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Des taxi-vélos corvéables à merci fâchés

Cotisations abusives, prix exorbitants pour l’acquisition des plaques et gilets de sécurité fluorescents avec des bandes réfléchissantes. Telles sont leurs lamentations contre le Collectif des associations des taxis-vélo du Burundi (Coatavebu).

L’un des parkings de taxi-vélos dans la ville de Bujumbura

Celui-ci regroupe en son sein deux associations : Solidarité pour les taxi-vélos et le développement du Burundi (Sotavedebu) et Solidarité des taxi-vélos du Burundi (Sotavebu).

Chacun doit donner une contribution de 50 Fbu à la première et de 100 Fbu à la seconde. D’après ces taxi-vélos, ils s’en acquittent malgré eux. «Leurs agents malmènent les récalcitrants».

En cas de non-paiement, les vélos sont confisqués. «Il faut soudoyer ces agents, verser des pots-de-vin pour récupérer notre unique gagne-pain, un billet de 2 mille Fbu».

Pour B.F, exerçant dans la zone de Cibitoke, commune Ntahangwa de la mairie de Bujumbura, les taxi-vélos sont victimes de leur dénuement. «Nous ne sommes à même de nous procurer ni des gilets ni des plaques d’immatriculation». Les prix sont respectivement de 13 mille Fbu et de 10 mille Fbu.

Pour un taxi-vélo rencontré à Mutakura de la même zone, l’exigence de 23 mille Fbu d’un taxi-vélo est un vol. Son vélo a été saisi à plusieurs reprises. Il lui manquait une plaque. «Je n’avais qu’un gilet», confie-t-il.

Aussitôt de fustiger que leurs associations ne visent que des intérêts de leurs fondateurs. «Elles n’assistent pas leurs membres même en cas d’accidents».

Emmanuel Nimbona, représentant légal de la Sotavebu parle d’un malentendu. Ces lamentations ne sont pas fondées. Car, souligne-t-il, les agents dont ils dénoncent l’attitude sont désignés au niveau des parkings. «Ils sont issus des taxi-vélos eux-mêmes».

Au sujet des plaques et des gilets, il invoque le nouveau Code routier en son article 434 : «Toute bicyclette affiliée au transport rémunéré doit être munie d’une plaque d’identification délivrée par la commune».

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