs compétences. Dans cette nouvelle organisation, chaque membre contribue à hauteur de 12 000 BIF par mois pour alimenter une caisse sociale.
« Devenir indépendante »
Près du marché communal, Jessica Irankunda, 29 ans, suit un film sur son smartphone dans une petite pharmacie où elle travaille. Les clients se font rares, « Je n’ai pas beaucoup de clients. Alors, je m’occupe comme je peux ».
Contrairement à plusieurs jeunes filles de son âge, Mlle Iradukunda a pu poursuivre des études paramédicales jusqu’au bout. Son ambition n’est pas prioritairement de se marier, mais plutôt de devenir indépendante.
« Mon rêve est d’ouvrir ma propre pharmacie. Je ne connais pas encore le capital nécessaire. Mais, je veux d’abord être ma propre cheffe avant de penser à fonder un foyer ».
Même si les revenus de la pharmacie restent modestes, elle assure que l’activité lui permet de subsister.
Selon elle, les médicaments les plus demandés concernent les maladies liées au manque d’hygiène, les antidouleurs ainsi que les antibiotiques.
Elle estime toutefois que les opportunités d’emploi demeurent limitées dans cette commune éloignée des grands centres urbains.
« Ceux qui recherchent une vie plus animée partent vers Masanganzira, devenu un centre de transit vers Ngozi, Muyinga et Kirundo. Je crains même que les bureaux communaux finiront par y être transférés ».
La couture, un métier qui sauve

Fina Uwimana, mariée, est coutière depuis 3 mois. Elle a terminé les Humanités générales. Faute de moyens financiers pour poursuivre les études universitaires, elle embrasse le métier de couture. « Je n’ai pas pu continuer les études universitaires suite à la pauvreté. C’est pourquoi j’ai opté pour ce métier pour survivre et subvenir à mes besoins et à ceux de la famille ».
Elle fait savoir qu’elle a subi une formation en couture. Elle espère que, petit à petit, elle va davantage maîtriser le métier. « Avant, je vendais des légumes et, avec le gain que j’ai eu, j’ai acheté une machine à coudre. Pour le moment, je contribue à la satisfaction des besoins de la famille ».
Cette couturière fait face à un manque de machine moderne. Elle travaille avec une machine ordinaire alors que, pour bien évoluer, il faut en avoir au moins de trois types : une machine ordinaire, une machine surfilage et une machine zigzag. Selon elle, les machines des deux derniers types rapportent beaucoup car elles sont plus préférées par les clients. « Quand j’obtiens une cliente qui amène un pagne, je suis obligée d’aller emprunter une machine chez ma voisine ».
Mme Uwimana compte contracter un crédit dans une coopérative pour se procurer de ces machines modernes.
« Petit à petit, l’oiseau fait son nid »

Emmanuel Ngabonziza, alias Ngabo, est un jeune rapatrié. Il habite la colline Kiremba. De retour de l’exile en Tanzanie en 2008, il fonde une société dénommée « Tayaya Society ». C’est un secrétariat public qui offre plusieurs services dont la saisie des documents, les photocopies, les photographies, la réparation des ordinateurs et des téléphones, la vente des unités de recharge, internet et le montage des photos et des films.
Il informe que sa société a déjà bénéficié d’un appui du PAEEJ. « J’ai soumis un projet qui a été apprécié par ce programme. La société compte 5 jeunes employés dont 3 garçons et 2 filles. Ils ont différents talents ».
Ngabonziza interpelle les jeunes à s’atteler à l’entreprenariat. « Beaucoup de jeunes sont talentueux mais il leur manque de moyens financiers pour évoluer. Il faut couper court avec l’oisiveté ».
Ce responsable du Centre jeune Kiremba encadre aussi les jeunes dans les activités sportives et culturelles. Il fait savoir que les jeunes y apprennent différents métiers.
Des jeunes rêvent de vivre mieux grâce à la moto

Il faut être en contact avec eux pour comprendre combien ils travaillent dur. L’eau et le savon constituent une bonne partie du capital. Quelques serviettes aussi. La force et l’endurance comptent également. Le lavage des motos n’est pas en effet réservé à tout le monde.
Fidèle Ndihokubwayo est un jeune de 32 ans. Il vient de passer treize ans à laver des motos pour des tiers. « Le travail n’est très payant mais, il nous fait vivre ». Ce jeune a des enfants qui sont déjà sur le banc de l’école, et se réjouit de ne pas éprouver de souci dans leur scolarisation. Il indique que le lavage de motos contribue fortement à la vie quotidienne de sa famille.
Il lui est difficile d’être précis sur ce qu’il gagne à la fin de la journée, mais informe tout de même pouvoir laver quatre à cinq motos par jour. « Le prix oscille entre 4 000 et 5 000 BIF. Mais, ce n’est pas tous les jours que nous avons du travail ».
Les laveurs de motos gagneraient à se regrouper en associations
Jean Gashatsi est un autre laveur de ces deux-roues motorisés.
Contrairement à Fidèle Ndihokubwayo qui a une propriété foncière pour cultiver, M. Gashatsi gagne son pain exclusivement grâce à ce travail précis. A 40 ans, il est seul au foyer. « La femme avec qui j’avais fondé le foyer est partie. L’enfant qui était issu de notre union est décédé. Je suis seul, et vis de ce seul métier que j’exerce depuis trente et un ans », fait-il savoir.
« Heureusement que des amis peuvent venir à mon secours quand ils constatent que j’ai passé tout un jour chômé ». Il ajoute en outre que tomber malade pour lui est considéré comme un péché. Il fait savoir qu’il faut avoir toujours de la force et une bonne santé. Ce qui n’est pas toujours le cas.
En général, ces laveurs de motos du chef-lieu de la commune Kiremba affirment être en bonnes relations avec l’administration. Seulement, ils souhaitent être regroupés en associations pour mieux valoriser et rendre plus rentable leur travail.
Ils indiquent que c’est en association où ils pourraient être à mesure de constituer une caisse qui les aiderait à s’octroyer mutuellement des crédits. « Nous manquons encore quelqu’un qui pourrait prendre le lead pour piloter ce projet et cela constitue un grand handicap à notre développement tant voulu ».
Le travail continue bon gré malgré
Des conducteurs de taxis-motos s’en trouvent mieux dans leur travail malgré la pénurie récurrente du carburant. Un d’entre eux rencontré en train de faire laver son cyclomoteur raconte qu’ils font « des courses dans tous les sens : à Ngozi, à Masanganzira et dans d’autres coins de la commune et/ou de la province Butanyerera en général. Il n’y a pas beaucoup de soucis à gagner de l’argent ».
A la question relative au manque de carburant, les motards disent qu’ils s’adaptent. « Quand nous obtenons de l’essence à la pompe sur les stations-service, les courses s’opèrent à des prix normaux. Mais, lorsqu’il faut l’acheter par arrangement à plus cher sur des bouteilles « kinju », vous comprenez que le coût de la course doit nécessairement monter. C’est donc le client qui en paie malheureusement le prix ».
Pour ces motards, ils n’ont en aucun cas à expliquer à leurs patrons respectifs qu’ils ont manqué le versement du jour. « Il faut le chercher à tout prix ». Eux aussi doivent « obligatoirement » rentrer avec quelque chose pour faire vivre leurs familles.
Contrairement aux laveurs, les conducteurs de taxis-motos sont regroupés en association. Ils déplorent malheureusement qu’ils n’y gagnent pas grand-chose. Ils se réjouissent par ailleurs d’être en bonnes relations avec l’administration communale.
Interview avec André Ndikumugongo : « Notre commune a tellement besoin d’un hôpital public »
A quoi correspond la commune Kiremba selon l’actuel découpage administratif ?
Kiremba est l’une des huit communes de la province de Butanyerera. Elle est composée de dix zones dont cinq sont frontalières avec le Rwanda. Elle est née de la fusion de trois anciennes communes, à savoir Kiremba, Marangara et Nyamurenza.
Qu’en est-il de la représentativité des femmes dans l’administration ?
Dans les dix zones, les femmes ne sont pas bien représentées. Nous avons une seule femme qui occupe le poste de cheffe de zone. Elle est à la tête de la zone Musasa. Aussi, sur les cent chefs de colline, même si je n’ai pas les chiffres exacts, il n’y a pas beaucoup de femmes. Je pense qu’elles sont moins de dix. Dans la zone Giheta, nous avons une seule femme. C’est la même situation dans les zones Marangara, Birambi, Musasa et Gakeru.
Pourquoi cette faible représentativité ?
Je dirais que cela est lié à la culture qui « recommande » à la femme de s’occuper des tâches ménagères. Encore que, souvent, elles ne remplissent pas les critères pour être élues et occuper ces différents postes.
Avez-vous des preuves ?
Parmi les onze cadres au niveau communal qui dirigent différents secteurs, il n’y a qu’une seule femme. C’est au niveau collinaire que les femmes devraient être nombreuses. Mais, malheureusement, suite à leur manque de solidarité, elles préfèrent voter pour les hommes. Ce sont elles qui viennent élire majoritairement. Mais, nous constatons qu’elles ne s’élisent pas entre elles. Ce qui est paradoxal. Si on regarde même les chiffres de notre population qui oscille autour de 300 mille habitants, les femmes sont nombreuses.
En plus, il y a encore des hommes qui empêchent leurs femmes de se faire élire.
Sont-elles présentes dans les associations et/ou les coopératives ?
Dans la commune Kiremba, il y a des associations de femmes. Elles ont de petits groupements où elles font des cotisations mensuelles, hebdomadaires et s’octroient de petits crédits. Il y en a qui fabriquent des savons, qui exercent certains métiers, etc.
Les femmes de Kiremba accèdent-elles facilement aux financements de leurs projets ?
Le trajet est long. Quitter Kiremba pour se rendre à Gitega. Cela demande des moyens et c’est un handicap pour les femmes qui veulent bénéficier des crédits auprès de la banque des femmes qui a son siège à Gitega.
Elles demandent souvent un lift à l’administrateur quand il a un programme de se rendre à Gitega. Honnêtement, peu de femmes y ont accès. Jusqu’aujourd’hui, je peux dire que seulement huit groupements des femmes de Marangara ont eu des crédits de la part de la BDF.
Quelle est votre demande alors ?
Pour leur faciliter la tâche, nous demandons que cette banque ait des agences dans les provinces. Il faut par exemple avoir une agence à Ngozi.
Quid de la représentativité des jeunes dans l’administration ?
Ils sont suffisamment représentés. Au niveau communal, parmi les 17 cadres communaux, seulement cinq ont plus de 35 ans. Ce qui signifie que Kiremba est dirigée par des jeunes. Nous avons aussi des jeunes qui sont chefs de collines. Ils sont âgés de moins de 30 ans.
Qu’en est-il de leur participation dans les projets de développement ? Quel est l’état des lieux des coopératives des jeunes ?
Je dois dire que les coopératives des jeunes ne sont pas très nombreuses. Mais, il y en a qui tiennent débout. Je donne l’exemple de la coopérative Sangwe de la colline Cayi. Elle a huit vaches. Nous avons d’autres coopératives qui ont déjà remboursé les 20 millions BIF, d’autres sont en train de s’organiser pour rembourser.
Il y a des groupements qui ont été appuyés par le PAEEJ et ils sont à l’œuvre. Et pour aider celles qui boitent encore, le chargé du développement dans la commune a effectué une descente sur le terrain pour constater l’état des lieux et donner des directives. Nous constatons que les coopératives plus dynamiques se trouvent dans les zones rizicoles.
Quels sont les défis rencontrés dans vos projets de développement ?
Il s’agit du manque de financements. On peut élaborer un projet mais on se retrouve sans moyens pour sa réalisation parce que les impôts et taxes n’ont pas été payés convenablement et à temps. Il y a aussi le manque d’espace pour la réalisation des projets. Par ailleurs, notre commune n’a pas d’hôpital de district. Ce qui complique l’accès aux soins de santé. Un patient qui a besoin d’être opéré doit être transféré à Ngozi. Il y a un hôpital privé. Et là, les coûts des soins ne sont pas accessibles à tout le monde. Bref, notre commune a tellement besoin d’un hôpital public.
En outre, nous avons un problème de routes parce que la commune n’a pas de budget pour la construction des routes macadamisées.
Les motards se lamentent comme quoi ils ne sont pas regroupés en coopérative. Qu’est-ce que vous êtes en train de faire pour les y aider ?
A Masanganzira et à Marangara, les motards sont dans les coopératives. Ici au chef-lieu communal, je ne maitrise pas la situation. Mais, je pense que les motards qui y habitent ne sont pas nombreux. Ils ne sont pas plus de cinq. Beaucoup habitent à Masanganzira, ou d’autres endroits tout près de la route goudronnée.
Le gouvernement a octroyé un budget de 200 millions BIF pour la construction d’un bureau zonal. A Kiremba, ces bureaux ont-ils été construits ?
Dans notre commune, il y a huit zones qui ont été construites. Mais, seulement deux ont été réceptionnées. Parmi les six restantes, il y a une qui est à 97%. Pour les cinq autres, nous avons demandé d’annuler les contrats. Nous avons reçu l’accord de notre ministère. Aujourd’hui, les travaux sont dans les mains de la commune. Notre gouverneur avait fixé le deadline de la fin des travaux et de la réception de ces infrastructures au 30 mai 2026.
Pourquoi avez-vous décidé de résilier les contrats ? Quels étaient les manquements ?
Souvent, ceux qui ont gagné le marché avancent que le budget alloué à la construction du bureau zonal ne suffit pas. Ils font un travail bâclé pour gagner plus d’argent. L’autre motif est que le matériel de construction est devenu cher. Mais, à mon avis, cette justification ne tient pas. Dans cette commune, le matériel de construction comme le sable, les moellons, … est disponible. Même les briques, il y a des coopératives fournisseuses.
Quels sont les projets de développement en cours à Kiremba ?
Nous avons décidé de mettre beaucoup d’efforts dans le secteur de l’éducation. Nous sommes en train de construire une école des métiers en étages avec un coût d’environ 100 millions BIF. Elle se trouve dans la zone Musasa. Nous sommes au niveau de la charpente.
D’autres écoles telles que Gahororo, Mufigi et Matyazo sont en train d’être réhabilitées. On construit aussi des blocs de latrines dans les différents établissements scolaires. Ici au bureau communal, nous avons construit une nouvelle fosse septique.
Des bornes fontaines sont en cours de construction avec la participation de la population surtout dans la zone Kiremba. Huit y sont déjà fonctionnelles
Pour les voies de communications, de nouvelles routes ont été tracées.
Concrètement ?
Il y a celle qui relie les collines Nyunda et Nyunzwe dans la zone Nyamugari. A Nyamurenza, il y a aussi une route tracée.
Dans le domaine agricole, nous avons planté beaucoup d’avocatiers. Pour évaluer la situation socio-économique de la population, nous avons fixé dix objectifs à atteindre.
Lesquels ?
D’abord, nous avons pris la décision de déraciner tous les eucalyptus plantés jusqu’à 30 m des marais. Nous allons aussi tracer les courbes de niveaux dans toutes les propriétés de la population et les terres domaniales. Il s’agit aussi d’entretenir toutes les routes de notre commune et de nos collines. Il y a la promotion de l’hygiène dans les lieux de grands rassemblements et dans les familles.
Pour lutter contre la consommation excessive d’alcool, nous avons décidé qu’aucun bar n’ouvrira avant 14 h. Bien plus, la présence dans les travaux de développement communautaire est obligatoire pour toute personne âgée de 18 ans sauf pour les élèves. Nous voulons aussi mettre fin à l’oisiveté ainsi qu’à l’ivrognerie. Tous les habitants d’une colline doivent montrer où ils tirent ce qui leur fait vivre. Enfin, nous voulons lutter contre les unions libres dans la commune.
Pour le moment, nous sommes en train de dresser le rapport. Nous allons faire un classement des collines et donner des résultats.
Quid de la consommation des boissons très alcoolisées dans votre commune ?
On les appelle « Utubangara ». Vraiment, ces boissons-là sèment la désolation et détruisent des vies. On ne sait pas si c’est le BBN qui se laisse duper, mais, c’est difficile. Ce bureau nous dit que ces boissons ne sont pas alcoolisées mais, les consommateurs perdent leur connaissance. Il faut que le BBN fasse un suivi.
Qu’en est-il de la disponibilité de l’eau potable ?
De façon globale, le problème d’eau potable ne se pose pas beaucoup. Nous avons des bornes fontaines. Mais, il y a des collines qui en manquent cruellement. Je dois avouer que le centre de Masanganzira n’a pas d’eau potable ainsi que les collines Renga et Nyunzwe.
Quelle est la situation des bancs-pupitres dans les écoles ? Sont-ils suffisants ?
Je dois avouer que nous avons vraiment un problème de bancs-pupitres. Mais, nous remercions le gouvernement. Il nous a déjà accordé 100 millions BIF pour en fabriquer. Nous sommes en train de rassembler les planches et nous avons déjà réceptionné 130 bancs-pupitres. Les natifs ont aussi beaucoup contribué pour rendre disponibles les bancs-pupitres. Nous souhaitons que d’ici à 2027, tous les enfants soient au plus trois sur un banc- pupitre.
Qu’en est-il des abandons scolaires ?
C’est une triste réalité. Les élèves abandonnent beaucoup l’école. Cette situation se manifeste surtout sur les collines frontalières du Rwanda et celles qui sont dans les environs des secteurs rizicoles. C’est surtout au moment du repiquage ou de la récolte qu’ils abandonnent le plus.
Pourquoi ces deux périodes ?
En fait, ici chez nous, un ouvrier journalier est payé 5 000BIF. Mais, quand il s’agit de repiquer le riz, il gagne 5 000BIF de 6h à 12h et de 13h à 17h, on lui paie encore 5 000BIF. Ce qui fait 10 mille BIF par jour. Quand c’est la récolte, on te paie par un petit bassin. On te fait 2 500 BIF. Il y a moyen de faire dix bassins par jour. Ce qui fait 25 000BIF. Vraiment, cela devient très difficile de contrôler ces jeunes.
Mais, nous avons recommandé aux directeurs et aux chefs de colline d’informer chaque fois qu’il y a un enfant qui s’absente deux fois de suite à l’école. Nous essayons de faire de notre mieux pour arrêter ce phénomène. D’ailleurs, il y a des enfants que nous avons déjà pu faire retourner à l’école en leur montrant qu’avoir un diplôme est bénéfique plus qu’aller travailler dans les champs rizicoles prématurément.
Quelle est la situation de la riziculture dans votre commune ?
Même si je n’ai pas de statistiques, dans la province de Butanyerera, Kiremba est la commune la plus productive du riz. Car, nous avons plus de 1 500 hectares rizicoles dont certains sont aménagés. Par exemple, en zone Giheta, nous avons 478 hectares aménagés. En tout, le secteur aménagé représente 10% de tout l’espace rizicole. Le riz est la première source de revenus pour les agriculteurs et la commune suivi par le maïs.
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